Le trouble de la personnalité narcissique
26 Fév

Le trouble de la personnalité narcissique

Le trouble de personnalité narcissique est un trouble qui peut laisser paraître un certain bien-être chez la personne qui le vit. Par contre, plusieurs aspects sous-jacents sont présents et non négligeables. Malgré les apparences, cette personne souffre beaucoup. Présentement, le trouble de personnalité narcissique se range parmi les dix troubles de personnalité diagnostiqués selon le DSM IV. L’origine du nom « narcissique » est attribuée à une légende.

 

Un peu d’histoire sur le trouble narcissique

Dans la mythologie grecque, Narcisse était le fils d’un dieu et d’une nymphe. La beauté exceptionnelle de Narcisse, ainsi que sa vanité, le rendait célèbre : il ne s’intéressait qu’à lui-même et repoussait avec mépris les avances des jeunes filles. Écho était une nymphe qui ne pouvait plus se servir de sa voix, sauf pour répéter les derniers mots qu’elle entendait. C’était une punition que lui avait infligée la déesse Héra, épouse de Zeus, pour avoir tenté de la distraire en bavardant pendant que Zeus entretenait des liaisons avec d’autres nymphes.

 

Un jour, Écho fit la rencontre de Narcisse et tomba amoureuse de lui. Mais sans hésitation, celui-ci la rejeta. Le cœur brisé, elle se laissa dépérir, jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que sa voix. Les autres nymphes se plaignirent auprès de Némésis, la déesse grecque de la Vengeance. Lors d’une chasse en forêt, Némésis poussa Narcisse à aller se désaltérer dans une source d’eau. Il vit son reflet et tomba amoureux de lui-même. Il resta de longs jours près de la source à se contempler et finit par dépérir. À l’endroit où il mourut, poussa une fleur blanche, le « narcisse ». Cette légende a donné le mot «narcissique » (quelqu’un qui s’aime lui-même). C’est ce qui explique que le narcisse pousse près de l’eau.

 

Traits de personnalités d’une personne narcissique

Les narcissiques sont des personnes qui se considèrent comme des personnes très importantes, grandioses et qui entretiennent de grands rêves. Ils se croient différents des autres, parfaits et tout-puissants. Leurs amis, les personnes qu’ils côtoient doivent également être des personnes exceptionnelles, du moins à leurs yeux. Ils ne prêtent guère d’importance aux droits d’autrui ainsi qu’à certaines normes sociales et valeurs morales. De plus, il leur arrive souvent de penser que les autres veulent les provoquer ou les contrarier. Contrairement à ce qu’ils peuvent laisser paraître, ils ont souvent des pensées négatives envers eux-mêmes, par exemple, ils croient n’être bons en rien et n’avoir aucune valeur.

 

Les narcissiques sont des personnes qui se considèrent comme des personnes très importantes, grandioses et qui entretiennent de grands rêves.Click to Tweet

 

Une grande confiance en soi ?

Les personnes ayant un trouble narcissique se sentent toutes-puissantes et invulnérables vis-à-vis du monde extérieur. Par contre, leur manque d’estime de soi les amène à se sentir enragées, vexées lorsqu’elles échouent. Elles ont peur de perdre la face et cela peut les hanter constamment, ce qui les pousse souvent à avoir ces comportements narcissiques. Lorsqu’elles sont critiquées par les autres, elles ont honte et se sentent humiliées. Elles doutent d’elles-mêmes, mais n’aiment vraiment pas ressentir ce sentiment. Elles préfèrent ressentir un sentiment de puissance et d’assurance. Par conséquent, elles envient souvent ceux qu’elles estiment ou surestiment.

 

Autosuffisant

Pour illustrer davantage la situation, on peut imaginer une personne arrogante, qui veut toujours avoir gain de cause, qui est intolérante aux critiques, qui semble s’autosuffire, qui a de grands projets pour elle-même et qui les fait valoir, qui se met en vedette en étant souvent compétitive et ambitieuse, qui recherche les traitements de faveur et qui exagère ses réussites et ses performances.

