Avons-nous oublié nos malades ?

Avons-nous oublié nos malades ?

Avez-vous eu la chance d’entendre notre conférence du 4 octobre dernier, « Vaincre ses peurs malgré la maladie »?  Le conférencier, M. Michel Langlois, nous a appris énormément de choses durant sa présentation. Ce qui m’a frappé, entre autres, c’est son parcours pour entreprendre des études à l’Université d’Ottawa. Vous rappelez-vous?

 

J’admire le courage et la détermination de ce grand monsieur. C’est remarquable tout ce qu’il a réalisé, pour lui et pour les gens aveugles. Fascinant! Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de lui? C’est simple. C’est le parcours de quelqu’un qui a lutté et qui lutte encore contre une immensité d’obstacles dans sa vie.

 

Un exemple à suivre pour toute les personnes qui ont un handicape

C’est grâce aux gens comme lui que les personnes aveugles ont accès entre autres aux différentes institutions, à l’écriture en braille ou encore aux chiens guides de Mira. Il existe aussi toute sorte d’outils comme les dispositifs auditifs que l’on retrouve à certains feux de circulation et qui ont pour fonction d’aviser les personnes aveugles lorsqu’elles peuvent emprunter la voie. Il y a aussi les dispositifs installés dans le « métro » pour leur indiquer qu’ils ne doivent pas dépasser certaines zones dangereuses. Les avez-vous déjà entendus?

 

Ce à quoi je veux en venir, c’est qu’il existe pour les gens qu’on appelle parfois non-voyants, aveugles ou handicapés visuels, des structures adaptées pour pallier à leurs difficultés. Il en est de même pour les personnes à mobilité réduite qui bénéficient également de certaines structures comme les transports adaptés, rampes d’accès, marchettes et voiturettes électriques.

 

Des rampes d’accès pour les personnes atteintes de maladie mentale?

Et pour nos gens qui souffrent de maladie mentale, qu’est-ce qui a été fait? Quelles sont les structures que la société a mises en place pour pallier à leurs difficultés? Avons-nous un semblant de rampe d’accès pour entrer dans une institution qui prodigue des soins, un CLSC ou à l’urgence d’un hôpital? Existe-t-il un braille quelconque afin de mieux communiquer avec eux , ou pour les aider à étudier ?

 

Je n’en reviens tout simplement pas! Surtout quand je regarde tout ce qui a été fait pour les uns et pas pour les autres.

 

Avons-nous démissionné et abandonné les personnes qui souffrent de maladie mentale à l’errance infinie tel un « Caïn » des temps modernes. Comme société avons-nous abandonné nos responsabilités?

 

Ce n’est pas le lot de tous de devenir le John Nash de ce monde. Ce n’est pas réaliste non plus de vouloir que tous passent par là. Mais existe-t-il un sentier quelconque qui pourrait donner de l’espoir à bien des gens malheureux? Avons-nous comme société un brouillon de structure pour faciliter la vie de ceux qui veulent étudier ou changer de trajectoire ?

 

 

Les personnes atteintes de schizophrénie meurent 20 ans plus jeunes que la moyenne

Ce n’est pas surprenant de savoir que la plupart des personnes souffrant de maladie mentale sont plus susceptibles de mourir prématurément à cause d’un manque de soins.
Je lisais que les personnes souffrant d’un trouble de santé mentale grave comme la schizophrénie meurent en moyenne 20 ans plus tôt que la plupart des gens. Plus de 40 % des personnes qui consomment du tabac sont des gens qui souffrent d’un trouble de santé mentale. Malgré le fait qu’ils constituent un groupe assez important, ils ne reçoivent aucunement de mesures pour arrêter de fumer. Moins de 30 % de gens qui souffrent de schizophrénie n’ont pas accès à un examen médical par année .

 

Avons-nous oublié les personnes les plus en détresses de notre société?

J’ai presque honte de poser la question : les avons-nous oubliés?
Je ne dis pas qu’il faudrait un système d’éducation parallèle pour les personnes atteintes. Mais le fait de pouvoir offrir un soutien personnalisé à ceux qui veulent tenter l’aventure serait déjà beaucoup. Je ne dis pas non plus qu’il faudrait un bataillon d’éducateurs spécialisés. Mais il serait grandement apprécié que l’on fasse au moins appel à des pairs aidants ayant passé par là.

 

Il est scandaleux qu’en 2013 il n’existe pas encore de structures pour leur venir en aide. Nous sommes encore dans le curatif. L’intimidation, les suicides de nos jeunes et tout dernièrement la cyber intimidation font toujours la une de nos journaux. Ça prendrait quoi pour qu’on se réveille?

 

À quand un partenariat entre les différents ministères autres que ceux de la santé et de l’éducation pour pallier à cet abandon collectif?

 

Références

http://www.affairesuniversitaires.ca/

http://www.rethink.org/

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