Les familles et la schizophrénie
30 Mar

Les familles et la schizophrénie

Toute la famille est bouleversée lorsqu’elle apprend qu’un de ses membres est aux prises avec la schizophrénie. Aussitôt le diagnostic tombé, les parents doivent se mobiliser afin que tous les membres de la famille soient au courant qu’il s’agit d’une maladie, que d’autres personnes en souffrent également et qu’il existe un traitement. Ils doivent être au courant de tous les changements que la vie familiale est appelée à adopter. Sinon, il faut soigner l’ensemble de la famille.

Avoir un frère qui souffre de schizophrénie

Les jeunes personnes comme les frères et sœurs ou dans certains cas, les enfants, ont besoin que leurs parents leur parlent et leur viennent en aide afin de mieux comprendre l’ensemble des modifications que subit le comportement de la personne atteinte. Il ne faut pas oublier que les enfants sont très vulnérables aux événements traumatiques, par exemple, le fait d’avoir un être aimé atteint de maladie mentale. Ils connaissent moins de stratégies d’adaptation qu’un adulte et, à cet âge, ils sont plus dépendants de leurs parents.

 

Frères, sœurs ou enfants se sentent confondus, dépossédés et apeurés, voire terrorisés. Ils souffrent de la perte de celui qu’auparavant a été leur frère, leur sœur ou le parent qu’ils n’ont jamais eu.

 

Les sentiments vécus par les parents d’une personne atteinte de schizophrénie

Il est très important pour les parents d’être conscients de la panoplie de sentiments que les différents membres de l’entourage risquent de vivre suite à cette pénible nouvelle :

 

Culpabilité

car ils ont une meilleure vie que l’autre.

 

Peur et anxiété

de penser souffrir un jour ou l’autre de la même maladie ou que leur progéniture en soit affectée.

 

Tristesse et douleur

pour tout ce que la personne atteinte ne pourra pas accomplir dans la vie.

 

Honte

devant les amis, les voisins et toute la société à cause du stigmate et les préjugés attachés à cette maladie.

 

Colère et rancune

car ils ont moins d’attention venant des parents et pour avoir brisé l’harmonie familiale.

 

Empathie et amour

face au proche malade.

 

Appréhension du futur

surtout en ce qui concerne la responsabilité de soins au proche malade.

 

Parents funambules

C’est encore aux parents de jouer au funambule car la responsabilité d’essayer d’établir un certain équilibre leur revient pour apprécier les plaisirs de la vie avec chaque membre de la famille.

Si vous vivez difficilement la situation comme frère, sœur, ou comme enfant, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul. Avoir un frère, une sœur ou être l’enfant de quelqu’un qui souffre d’un trouble sévère et persistant de santé mentale est un évènement ingrat qui change la vie des gens de façon radicale et profonde. Être témoin des conduites bizarres, incompréhensibles et parfois terrifiantes chez un être cher est une expérience dévastatrice. La plupart des gens touchés par cette problématique vivent énormément d’émotions face aux multiples symptômes de la maladie dont en voici quelques uns :

Ils sont tristes, car ils ont l’impression d’avoir perdu quelqu’un de si précieux.

Ils sont anxieux, car ils s’inquiètent à l’idée de laisser la personne atteinte seule et sans surveillance.

Ils ont peur, car ils se questionnent s’ils peuvent être attaqués par leur proche ou si ce proche peut se causer du tort à lui-même.

Ils se sentent isolés, car ils ont l’impression que personne ne peut comprendre ce qu’ils vivent.

Ils vivent du ressentiment, car ils se demandent : « Pourquoi nous et pas le voisin? ».

Ils sont souvent préoccupés, car ils se demandent : « Qui va s’en occuper quand nous ne serons plus là? »

Ils ont tendance à nier la situation, car ils se disent : « C’est juste un épisode, tout devra rentrer dans l’ordre. »

 

Même si au début, tout semble impossible, la plupart des gens acquièrent, avec le temps, les connaissances et les habiletés nécessaires pour faire face de façon efficace à la problématique. Ils se découvrent des forces qu’ils ne croyaient pas posséder et ils réussissent à faire face à des situations qu’ils n’ont jamais anticipées.