 

De plus, du côté social, cette personne utilise les autres pour satisfaire ses propres besoins et les contrôler. Elle refuse l’aide des autres et leur fait sentir qu’elle n’a pas besoin d’eux. Elle accorde de l’importance seulement aux gens qu’elle l’admire. Dans le cas contraire, elle pourrait se replier sur soi ou couper le contact. Son comportement risque de devenir hautain et dénigrant. On peut remarquer dans plusieurs cas, que côté amour et sexualité elle a un comportement pathologique à cause d’un manque d’engagement à l’égard autrui. Finalement, lorsque son estime de soi est menacée, elle peut avoir des réactions agressives intenses.

 

Narcissique dès la naissance ?

Il est important de savoir que l’on ne naît pas avec le trouble narcissique, mais on le développe. Plusieurs causes ont été avancées sur l’origine de ce trouble. Il se pourrait qu’il provienne d’un échec profond et précoce dans le développement de l’enfant à intégrer et imiter les comportements empathiques des parents. Il est aussi possible que cela provienne tout simplement de l’incapacité pour l’enfant ou ses parents d’avoir un comportement emphatique vis-à-vis d’autres personnes.

 

Également, l‘origine de ce trouble peut être lié à une structure défensive de l’enfant en réaction à des abus ou des traumatismes. Finalement, ce problème peut venir d’un dysfonctionnement vécu dans l’enfance, soit à cause d’un coucounage excessif ou à cause de très fortes attentes des parents envers l’enfant. Il arrive dans certains cas que des parents, étant eux-mêmes narcissiques, projettent leurs propres attentes sur leur enfant, ce qui laisse à celui-ci très peu de marge de manœuvre.

 

La deuxième possibilité est complètement à l’opposé de la première et s’oriente davantage vers les abus, la négligence des parents ou des personnes proches de lui, comme les camarades de l’école. Cela peut se traduire par des critiques sévères, du rejet, de l’exclusion. C’est alors que le narcissisme se développe en guise de protection. Plusieurs hypothèses sont ainsi avancées, mais il n’existe aucune certitude pour le moment.

 

Apprendre à vivre avec une personne narcissique – La conférence

vivre avec un narcissique

Comment vivre avec une personne présentant une trouble de personnalité narcissique ?

• Il faut d’abord bien connaître la nature vulnérable de la personne qui souffre du trouble de personnalité narcissique afin de développer une tolérance aux attitudes égocentriques qu’elle manifeste.

• Tout en apprenant à tolérer ces attitudes, il faut apprendre à s’affirmer adéquatement, par exemple, ne pas la critiquer ou seulement lorsque c’est nécessaire en n’oubliant pas de lui démontrer l’effet de son comportement sur autrui (empathie). La critique doit être précise, c’est-à-dire qu’elle doit reposer sur des faits. Il est important toutefois de ne pas revenir sur des situations passées. Les critiques doivent être faites seulement lorsque c’est indispensable.

• Les attitudes de la personne étant souvent très dérangeantes pour autrui, il est important de ne pas oublier de la féliciter pour ses bons coups, sans toutefois exagérer la note. Lorsque l’on perçoit de la sincérité dans ses paroles ou ses gestes, il faut lui montrer notre approbation.

• Comme la personne narcissique pense qu’elle mérite plus que les autres, il est important de demeurer discrets sur nos réussites, nos avantages et nos privilèges. Sinon, elle ressentira un sentiment d’injustice et pourrait avoir des attitudes dérangeantes, ce qui risque d’avoir un impact sur notre relation.

• Même si son attitude peut devenir insupportable, il faut éviter de la contredire et de s’opposer à elle, malgré notre besoin d’intervenir. Sinon, notre relation pourrait devenir intolérable.

• L’empathie réelle et constante est la règle d’or pour transiger avec le narcissique dans l’intimité.

 

Existe t-il un traitement pour le trouble de personnalité narcissique?

