Condition féminine: Une réalité de violence et de soumission

Condition féminine: Une réalité de violence et de soumission

Le 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Cette journée coïncide avec l’anniversaire du massacre de jeunes femmes à la Polytechnique en 1989. En lien avec cet évènement, j’ai choisi de rédiger un article sur la condition des femmes à travers le monde. En effectuant des recherches, je me suis aperçue que la condition des femmes n’est malheureusement pas tant celle que je croyais. Voici donc une partie des tristes constatations que j’ai faites.

 

  • De 20 à 50 % des femmes dans le monde sont victimes à des degrés divers de violences conjugales.
  • Selon la plupart des études publiées sur le sujet, les femmes violées le sont le plus souvent par un homme qu’elles connaissent.
  • Le nombre de femmes excisées est estimé à 130 millions dans le monde et tous les ans, près de 2 millions d’autres sont soumises à cette coutume. Cela représente environ 6 000 cas par jour, soit 5 petites filles par minute.
  • On estime qu’il y a au bas mot 9 millions de femmes dans l’industrie du sexe. Certaines estimations vont jusqu’à 40 millions à travers le monde.
  • On estime que l’industrie mondiale du sexe rapporte 52 milliards de dollars chaque année aux réseaux criminels organisés.
  • Une enquête réalisée dans les quinze États membres de l’Union européenne en 2000 révèle que 2 % des travailleuses (3 millions) ont fait l’objet de harcèlement sexuel au travail.

 

Tous ces chiffres nous démontrent bien qu’il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir et je crois que nous sommes tous concernés par cette problématique, que nous soyons hommes ou femmes.

 

Le gène de la violence?

Une des premières questions que je me suis posée est : « qu’est-ce qui peut bien pousser certains humains à agir ainsi? ». Certaines personnes diront que la violence, l’agressivité est de nature innée chez l’homme (la pulsion de mort selon Freud). Certains chercheurs tentent même de découvrir un gène de la violence. Je crois plutôt que la violence est une construction sociale, une manière d’être qui a été apprise puisqu’elle a été renforcée, approuvée voire même valorisée. Est-ce qu’on ne serait pas en train de se trouver des raisons pour justifier que de telles atrocités soient « normales » puisque liées à un gène ou au caractère biologique?

 

Si cette violence a été acceptée et valorisée, c’est qu’elle sert à quelque chose, elle remplit une fonction. En fait, sa principale fonction vise la domination, réduire l’autre à ne plus avoir confiance et à se soumettre.

 

La violence, autant physique, psychologique, verbale que sexuelle, a des conséquences très graves sur la femme : blessures et douleur physique, perte de l’estime de soi, dépression, tentatives de suicide, phobies, cauchemars, crises d’angoisse, psychoses, maintien dans un état de peur ou de vulnérabilité, crainte des rapports sexuels, entrée dans la prostitution, etc. De plus, quelle que soit la forme de violence dont une femme est victime, elle se sentira coupable de soi-disant ne pas s’être opposée et honteuse de ce qu’elle a subi (sentiment énormément présent dans les cas de viol). Toutes ces conséquences peuvent avoir d’autres répercussions, entres autres, économiques et sociales.

 

Historique de violence

En parcourant divers articles et recherches, j’ai lu plusieurs horreurs comme les histoires de guerre où le viol devient une arme pour affaiblir ses ennemis, ou les récentes études sur le trafic d’enfants, de jeunes adolescentes et de femmes qui rapporte plus que le trafic de drogue puisque la « marchandise » (enfants, femmes) peut être consommée plusieurs fois et par plusieurs clients différents. En bout de ligne, je me suis demandée comment nous pouvions nous sortir de cet enfer, comment nous pouvions aider ces femmes et enfants à ne plus vivre dans la terreur, la honte et la pauvreté.

 

Nous pourrions d’abord commencer par nous regarder nous-mêmes en tant que citoyens canadiens où une femme sur cinq vit de la pauvreté au quotidien et où le revenu des femmes est encore inférieur à celui de l’homme.

 

 

La violence ailleurs dans le monde

Au niveau mondial, il est essentiel que la violence envers les femmes soit enregistrée dans les lois comme étant un crime. Il existe encore des pays où le viol conjugal n’est pas un crime, comme en Inde, en Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il y a des pays où la violence conjugale (psychologique ou physique) n’est pas reconnue, par exemple en Haïti. Dans certains pays, le code pénal stipule qu’un violeur qui épouse la femme qu’il a violée ne sera pas poursuivi. Le Costa Rica, l’Éthiopie, le Liban, le Pérou et l’Uruguay font partie de ces pays. Il existe encore des pays où le harcèlement sexuel au travail ne peut être le fait que d’un supérieur hiérarchique et non d’un collègue : par exemple la France, un pays industrialisé.

 

Par la suite, il nous resterait encore à faire en sorte que ces lois soient effectivement appliquées. Si chacun d’entre nous prend conscience que la violence est un phénomène social qui a été accepté et renforcé que nous cessons d’accepter, les femmes victimes de violence risquent d’être plus enclines à porter plainte et à demander de l’aide car elles se sentiront moins jugées.

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