Itinérance et santé mentale, réflexion sur la mort d’Alain Magloire

Itinérance et santé mentale, réflexion sur la mort d’Alain Magloire

Cette autre tragédie impliquant un itinérant aux prises avec une maladie mentale vient une fois de plus nous ébranler dans notre rapport à l’intervention policière et médicale face aux personnes qui refusent de se faire aider.

 

L’enquête publique du Coroner apportera, espérons-le, des pistes alternatives à l’utilisation des armes à feu par les policiers, ou à tout le moins à une utilisation visant l’immobilisation de l’individu désorganisé et menaçant et non sa mort.

 

Devons-nous traiter de force les personnes atteintes de maladie mentale ?

Suite à cette tragédie, nous avons entendu plusieurs personnes appelant au traitement de force des malades, outrepassant ses droits d’accepter ou de refuser des soins.
Nous connaissons tous une personne, directement ou indirectement, qui a vu sa maladie s’aggraver au fil du temps faute de soins, au point d’en venir au suicide ou de se retrouver à la rue comme itinérant. À chaque fois, nous sommes persuadés que si on l’avait obligée à se faire traiter, elle aurait pu éviter ces scénarios lugubres.

 

Une mauvaise interprétation de la loi P.038 des médecins et des Juges ?

La loi P.038 prévoit déjà l’hospitalisation de personnes contre leur gré lorsqu’elles présentent un danger grave pour elles-mêmes ou pour autrui. Or, même dans ces situations, il semble que les médecins et les juges du Tribunal administratif du Québec interprètent de façon très restrictive la notion de dangerosité, semblant craindre qu’on leur reproche de restreindre les droits fondamentaux. C’est comme si on voulait éviter de retomber à tout pris dans les excès encore récents d’internements en asile de personnes sans motifs valables et même pour certaines jusqu’à ce que mort s’ensuive. Face à ces excès, aurions nous adopté une attitude trop laxiste?

 

Est-ce que le traitement volontaire apporte réellement de meilleurs résultats ?

S’il est encore vrai que le traitement non volontaire de personnes souffrant de maladie mentale présente moins de chance de réussir que dans les cas volontaires, il vaudrait la peine qu’on en fasse davantage l’essai, considérant nos meilleures connaissances de la maladie mentale et des médicaments et ce, indépendamment de considérations budgétaires et des capacités du système de santé de rendre accessible les services requis. Si la maladie mentale est aussi importante que la santé physique pour les différents gouvernements, les services doivent suivre. Peut-être éviterons-nous davantage de nouvelles tragédies.

 

Message aux péquistes, libéraux et Denis Coderre

La concentration d’itinérants souffrant de troubles mentaux au centre ville de Montréal exige du gouvernement provincial qu’il investisse des crédits spécifiques pour rejoindre cette population.

 

En effet, cette région administrative et ses établissements ne doivent pas assumer seuls les coûts requis pour traiter, considérant qu’une forte proportion d’itinérants provient de l’extérieur. Espérons que les six millions prévus au budget qui ne sera pas adopté, seront reconduits par le nouveau gouvernement, qu’importe la bannière du parti qui sera au pouvoir.

 

En mon nom et et celui des nombreuses familles touchées par cette réalité, j’offre mes plus sincères condoléances à la famille et amis de M. Alain Magloire.

 

Portrait de l’itinérance à Montréal via le compte TWITTER DE RADIO-CANADA

itinerance_a_montreal

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