Un traitement est possible pour ce trouble, mais cela s’avère plutôt difficile, car dans la plupart des cas, la personne narcissique se croit supérieure à son thérapeute. Donc, le lien de confiance entre l’aidant et l’aidé ainsi que la crédibilité du thérapeute est remis en cause.

 

Il peut arriver aussi que la personne qui présente ce trouble soit traitée pour dépression, car elle est vulnérable en cas d’échec et il n’est pas rare qu’elle traverse plusieurs épisodes de déprime ou de dépression durant une année. C’est donc l’une des raisons qui la pousse souvent à aller consulter. Un congédiement ou un divorce serait également une autre raison de consulter plus directement reliée au trouble narcissique. Le fait de vive une grosse perte peut favoriser la remise en question sur soi et par conséquent l’amener à consulter.

 

Quoi faire si j’ai un proche atteint d’un trouble de personnalité narcissique ?

Ce trouble n’est pas toujours évident à déceler pour l’entourage, car ces personnes ne laissent rien paraître. Il est important de se rappeler que les personnes qui sont atteintes par ce trouble peuvent être irritables et avoir des comportements détestables, mais qu’il peut y avoir plusieurs raisons à leur comportement comme cela a été mentionné précédemment. L’empathie sera le meilleur outil si l’on côtoie une personne atteinte. Cela signifie que l’on peut comprendre leurs comportements et leurs attitudes, mais pas nécessairement les tolérer. Il est primordial de s’informer davantage sur ce trouble afin d’intervenir de façon efficace. Cela évitera non seulement de provoquer ou de confronter la personne atteinte, mais d’être soi-même blessé ou de s’épuiser.

 

Références bibliographiques

LELORD F., et C. André. Comment gérer les personnalités difficiles, Éditions Odile Jacob, mars 2000.

www.maladiesmentales.org

www.minddisorders.com

http://www.mayoclinic.org/

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14 thoughts on “Le trouble de la personnalité narcissique

  1. C. THERY
    C. THERY - 22 octobre 2015 dans 22 h 31 min

    Voici 2 causes que j’ai constatées chez un homme de mon entourage qui a une personnalité narcissique : 1/ Dans sa jeunesse, sa mère avait une préférence pour son frère aîné. Son attitude narcissique semble avoir pour but de le rassurer sur une valeur personnelle dont il doute. 2/ Son père avait lui-même une personnalité assez narcissique; c’était un homme qui ne reconnaissait jamais ses torts. Il agit donc également par mimétisme.

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  2. Martine - 22 octobre 2015 dans 22 h 37 min

    Existe t’il des tests cliniques pour évaluer son degré de narcissismes ? Ne c’est pas facile tous les jours. ( nocifs pour ma part pour mes proches et pour les gens que je cotoye ) Martine

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  3. Céline - 22 octobre 2015 dans 22 h 38 min

    Bonjour, j’ai une relation avec un homme beaucoup plus vieux que moi et que je crois être fort narcissique. Des hauts et des bas, chaque jours jours depuis 4 ans. J’ai consulté moi même pour reprendre des force car il me rabaisse constamment. Il a fait en sorte que je tombe très amoureuse de lui mais me garde dans la peur pour m’affaiblir. Le laisser est une chose dont je pense pas être capable de faire. Je sais pas si il y a des solutions à ma situation.

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    • Jossy - 22 novembre 2015 dans 4 h 27 min

      Bonjour Céline,
      Il est important de se rappeler que ce type de personnalité peut nuire à votre estime de soi, voire votre confiance. En ayant tendance à vouloir toujours se sentir supérieures aux autres, les personnes narcissiques ne veilleront que sur leurs propres biens. Vous avez consulté pour apprendre à gérer cette situation et c’est très bien. Cependant, vous devez être consciente qu’en décidant de rester à ses côtés, vous risquez d’avoir des ennuis. Votre peur me semble tout à fait normale, mais s’il continues à vous rabaisser constamment, vous êtes sujette à vous-même développer des troubles d’humeur tels que la dépression, due à votre souffrance liée au fait de vous sentir inférieure. Selon moi, si vous n’êtes pas prête à le laisser, vous pourriez peut-être lui en faire part de votre mécontentement par rapport à son comportement d’autant plus qu’il serait bien qu’il consulte à son tour si vous lui en faites la proposition. D’ailleurs, saviez-vous que ces gens-là ne ne sont pas heureux généralement, donc cette solution pourrait tant vous aider que l’orienter dans sa maladie mentale.
      En espérant vous avoir aidé.

