L’impact de l’homophobie sur la santé mentale

L’impact de l’homophobie sur la santé mentale

Qu’est-ce que l’homophobie ? Selon Daniel Borillo, juriste, maître de conférences et auteur de différents ouvrages sur l’homophobie, ce terme signifie «l’attitude d’hostilité envers des individus supposés avoir des pratiques sexuelles avec des personnes du même sexe.» Le Petit Larousse définit l’homophobie comme «le rejet de l’homosexualité, l’hostilité systématique à l’égard des homosexuels.»

 

Ces deux définitions ont un point en commun, c’est-à-dire le refus irrationnel, voire la haine envers les homosexuels. Le terme « homophobie » a été entendu pour la première fois, en 1971, mais ce n’est qu’en 1998 qu’il est apparu dans un dictionnaire de langue française.

 

Témoignage

«Depuis que je suis au primaire, je me fais traiter de gai, fif, et tapette. Je suis déménagé l’an dernier et ça recommence cette année. Deux filles dans mon cours de techno n’arrêtent pas de m’écœurer. J’ai raconté mon problème à mon prof de français et elle pensait que j’étais gai (ce qui est le cas, mais personne ne le sait à part moi et ma meilleure amie). J’ai été voir une psychologue alors que je ne savais pas que j’étais gai pour savoir ce que je pouvais faire, et pour que le monde arrête de me lancer des insultes par la tête. Elle m’a dit que je devais arrêter de les écouter et qu’ils allaient arrêter de m’insulter à un moment donné. Mais ça n’a rien fait. Je crois que je vais vivre ça toute ma vie, car c’est ce que les homosexuels subissent.»

 

«L’été dernier, j’ai dû déménager de mon appartement du quartier Rosemont, car mes voisins étaient ouvertement homophobes. Ils me faisaient des menaces verbales : « fucking fagot », « I’ll kill fucking fagots ». J’avais très peur pour ma sécurité physique. Je ne dormais plus, j’étais toujours sur le qui-vive. Je ne croyais pas que cela pouvait m’arriver.»

 

«L’homophobie c’est la peur de l’autre en soi»

Ces témoignages illustrent seulement deux expériences bouleversantes de l’homophobie vécue par des personnes homosexuelles. Avant d’aborder plus en détails ce phénomène très courant, voici quelques définitions

 

Découvrir l’homophobie

(2)L’homophobie représente surtout un sentiment d’aversion et de peur, la peur de la remise en question de la hiérarchie des sexualités qui consacre l’hétérosexualité comme pratique supérieure au niveau moral et affectif. « L’homophobie est aussi le produit de la peur de l’autre en soi » . C’est donc une réaction agressive de rejet provoquée par la crainte d’être soi-même homosexuel. Loin d’être une conduite d’évitement ou de fuite, l’homophobie est une agression, une stigmatisation et une discrimination. Elle est une forme de domination.

 

L’homophobie peut affecter tout un chacun, hétéro ou homosexuel, et porte préjudice en premier lieu aux gais, lesbiennes et bisexuels, mais aussi à leurs familles et leurs amis.

 

Plusieurs niveaux d’homophobie

Il existe différents niveaux d’homophobie, voici des exemples

 

Homophobie de langage

  • insultes
  • plaisanteries
  • vocabulaire négatif qui stigmatise l’homosexuel

Homophobie personnelle

  • sentiment personnel que les homosexuels sont anormaux, malades, bizarres,
  • sentiment d’évitement
  • violence verbale, voire physique

 

Homophobie institutionnelle

  • institutions, lois, règlements qui discriminent les homosexuels

 

Homophobie sociale et culturelle

  • normes sociales et culturelles qui favorisent l’hétérosexualité au détriment de l’homosexualité

 

Homophobie intériorisée

  • les homosexuels eux-mêmes intériorisent les préjugés, les normes sociales homophobes et en viennent à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes, et à dévaloriser, voire à détester les homosexuels de leur entourage

 

L’homophobie en chiffres (USA)

Un collégien américain entend des commentaires homophobes tels que« pédé », « tapette », « gouine » en moyenne 26 fois par jour.

