Les peurs, innées ou acquises?

Les peurs, innées ou acquises?

D’abord et avant tout, il importe de déterminer deux choses : qu’entendons-nous par peur? Et qu’est-ce que l’inné et l’acquis? Il existe plusieurs définitions de la peur et aussi un nombre impressionnant d’émotions similaires. Dans le présent article, je vais tenter de faire la différence entre la peur, les peurs, l’anxiété et l’angoisse et déterminer si les peurs sont innées ou acquises.

Qu’est-ce que la peur ?

La peur est une émotion archaïque, une réaction normale de l’humain et elle est nécessaire à sa survie. La peur est ressentie en présence ou à l’évocation d’un danger, d’une menace. Par exemple, vous apercevez un ours en forêt pour la première fois, il est normal que vous éprouviez de la peur. Pourtant, vous n’avez jamais eu peur des ours auparavant. En réalité, vous craignez pour votre sécurité, vous n’avez pas nécessairement peur de l’ours, vous avez peur. Actuellement, vous vous dites probablement NON C’EST DE L’OURS QUE J’AI PEUR! Si cet ours était dans un zoo, votre sécurité ne serait pas menacée et vous ne craindriez probablement pas l’ours.

 

La peur produit des réponses qui augmentent notre capacité de survivre. Elle met donc en branle une suite de comportements défensifs. En fait, c’est l’amygdale située au cerveau qui est le « centre de contrôle de la peur ». Dans la situation avec l’ours, votre cerveau s’activera et permettra à votre corps soit de combattre ou de fuir, ce qu’on appelle le « fight or flight » en anglais. Vous pourriez donc vous battre contre l’ours ou « prendre la poudre d’escampette ». Comme votre cerveau est efficace, il mobilisera toute votre énergie dans vos muscles afin que vous puissiez vous sauver. Bref, cet exemple illustre la différence entre la peur (pour la survie, nécessaire) et les peurs (ex : ours, araignée, hauteur, etc.).

 

L’anxiété serait davantage une émotion vague et déplaisante vécue suite à une appréhension, de la détresse en lien avec des évènements imprévisibles de notre vie.

 

Qu’est-ce que l’angoisse ?

L’angoisse, quant à elle, se caractérise par l’intensité du malaise psychique ressenti qui résulte d’une extrême inquiétude, d’un danger vague mais imminent devant lequel on serait désarmé et impuissant. L’angoisse survient souvent sous forme de crises qui sont très difficiles à contrôler. L’individu a alors du mal à analyser l’origine de son angoisse et s’affole, d’autant plus qu’il sent les palpitations, les sueurs et les tremblements l’envahir. L’angoissé se concentre alors sur le présent et ne peut assumer qu’une tâche à la fois. Il présente des signes de tension musculaire et respire avec peine et digère mal (lecerveau.mcgill.ca). Comme vous le constatez, la peur est bien différente de l’angoisse, de l’anxiété ou des phobies.

 

La peur et l’angoisse, inné ou acquise ?

Nous voici maintenant à notre deuxième interrogation : l’inné et l’acquis. L’inné est en fait un caractère biologique, il est déterminé dès la naissance de l’individu, c’est dans sa nature. Par contre, il est possible qu’il se manifeste plus tardivement (ex. : la pilosité).

 

L’acquis, pour sa part, est davantage un comportement qui est appris, il s’agit d’une influence de l’environnement et de la culture. Cependant, certains comportements peuvent émaner d’une combinaison des deux comme la coloration de la peau qui dépend d’un bagage génétique et de l’exposition au soleil (environnement).

 

À la lecture des précédents paragraphes, vous devriez avoir conclu que la peur est innée mais que les peurs sont acquises. En effet, chaque humain nait avec la capacité d’éprouver de la peur puisqu’elle est nécessaire à sa survie. Comme nous l’avons vu, la peur touche la notion de sécurité de l’individu, ce n’est pas obligatoirement un objet qui est craint. Mais comment en arrive-t-on à avoir peur de quelque chose? Si nous reprenons l’exemple de l’ours, si ce dernier vous pourchasse, il est possible que vous développiez une peur des ours ou une peur des forêts. Dans  cette situation bien précise, vous avez été mis en contact avec un « objet » qui menaçait votre vie.

 

Alors comment se fait-il que tant de personnes ont peur des araignées? Voilà un des meilleurs exemples d’une peur qui est acquise. Cette peur s’installe généralement par imitation. Supposons qu’une mère est avec sa fille dans le jardin et que soudainement, elle se met à crier car elle a une araignée sur la jambe. La jeune fille apprend que cette réaction (cri) est normale et qu’elle devra réagir de manière similaire si cette situation lui arrive. Si cela ne se reproduit pas, probablement que la jeune fille n’aura pas peur des araignées et qu’elle ne réagira pas comme sa mère. Par contre, si sa mère présente ce comportement de manière fréquente, il est possible que sa fille fasse de même. Pourtant, sa vie n’a jamais été menacée par une araignée, ni celle de sa mère.

 

Il est donc possible que nous développions plusieurs peurs au cours de notre vie. La plupart seront des peurs irrationnelles (sans danger réel et immédiat) et elles pourraient même devenir incontrôlables. À un certain moment, les peurs peuvent devenir paralysantes et empêcher une personne de bien fonctionner au quotidien. Il s’agit alors de phobies ou de peurs spécifiques. Il en existe une très grande variété, voici quelques exemples plus ou moins connus.

 

La peur de ce qui a un gout acide Acérophobie
La peur des éclairs Astraphobie
La peur des aiguilles Bélonéphobie
La peur du ridicule Katagelophobie
La peur des chiens Cynophobie

 

Ces peurs plus spécifiques, comme nous l’avons vu, découlent d’un apprentissage et sont donc acquises. Cela veut dire qu’il est possible d’effectuer le travail inverse et de se désensibiliser à l’objet de la peur (ex. : chien, araignée, avion, etc.). Cette désensibilisation s’effectue plus facilement avec l’aide d’un thérapeute spécialisé.

 

En terminant, ce qu’il faut retenir c’est que la peur est normale et innée, elle fait partie intégrante de notre vie et elle sert à nous maintenir en état de vigilance lorsque nous sommes confrontés à un danger potentiel. Par contre, les peurs peuvent nuire et réduire le bon fonctionnement de notre quotidien. Il importe donc de se trouver des stratégies afin de réduire les peurs irrationnelles, de les contrôler. Si vous souhaitez en connaitre davantage sur la peur, l’anxiété, l’angoisse ou les phobies, je vous invite à visiter ce site internet :

 

 http://www.lecerveau.mcgill.ca

 

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