      Jossy
      Étudiante en psychologie

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  4. Noel - 15 janvier 2016 dans 21 h 21 min

    Je le suis! Mon père m’a rejeté et toujours préféré les autres. Lui même fortement narcissique , alcoolique et violent. Je fais beaucoup mieux que lui, toutefois ma femme est partie. Ou trouver aide véritable?

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    • Laville - 30 janvier 2016 dans 21 h 23 min

      Je suis plutot certain que je suis narcissique, jai des delires de grandeur, mes amis ne sont jamais assez parfait pour moi, je suis parano, jai un super jeu dacteur et je sais manipuler les gens, je pourrais aussi bien rendre des gens super joyeux comme super triste, je me sens tres mal a laise avec tout le monde et je narrive plus à regarder les gens dans les yeux, sauf mes parents (peut etre que leur jmenfoutisme emotionnel me rassure), mais ca fait 3 ans que je traque mon probleme et je pense que je commence à le comprendre.
      Vous dites que le narcissique est ambitieux, je suis « ambitieux » dans ma tête mais rien na dinterêt, jai quitte en echec au moins 10 institutions differentes (armee, cours de langue, bachelor, stages..) et je suis la comme un glandu, je me presse pas tout va bien tant que le fric tombe du ciel.
      Je ne sais plus qui je suis, jai tenté de me convaincre que jetais une bonne personne pendant longtemps cest plutot pitoyable, jai passé bcp de temps a paufiner mon image (ou ce que je pense de moi) plutot que dy travailler (je crois que je my met demain mais cest pas sur ha ha)
      Bref tout ca pour dire que un narcissique peut être un glandu.

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      • Laville - 31 janvier 2016 dans 8 h 13 min

        ou peut-être que jai zero ego et je me suis juste inventé un personnage confiant, je me sens narcissique parfois mais pas tout le temps. Je me suis decenu aigrie à force darriver à rien cest tout.

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    • Patrice Machabée - 2 février 2016 dans 18 h 06 min

      Bonjour « Noel » dans quelle région habitez-vous ?

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  5. C. Lune - 7 mai 2016 dans 21 h 03 min

    Bonjour,

    Je travaille avec une psychologue présentant tous les signes d’un trouble de personnalité narcissique. Justement, sa profession représente un énorme obstacle à toute tentative de discussion – c’est quand même elle, la spécialiste des troubles de la personnalité!, voilà ce qu’elle semble toujours prête à rétorquer!

    Sans entrer dans des détails de sa vie personnelle, mes collègues et moi-même constatons que ses traits narcissiques sont également présents avec ses proches. En effet, elle s’adresse à son conjoint, à ses enfants, à ses parents, etc. avec condescendance et irrespect.

    Et là, plus personne ne sait comment l’aborder, l’humour, l’ironie, l’empathie et l’ouverture d’esprit de même que l’indifférence n’ayant pas fonctionné : devons-nous la confronter? Si oui, de quelle façon? Son attitude perdure depuis tant d’années que le rejet ou la pitié sont devenues les deux options les plus réalistes, si nous désirons nous préserver.

    Je vous remercie à l’avance pour toute suggestion,
    C.

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    • Patrice Machabée - 16 mai 2016 dans 21 h 00 min

      Bonjour,

      Le meilleur moyen d’obtenir des services personnalisés est de nous téléphoner au 450-688-0541 ou de vous déplacer (1772, boulevard des Laurentides, Laval) afin que nous puissions faire une évaluation sommaire de la situation et de vos besoins. Nous offrons des rencontres individuelles, familiales ainsi que divers groupes de soutien et formation.