 

  • Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
  • 80% des jeunes gais et lesbiennes souffrent gravement d’isolement social.
  • 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
  • 28% des élèves gais quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement, 11% des élèves hétérosexuels.
  • 26% des jeunes gais sont mis à la porte du foyer familial par leurs parents.
  • 19% des jeunes gais et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
  • Le taux de suicide est 4 fois plus élevé chez les adolescents gais que chez les hétérosexuels.
  • Dans 40 états américains sur 50, un enseignant peut être licencié à cause de son homosexualité.

 

Origines et causes

Tirant ses origines de phénomènes culturels, sociologiques et psychologiques complexes, et surtout de l’histoire judéo-chrétienne, l’homophobie est présente à de multiples niveaux dans notre société, dans le cœur et l’esprit de nombreuses personnes, consciemment ou inconsciemment, dans le vocabulaire courant, dans les livres comme dans les institutions.

 

Elle est intimement liée à la problématique du sexisme, c’est-à-dire l’inégalité des sexes par une domination masculine, et à des définitions stéréotypées de la masculinité et de la féminité. Elle engendre des discriminations telles que l’exclusion, la violence verbale et physique à l’encontre des homosexuels et de leur entourage.

 

Selon la vue «hétérosexiste», il est considéré normal et naturel que le masculin et le féminin soient deux genres sociaux bien différents et hiérarchisés ; le sexe biologique détermine l’appartenance à un genre social et à chaque genre correspond des attributs et comportements typiquement masculins ou typiquement féminins.

 

Le fait d’être un homme démontrant « trop » d’attributs féminins, par exemple, une passion pour la cuisine, la décoration ou les arts, est encore aujourd’hui souvent perçu comme une «faiblesse». «Celui-là n’est pas un VRAI homme !». Ce qui veut dire qu’il a moins de valeur dans notre société . L’homophobie est en fait la preuve de l’existence actuelle de cette vision «hétérosexiste» selon laquelle les attributs féminins sont perçus comme inférieurs aux attributs masculins Ainsi, le présupposé est véhiculé que tout le monde soit hétérosexuel, et que l’hétérosexualité soit la seule option valable. De ce fait, lorsque le sujet de l’homosexualité est soulevé, des sentiments pénibles émergent qui amènent les gais, les lesbiennes et les bisexuels à cacher leur orientation affective.

 

L’impact de l’homophobie sur la santé mentale

Les études récentes confirment que l’homophobie peut être une source d’isolement social, de décrochage scolaire, voire de tentatives de suicide, en particulier chez les adolescents qui découvrent leur homosexualité dans un milieu qui ne favorise pas le développement et l’acceptation de leur orientation sexuelle. (3)

Selon une étude menée au Département de psychologie de l’Université Concordia par le Dr. Benibgui, les jeunes lesbiennes, gais ou bisexuels (LGB) courent davantage le risque de souffrir de graves problèmes de santé mentale que leurs pairs hétérosexuels.

 

Cela s’expliquerait en partie par un dérèglement du système hormonal résultant du stress d’être victimisé ou rejeté pour son orientation sexuelle. Dans le cadre de son étude, le Dr. Benibgui a constaté qu’au secondaire et au cégep, on relève un taux de suicide jusqu’à 14 fois plus élevé chez les élèves lesbiennes, gais et bisexuels que chez leurs camarades hétérosexuels. Ces chiffres sont très inquiétants et indiquent la nécessité d’une intervention assez précoce. Lors d’une entrevue téléphonique avec ce chercheur, celui-ci m’a confirmé que les difficultés psychologiques les plus rencontrées dans cette population sont la dépression, les troubles anxieux, les tentatives de suicide et l’abus de substances.

 

Pour mieux comprendre les causes principales, le Dr. Benibgui a examiné le lien entre le fait de vivre dans un environnement homophobe et «l’homophobie internalisée». Cette dernière se traduit notamment par des émotions négatives envers soi-même en raison de son identité sexuelle. Il a découvert que les personnes homosexuelles et bisexuelles subissent davantage de stress causé par les disputes sur l’identité sexuelle, l’intimidation ou la discrimination.