 

Une bonne façon de cheminer dans cette problématique et la meilleure façon de commencer est de parler avec d’autres personnes touchées par la même problématique. Voilà l’importance des groupes d’entraide!

 

Il y a certains préceptes qui aident à mieux vivre avec la maladie, ce sont des enseignements qui ne sont pas toujours faciles à avaler, mais ô combien vraies :

Personne n’est coupable de la situation.
Si vous vivez de l’amertume extrême, c’est normal car cette maladie déstabilise énormément.
Il est difficile d’accepter le désordre mental autant par la personne malade que par les membres de la famille.
Ne pas tenter de faire entendre raison à une personne en délire.
Ne pas entrer dans le délire et dans les hallucinations de la personne.
Il n’existe pas de pilule miracle pour guérir la maladie mentale.
Ne minimisez ce que votre proche vit, même si la situation vous parait absurde et drôle.
Respectez le vécu de votre proche.
Offrez votre aide sans chercher à l’imposer.
La maladie mentale d’un proche ne doit pas être l’objet de honte car c’est une maladie comme une autre.
Reconnaissez le courage de votre proche d’affronter sa maladie.
La surprotection contribue à maintenir votre proche dans sa difficulté.
Les comportements bizarroïdes sont les symptômes de la maladie, il ne faut pas prendre cela personnel.
Ne vous gênez surtout pas pour questionner votre proche au sujet de pensées suicidaires.
Vous n’êtes pas un professionnel de la santé mentale alors n’essayez pas de vous improviser thérapeute ou intervenant. Contentez-vous de votre rôle d’accompagnateur.
Ne prenez pas toute la responsabilité de veiller sur le bien-être de votre proche, partagez la responsabilité avec d’autres membres de la famille si possible.
Ne priorisez pas les besoins de votre proche malade. Si vous ne prenez pas soin de vous-même, vous n’êtes pas en position d’aider l’autre.
Respectez vos propres limites.
Imposez des limites claires. Le fait que votre proche ait certaines limites ne signifie pas que vous n’êtes pas en position de ne rien attendre de l’autre.
Ne restez pas seul, partager pensées et sentiments dans un groupe d’entraide est signe d’une grande maturité.
Ne tolérez jamais des comportements agressifs ou violents, et ce, même en état de crise. La maladie n’excuse pas les comportements violents.
Si la situation dégénère, ne vous gênez pas pour appeler le « 911 » ou les services de crise de votre région.

 

Reconnaitre ces états d’âme et les partager ouvertement avec les membres de votre famille peuvent alléger les tensions, éviter des évènements fâcheux et surtout clarifier le rôle que chacun est appelé à jouer dans la famille. Amenez les membres de votre famille à collaborer afin de former une équipe de soutien efficace pour votre proche et pour le bénéfice de tous.

Si vous êtes intéressés sur ce que les enfants vivent lorsqu’ils ont un parent malade, cliquez sur ces liens :

Lorsqu’un parent vit une psychose

http://www.proximologie.com/

About the Author

Jorge Monterroso Jorge Monterroso
Venu d'ailleurs en quête d'un avenir meilleur On m'appelle « seigneur » plus pour des années de vieillesse que pour un titre d'honneur. Je me considère plutôt comme un grain de sable, qui accueille les vagues de détresse, de douleurs, de traumatismes et mille et une peines qui viennent s'échouer sur les plages de l'ALPABEM. Un grain de sable bénéficiant d'une confiance sans bornes de la part de parents. Un grain de sable qui signifie pour les naufragés qu'ils ont encore une possibilité de survivre. Un grain de sable autant témoin de mers agitées et calmes que de beaux couchers de soleil et de merveilleux levers de lune. Un grain de sable toujours prêt à composer avec la tempête et à profiter de la quiétude d'une mer calme et sereine. Voilà!

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