      Bonne journée. (Jessy)

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  6. Sophie - 11 juin 2016 dans 11 h 30 min

    Bonjour, j’ai moi même côtoyé un homme narcissique, j’ai habité avec lui 9 mois, il ne se passait pas une semaine sans qu’il explose où se comporte de manière agressive, j’ai dû poursuivre ma relation mais à distance, après l’avoir fréquenté environ 10 Ans, nous nous sommes quittés car il n’y avait malheureusement pas beaucoup d’issue à cette histoire. Dans son cas, son père était alcoolique, donc absent psychologiquement, il est décédé lorsque que Xxxx avait 14 ans, sa mère n’a pas trouvé mieux que de refaire sa vie avec un type qui buvait également. Ensuite Xxxx subissait fréquemment les critiques de ses petits camarades de classe lie à la couperose sur son visage. Voici donc ce que cela donne plus tard : troubles du comportement : j’ai beaucoup étudié afin de savoir de quelle pathologie il s’agissait car mon objectif était de l’aider, psychopathe, borderline, bipolaire, schizophrène pour enfin découvrir qu’il était narcissique, symptômes : arrogance, assurance, hyperactif, comportements brutaux qui nous ont emmenés jusqu’aux tribunaux, critiques non fondées , considére les gens différents de lui comme « la race d’en bas » propos utilisés, parle sans cesse de ce qu’il possède et d’argent, dévalorise les autres de façon récurrente, manipule autrui pour arriver à ses fins, s’alcoolise, tout ce qu’il entreprend est réalisé pour épater la galerie, donc il entreprend tout en grand, me concernant, je représentais pour lui sa carte de visite, exubérance, auto mutilation, ne supporte pas la moindre critique à son égard, vous avez l’impression de communiquer avec une personne immature sur le plan cognitif, besoin d’être aimé, égocentrique, est dans le déni, jamais tort etc etc . Il n’y a pas beaucoup de solution pour les guérir, un psychiatre et encore, la solution est de s’en éloigner et de traiter le problème à distance ou de les quitter tout simplement car ils feront de votre vie un véritable calvaire

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  7. Lili - 11 juin 2016 dans 20 h 29 min

    Comment vous dire? Depuis bientôt 3 ans, mon époux, suite à une crise soudaine non médicalement, psychologiquement ou psychiatriquement expliquée est devenu une toute autre personne. Il y avait bien des signes avant, mais il n’avais jamais auparavant réagi aussi fortement. Cela est difficile pour moi d’expliquer ici les 152 pages et plus de tests psychologiques, neuropsychologues et médicaux qu’il a passé, sans jamais obtenir de diagnostique concluant. J’ai du pour ma part consulter afin qu’une psychologue puisse m’aider à trouver une solution ou des solutions, mais cela n’a pas donnée grand chose. La seule chose qu’il en est ressorti, c’est que selon ma thérapeute et elle a aussi rencontré mon époux à plusieurs reprises, c’est qu’il souffre d’un problème de la personnalité  »Narcissisme », il en présente tous les symptômes, ou dépression narcissique. C’est la première fois que tout ce qui est survenu dans notre vie depuis 3 ans, fait un certain sens. Il a été vu par plusieurs intervenants de haut niveau, des médecins, psychologues, psychiatres à l’international et localement ici au Québec, mais personne n’a encore mis le doigt dessus. Ce que m’a expliqué ma thérapeute de son comportement narcissique est la seule chose qui fait du sens. Maintenant, que dois-je faire avec cela. Il est malheureux tout le temps, avant, il ne l’était presque jamais. Il adorait son travail, il a même reçu un très grande promotion et c’est ce jour-là que tout a éclaté. Il manipule les intervenants qui ne s’en aperçoivent jamais. Il a menacé et fait quelques tentatives suicidaires ou pseudo-suicidaires, il m’a même incluse dans l’un de ses projets-tentative qui devait être en principe à mon insu, mais je m’en suis rendue compte à temps. Il a été hospitalisé en psychiatrie, mais on ne le garde jamais car il n’est pas un cas d’hôpital dit-on. Pourtant, je sais qu’il souffre énormément et moi aussi je souffre, il ment, manipule, fait l’enfant etc. Je connais la cause de son malaise qui provient de son éducation, mais quand j’en ai fait part à ses intervenants, plusieurs ont dit que cela n’était pas suffisant pour expliquer son comportement narcissique. Je suis à bout, je n’ai pas vraiment les moyens présentement de le laisser, mais j’y pense fortement et un peu plus à chaque jour, parce que honnêtement, je me sens comme une femme battue. Mon époux n’est pas violent physiquement. Il fait preuve d’une grande prouesse en violence passive, qui tire quasi du génie. Il est quelqu’un de très brillant. Le dernier psychiatre que nous avons consulté au Québec nous a dit d’aller voir du côté de l’Asperger ou de l’autisme de haut niveau, nous avons consulté, il ne fait rien ce tout cela. Je suis tellement à bout moi-même et j’ai vraiment tout fait pour l’aider, pour nous aider tous les deux, mais lui, il ne collabore pas du tout, il manipule constamment. Je ne sais plus quoi faire, qui nous pourrions consulter, la situation devient de plus en plus grave à chaque jour. Merci de votre input.

