Le visage de l’itinérance, quand Ottawa s’en mêle

Le visage de l’itinérance, quand Ottawa s’en mêle

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais moi, je ne louange pas nécessairement nos gouvernements. À vrai dire, d’habitude je « chiale», car je suis rarement satisfait.

 

Savez-vous qu’Ottawa veut se doter d’une politique pour contrecarrer l’itinérance à travers le pays. Ah bon? Êtes-vous aussi étonné que moi?

 

« Ce sont des paroles en l’air », des promesses de politiciens » me diriez-vous. Oui, il se pourrait que ce soit le cas, mais savez-vous quoi? Moi, je salue le geste, l’initiative. Même si cela ressemble à toutes les autres promesses que nous avons déjà entendues, laissez-moi vous dire que je suis plus qu’emballé et voici pourquoi.

 

Quelqu’un a déjà dit que le monde de l’itinérance est un grand déversoir. « La rue est le grand déversoir du réseau de la santé et des services sociaux ».

 

Itinérance, tous responsables ?

C’est vrai qu’on y retrouve toutes sortes de gens! Et pas seulement des gens qui souffrent de maladie mentale. Moi je pense qu’il ne faut pas mettre toute la responsabilité sur le réseau de la santé et des services sociaux. C’est un problème de société et nous sommes donc tous concernés, de loin ou de près.

 

C’est en regardant plus attentivement les itinérants que nous nous rendons compte de la diversité de trajectoires de ceux qui vivent dans cet univers. Ils peuvent s’être retrouvés à la rue suite à un accident de parcours, un évincement du logement, un incendie, une séparation, des difficultés de violence familiale, de la pauvreté, de la maladie, de la prostitution, ou encore de la toxicomanie.

 

Le visage de l’itinérance

Avant, on y voyait surtout des hommes et presque pas de femmes. Aujourd’hui, le visage de cet univers a énormément changé. Il s’est féminisé, mais il s’est surtout rajeuni.

 

Nous faisons face au réchauffement climatique comme une conséquence logique suite à nos comportements insouciants vis-à-vis nos ressources naturelles. Je crois que nous devons faire face de la même façon à l’univers de l’itinérance. Ne mettons pas la faute sur le réseau de la santé et des services sociaux. C’est facile de pointer un coupable, car cela nous déculpabilise et nous déresponsabilise.

 

Comme collectivité, nous avons quelque part ignoré l’importance d’avoir un filet de sécurité afin que les gens ne décrochent pas de la société. Et nous ne pouvons même pas dire que nous sommes en train de créer un camp de réfugiés sociaux, car les itinérants n’ont pas de refuge. Au contraire, ils sont marginalisés, même rejetés. On veut qu’ils disparaissent de notre vue! La police s’en charge d’ailleurs depuis des années. Mais ça ne corrige pas le problème, hein ?

 

Se débarrassons nous de nos itinérants?

Je suis presque convaincu qu’il y a eu plus de tentatives pour se débarrasser des gens de la rue, que de tentatives pour leur venir en aide. Dans le même ordre d’idées, je suis persuadé qu’il y a plus de plaintes concernant ces gens que de propositions pour résoudre le problème.

 

Cela devient ce que plusieurs appellent : « Pas dans ma cour ». Nous ne voulons pas d’itinérants dans notre cour, la ville n’en veut pas non plus dans les rues, ni dans les parcs. Nous faisons tout pour qu’ils débarrassent les lieux et nous mettons la police « là-dessus ». Jusqu’à un certain point, nous pouvons dire que la société s’est délestée de ses responsabilités.

 

L’initiative – Un café en attente

Nous faisons fausse route en agissant de la sorte. Certe, il ne faut pas faire l’autruche, mais ce n’est pas en adoptant l’attitude d’une hyène que nous allons régler le problème. On ne peut pas détourner le regard, car l’itinérance est l’affaire de tous. C’est pour cela que j’aime les petits gestes comme : « Un café en attente ». Même si cela ne vient pas régler le problème, c’est un geste noble qui démontre que la société n’abandonne pas ces gens. Et quelque part, çela démontre qu’il existe des gens qui ne veulent pas participer à ce vaste abandon collectif.

 

Si jamais l’initiative de nos gouvernements demeure une promesse de politicien, j’ose espérer que cela nous aura au moins permis de constater tout ce que l’on met dans ce déversoir et nous aura également démontré que notre société est malade.

 

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