Des métiers qui mènent à l’épuisement professionnel

Des métiers qui mènent à l’épuisement professionnel

Cette semaine, j’ai rencontré un orthodontiste. Celui-ci m’expliquait qu’il menait de front deux emplois, dont celui de policier. Il était en arrêt de travail pour épuisement professionnel.

 

Cependant, il pouvait continuer l’orthodontie puisque ce travail lui changeait les idées et le motivait. Je me suis alors que je me suis questionnée sur les métiers qui sont plus à risque d’avoir de provoquer l’épuisement professionnel ou même encore des stress post-traumatiques. Il convient de définir ce que sont ces deux troubles. 

 

 

Qu’est-ce que le trouble de stress post-traumatique?

Sur le site internet de Douglas, le trouble de stress post-traumatique est expliqué ainsi:

 

« Un trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble réactionnel qui peut apparaître à la suite d’un événement traumatique. Un événement est dit « traumatique » lorsqu’une personne est confrontée à la mort, à la peur de mourir ou lorsque son intégrité physique ou celle d’une autre personne a pu être menacée. Cet événement doit également provoquer une peur intense, un sentiment d’impuissance ou un sentiment d’horreur.  » (Douglas, 2013).

 

 

Qu’est ce que le burn-out ?

Pour ce qui est du burn-out, l’Organisation mondiale de la santé dit ceci :  » Un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets.  » (Passeportsanté.net, 2013).

 

 

Des métiers traumatisants

Évidemment, n’importe qui peut être atteint d’un de ces troubles. Toutefois, les personnes vivant des stress chroniques sont plus enclines à le développer. C’est pourquoi je pense que les soldats, les policiers, les ambulanciers et les pompiers sont plus à risque.

 

En effet, on peut dire que leur emploi comporte un facteur de risque puisqu’ils sont confrontés à des événements traumatisants et grandement chargés en émotions. Dans un article du journal Le Devoir on peut lire:

 

 » Près de 14% des membres des Forces canadiennes qui ont été déployées en Afghanistan ont reçu un diagnostic de troubles mentaux directement liés à leur mission, conclut une étude militaire.  » (Le Devoir, 2013).

 

 

Dans ce même article, plusieurs témoignages remettent en doute la statistique de 14%. Selon l’avis des témoignants, le nombre serait plus élevé. En effet, les soldats ne veulent pas dévoiler leur réalité puisqu’ils ont peur d’être stigmatisés ou renvoyés par l’armée (Le devoir, 2013).

 

Les hommes plus a risque de vivre un burnout ou un syndrome de stress post-traumatique?

Aussi, il faut prendre en compte que ce sont des métiers qui sont pratiqués par une majorité d’hommes. Une question se pose à savoir si la détérioration de leur santé mentale est due au fait qu’ils sont peu enclins à aller chercher de l’aide ou encore qu’’ils n’ont pas assez de facteurs de protection autour d’eux? La consultation d’un professionnel de la santé est un facteur de protection connu..

 

Dans un article intitulé intervenir auprès des hommes suicidaires, un tableau démontre les contradictions entre les exigences de la psychothérapie et celles du rôle masculin traditionnel.

 

“Il est évident que les exigences du rôle masculin, par exemple maintenir le contrôle, cacher sa vie privée, montrer sa force, être invincible, nier sa douleur sont totalement à l’opposé des exigences en psychothérapie comme renoncer au contrôle, montrer ses faiblesses, être vulnérable, etc.” (Psychologie Québec).

 

 

Cette importante contradiction ne doit pas être prise à la légère puisqu’elle remet sérieusement en question la capacité des hommes travaillant dans des milieux à risque d’aller chercher de l’aide.

 

 

Les problèmes de santé mentale au même niveau que les accidents de travail?

Bien entendu, ils ont une formation intense et stricte, mais la santé mentale est-elle valorisée au même titre que les accidents de travail comportant un blessé ou même une mort?

 

 

En ce sens, un des facteurs de risque nommés dans le mémoire d’une étudiante de l’UQAM reflète bien cette réalité

 

« De plus, les policiers qui refoulent leurs émotions ou qui les expriment avec difficulté et ceux qui manifestent couramment de la colère apparaissent plus à risque de développer des réactions de stress post-traumatique après l’exposition à un ÉT (événement traumatisant)” (Carlier et al., 1997; Meffert et al., 2008). (Martin, 2010 : 15).

 

 

Toutefois on ne peut affirmer que ces troubles sont des dérivés de la socialisation des hommes. En effet, les femmes sont peu représentées dans ces domaines, mais les intervenantes, les infirmières et les médecins sont aussi susceptibles de vivre des événements difficiles et chargés émotionnellement. Donc, elles sont autant à risque de souffrir d’épuisement professionnel et de syndrome post-traumatique.

 

Clairement, plusieurs métiers présentent des facteurs de risque qu’ils soient à prédominance masculine ou féminine. Cependant dans un article de l’Université de Montréal il est mentionné que plusieurs facteurs de protection sont mis à la disposition des policiers. En ce sens, une recherche de l’IRSST affirme que

 

« Les chercheurs ont constaté que les policiers mettaient en œuvre divers mécanismes de protection pour s’adapter à la réalité de ce qu’ils avaient vécu et pour se remettre de la secousse qu’entraîne un événement traumatique. Ils en parlent à leurs collègues, sollicitent leur soutien, consultent un psychologue, ou encore s’investissent dans des activités de loisir qui leur permettent d’évacuer le trop-plein d’émotion.  » (Thivierge, 2012 : 22)

 

 

À la lumière de ces informations, il apparaît que plusieurs corps de métier présentent des facteurs de risque pour une santé mentale saine. Toutefois, une recherche explique que si des facteurs de protection sont à la disposition des travailleurs et qu’ils les utilisent adéquatement, ils seraient davantage immunisés. La question demeure cependant de savoir si tout le monde possède cette habileté à aller chercher de l’aide.

 

BIBLIOGRAPHIE :

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