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    • Guigui - 7 juillet 2016 dans 17 h 10 min

      De passage sur ce site, je me permets une réponse bien que je ne vois pas comment je pourrais faire mieux que tous les professionnels que vous avez vu. Je ne suis ni professionnel, ni étudiant en psycho, j’en ai juste pris plein la figure et ai donc essayé de comprendre pourquoi la vie m’en faisait voir autant.

      Ca m’évoque une tendance qui était latente mais qui a été déclenchée par un événement non visible, genre « midlife crisis » ou une quelconque raison ayant déclenché un effondrement narcissique.
      Si vous vous intéressez aux concepts psychanalytiques, on parle souvent du triptyque du « ça, moi et surmoi », et en analyse transactionnelle on parle des états du moi (Enfant, Adulte, Parent).
      Pour illustrer cette notion, il n’est pas rare qu’on abandonne, sous la pression sociale, une partie des désirs de l’Enfant intérieur pour se conformer à ceux des parents (on nourrit alors le Parent introjecté plutôt que l’Enfant intérieur), on abandonne par exemple un rêve de carrière artistique incertain pour devenir ingénieur et « réussir ».
      Lors de la midlife crisis – qui arrive souvent quand on se sent relevé des responsabilités parentales lorsque les enfants prennent leur indépendance – c’est ce que l’on avait consenti à faire sous la pression sociale qui soudainement ne nous convient plus et que l’on va alors abandonner, et, suivant la sévérité de la crise, la personne va changer de travail, lâcher son conjoint, tout envoyer valser et s’acheter un cabriolet, etc…
      Mais il est tout à fait possible qu’un personne « s’oublie » totalement (souvent parce que son Enfant intérieur est phagocyté/manipulé par le/s parent/s) et ne vive alors que dans l’état du moi Parent.
      La personne semble normalement adaptée mais sa personnalité est en fait un édifice fragile car elle n’est pas unifiée, la personne a en quelque sorte vécu de façon non authentique durant tout ce temps et tout peut s’effondrer, la personne revient alors en quelque sorte au moment où elle s’est déconnectée de son Enfant intérieur incompris ou maltraité, et le trouble larvé qui était masqué par l’adaptation apparait alors. Il n’est donc pas étonnant que la personne « fasse l’enfant », une part d’elle étant véritablement immature.
      Peut-être votre mari a-t-il vécu tout ce temps dans l’obligation de réussite professionnelle, comme un but de vie inconscient, comme pour prouver à ses parents qu’il valait quelque chose, mais cette promotion sensée couronner cette croyance n’a bien sûr rien couronné puisque l’estime de soi ne se trouve qu’en soi, qu’en conscience de soi, d’où l’effondrement.
      En fait j’ai vu mon père développer soudainement une tendance borderline (« modérée ») de cette manière après un coup dur, et par conséquence des problèmes familiaux que ça a entrainé j’ai moi-même vécu à 30 ans la crise d’ado que je n’avais pas pu vivre à 15, crise qui a « tout simplement » effacé 90% de ce qui s’était laborieusement construit en moi de 15 à 30ans. Je me suis ainsi vu changer du tout au tout en l’espace de quelques mois, comme un ordinateur dont on effacerait les documents, les jeux, et la plupart des logiciels, en ne gardant que le système d’exploitation. Assurément une crise majeure, je pense ne pas être passé loin de l’envie d’en finir. Je suis depuis en (re)construction.
      Crise d’ado, crise de mi-vie, dissociation, faux self, régression, dépression, je pense que de nombreux concepts psy peuvent expliquer ce changement soudain chez votre mari, votre remarque sur son éducation sous-entend qu’il y a eu des problèmes.
      Je me demande d’ailleurs s’il s’agit de narcissisme pour votre mari (l’était-il déjà avant ?), ou du trouble borderline qui a une grosse composante narcissique. Vous dites qu’il est brillant, mon père est également intelligent et je pense que ça peut être lié, les personnes plus intelligentes ont peut-être tendance à être plus sensibles à la base, ou peut-être ont-elles surinvesti le domaine de l’intellect par manque d’investissement affectif de la part des parents.

