Le travail c’est la santé … mentale ?

Le travail c’est la santé … mentale ?

Ce n’est pas nouveau d’entendre dire que travailler est synonyme de santé. Si cette argumentation s’avère exacte pour le commun de mortels, la réalité est toute autre pour les gens hypothéqués par la maladie mentale. Il existe une multitude d’études qui soutiennent que le travail occupe une place primordiale pour la plupart des ex-patients psychiatriques qui retournent ou veulent retourner à la vie dite « normale ».

Malheureusement, nous savons que la vérité est toute autre, car peu des gens vivant avec des problèmes de santé mentale sont sur le marché du travail (15 %). Je ne vous apprends rien en vous disant que dans cette population, on enregistre des taux de chômage plus élevés que chez les personnes présentant des handicaps physiques.

Dans le cadre de cet article, nous allons nous concentrer sur le travail comme déterminant de la santé. Sigmund Freud, l’un des personnages les plus connus dans le domaine de la psychologie, a déjà soutenu :

« Aucune autre technique de conduite de la vie n’attache aussi fermement l’individu à la réalité que le travail, car le travail procure une place sécurisante dans la réalité et dans la communauté humaine».

Pour la plupart des gens, cette argumentation a beaucoup de sens, car le travail est essentiel dans nos vies et ce n’est pas nécessairement pour l’apport monétaire qu’il nous procure. Les bénéfices qu’on en retire vont au-delà de la question économique. Il nous permet, entre autres, de sentir que l’on fait partie de la société.

Travail synonyme de rétablissement?

Pour les gens souffrant d’un problème sévère et persistant de santé mentale, le travail a également une grande signification. Il leur permet d’avoir une meilleure, estime de soi, une identité plus stable, de se sentir moins à l’écart et de faire partie intégrante de la société. Le travail leur permettra également de participer à la société comme tout bon citoyen et ainsi briser les étiquettes, les préjugés et la discrimination.

Il permet d’avoir un statut, des contacts sociaux, un réseau de support et est également une source d’épanouissement. Le travail est vital pour notre propre identification, mais il l’est également pour nous identifier aux autres. C’est là que la fameuse question « Qu’est ce que tu fais dans la vie? » prend tout son sens. Le travail est donc central pour tout le monde et particulièrement crucial pour ceux et celles qui sont touchés par la maladie mentale. Ces personnes sont souvent très sensibles aux effets négatifs de l’absence d’emploi, c’est-à-dire, à la perte d’une structure, d’objectifs et d’identité sociale.

Le travail est important pour la santé physique et mentale afin de pouvoir fonctionner dans la société. Il existe de nombreuses recherches portant sur le lien entre le chômage, la santé physique et le bien-être psychologique. Quand on est sans travail, on risque plus facilement d’avoir des problèmes de santé globale. Certaines études trouvent également un lien entre le fait d’être sans emploi et certains troubles de santé mentale tel le suicide.

Perdre son emploi et le stress

Être sans emploi est en soi une expérience stressante, peu importe notre état de santé. Pour ceux qui souffrent d’un problème de santé mentale et qui sont confrontés à la pénible expérience de perdre leur emploi, le niveau de stress est beaucoup plus intense. Les gens atteints d’un trouble sévère et persistant ont expérimenté une certaine diminution de leurs symptômes lorsqu’ils travaillent et une augmentation lorsqu’ils se retrouvent sans emploi. Les taux d’admissions dans les hôpitaux sont plus grands pour ceux qui ne travaillent pas que pour ceux qui sont sur le marché de l’emploi. Il est aussi possible que les personnes dont la maladie est mal contrôlée soient plus souvent admises et par conséquent aient perdu leur emploi ou n’en aient pas, en raison de la sévérité de la maladie.

Il a déjà été prouvé par le passé que 40 % des gens qui ne travaillent pas risquent de souffrir de stress psychologique, de pauvreté et d’une difficulté de santé mentale.

Néanmoins, « Le travail a une très grande influence sur notre vie ». Il peut être une source de satisfaction et d’épanouissement, mais il peut également être stressant et frustrant. Il ne s’agit pas ici de prouver que le travail comporte également des effets négatifs sur l’individu, mais nous savons tous que travailler dans un milieu malsain peut également être nuisible pour notre santé :

C’est difficile d’essayer de prouver avec des chiffres l’impact du travail sur le bien-être mental, toutefois, nous sommes très conscients de la place considérable qu’il occupe dans nos vies.

La réinsertion gage d’une bonne santé mentale

Les gens qui ont perdu leur travail risquent deux fois plus d’avoir des problèmes de santé mentale comme la dépression que ceux qui ont réussi à garder leur emploi. En ce sens, la réinsertion à l’emploi est vue comme le moyen le plus efficace pour promouvoir la santé mentale de chômeurs. De plus, les gens sans travail visitent plus souvent leur médecin de famille que ceux qui sont au travail. Il y aurait ainsi environ 50 % des gens recevant des prestations gouvernementales qui présenteraient des problèmes musculo-squelettiques ou de santé mentale.

Quoi qu’il en soit, il semblerait que les gens présentant des problèmes sévères et persistants de santé mentale seraient beaucoup moins susceptibles d’être actifs économiquement que ceux ayant des handicaps physiques. Toutefois, d’autres études prouvent que de 30 à 40 % de ce groupe de gens atteints de maladie mentale sont capables de garder un emploi.

Quelqu’un a déjà dit auparavant que l’oisiveté est la mère de tous les vices. Il est vrai! C’est pour cela qu’on dit que ne rien faire est toujours souffrant, même pour les paresseux!

Impacts du travail

  • De l’anxiété et de la tension qui poussent les individus à travailler malgré la maladie, et des conséquences qui en résultent pour la famille et les amis.
  • Du stress chez les aidants naturels qui travaillent à temps plein tout en s’occupant d’une personne atteinte de maladie mentale chez eux.
  • De l’importance thérapeutique du travail dans la diminution du stress et l’amélioration de notre bien-être mental.
  • Des bienfaits thérapeutiques du travail pour les personnes atteintes d’une maladie mentale.
  • De l’absentéisme au travail dû à un problème de santé mentale.

Liens Internet intéressants

Accès-Cible SMT
Association canadienne pour la santé mentale – Filiale de MontréalCentre canadien d’hygiène et de sécurité au travail
Centre patronal santé et sécurité au travail
Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail
Organisation mondiale de la santé
Réseau canadien de la santé 
Les sites pour la recherche d’emploi – Gouvernement du Canada
Emploi-Québec
Jobboom
Monster.ca
Workopolis
Guichet emplois RHDCC

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