      Je ne peux que vous conseiller de lui faire suivre une thérapie (de soutien plutôt qu’analytique peut-être), mais encore faut-il qu’il l’accepte. Mais s’il vous inclue dans ses tentatives de suicide, c’en est effrayant.

      Tout cela n’est bien sûr que ma réflexion, j’ai parait-il un esprit un peu surdoué qui fonctionne par associations d’idées et j’ai eu un besoin obsessionnel de comprendre ce qui m’arrivait.

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  8. A. M. - 30 janvier 2017 dans 18 h 15 min

    Je viens de vivre une très brève relation avec un homme à personnalité narcissique. D’emblée, alors que je m’appelle Ariel, il m’a rebaptisée Arielle. Dans un premier temps, j’ai été flattée qu’il veuille me rendre ma féminité, ce qui pouvait me laisser supposer qu’il s’intéressait à moi en tant que femme. Mais bientôt, il a voulu m’imposer des lectures, a prétendu se substituer à mon psychothérapeute pour prendre de l’emprise sur moi en alternant habilement des comportements séduisants et des critiques. La relation est rapidement devenue conflictuelle, car je suis une femme très indépendante. En même temps, je ressentais une certaine détresse chez cet homme que son besoin de faire du prosélytisme et son sentiment de supériorité sur autrui coupe complètement des gens. Lorsqu’au bout de quatre rencontres j’ai décidé de fuir à Paris pour faire le point, il a prétendu que je ne lui manquerais pas tout en s’invitant dans le studio que j’allais occuper dans la capitale. Je lui ai alors avoué que sa logorrhée me saoulait et qu’il était hors de question que je l’héberge, que c’était précisément lui que je fuyais. Il s’est mis très en colère, puis m’a envoyé un mail où il m’expliquait que nous n’avions à l’évidence pas le même niveau de conscience, concluant « Allez en paix » comme s’il se prenait pour le Christ. J’ai parlé de cette rencontre à mon psy avant mon départ, et c’est lui qui m’a parlé de « personnalité narcissique ». J’ai consulté tous les sites Internet que je pouvais et ai réalisé à quel point ce type de personnage peut être dangereux. Quand on dit de quelqu’un qu’il est narcissique, cela peut sembler anodin, mais lorsqu’on découvre la réalité que cela cache, c’est une autre histoire. Je crois que ce monsieur n’est pas le premier homme narcissique dont je m’prends, et il me semble que je devrai dorénavant être sur mes garde. Ce qui a d’ailleurs été la conclusion de mon psy, envers qui j’éprouve une profonde gratitude : « Prenez garde à vous » m’a-t-il répété par trois fois en me reconduisant à la porte.

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