 

Elles ressentent une homophobie internalisée importante et enregistrent une production de cortisol (hormone de stress) plus élevée. Plus la personne vit dans un milieu homophobe, plus elle vit de l’homophobie internalisée et du stress et plus elle est à risque de développer des symptômes de dépression et d’anxiété ainsi que des pensées suicidaires. Ce taux de cortisol anormal est donc étroitement lié à une présence de détresse psychologique. (4) La surproduction de cette hormone a un effet sur le cerveau et les émotions, voire la santé mentale en général ainsi que sur les fonctions immunitaires.

 

Certaines recherches indiquent que les personnes vivant des situations stressantes à long terme ont un système immunitaire moins efficace pour combattre les maladies physiques. Il a d’ailleurs été démontré que différents liens existent entre le stress et des problèmes de santé tels que le rhume, le cancer, la dépression, les maladies cardio-vasculaires, les pathologies de la glande thyroïde, les pathologies cutanées et le diabète. Aussi, Dr. Benibgui mentionne le concept du «minority stress», un phénomène psychologique et sociologique qui explique qu’une minorité, qu’elle soit ethnique, sexuelle ou culturelle, vit un niveau de stress plus élevé en raison de sa marginalisation sociale.

 

Il semble qu’un des problèmes centraux des jeunes homos et bisexuels est leur difficulté à développer une solide estime d’eux-mêmes. Il leur manque souvent des ressources suffisantes et nécessaires pour devenir des personnes confiantes. De ce fait, plusieurs autres problématiques peuvent découler, comme entre autres les relations sexuelles non protégées; une personne ayant une faible estime de soi aura plus tendance à adopter des comportements à haut risque et autodestructeurs.

 

Comment prévenir les problèmes de santé mentale chez les homosexuelles?

Tout d’abord, il faut souligner que même si cette population est plus à risque de vivre des difficultés, la majorité des personnes homosexuelles ou bisexuelles ne développera pas de problèmes de santé mentale, ce qui veut donc dire qu’elles sont résilientes. Le facteur de protection le plus puissant que le Dr. Benibgui a relevé dans le cadre de son étude est l’acceptation et le support des parents et des pairs.

 

Une différence primordiale entre les individus homos et bisexuels et les individus tirés d’autres minorités culturelles ou ethniques, est que leurs parents partagent généralement le même « statut minoritaire ». Ils peuvent donc se supporter mutuellement en accentuant une certaine fierté culturelle. Par exemple, quand un adolescent haïtien rentre à la maison après avoir vécu de la discrimination à l’école, il peut compter sur un soutien de la part de ses parents. Par contre, les jeunes homos et bisexuels ne partagent pas, dans la majorité de cas, leur « statut minoritaire » et leur réalité avec leurs parents. Ils ne peuvent donc pas s’attendre nécessairement à un tel support ou à la compréhension de la part de leur famille. Ils n’ont pas tous autour d’eux une famille qui soit aussi ‘homosexuelle’ comme c’est le cas chez les autres minorités ethniques où tout le monde est aussi haïtien.

 

De ce fait, ils expérimentent souvent cette discrimination en étant seuls, isolés et retirés. Cependant, ils n’ont pas nécessairement accès aux mêmes ressources de protection (support familial) pour maintenir un équilibre mental. Les conséquences sont néfastes et imperceptibles, car les sentiments ne sont pas discutés ouvertement. Il est difficile pour les parents d’intervenir, car ils ne sont pas toujours au courant de l’orientation sexuelle de leurs enfants. L’homosexualité est invisible, et non pas évidente comme une couleur de peau. Par conséquent, le ‘coming-out’ semble pour plusieurs personnes un processus épeurant, lent et pénible à vivre.

 

Comment améliorer la santé mentale des personnes homos et bisexuelles à risque ?

Le chercheur Benibgui conseille aux parents de ne pas attendre jusqu’au moment où jeune sera prêt à faire son ‘coming out’ pour parler ouvertement de son orientation sexuelle. Il recommande d’oser être plus proactif, d’aller vers le jeune et de s’éduquer soi-même sur l’homosexualité afin de démystifier certains mythes et de normaliser cette identité à la maison. Il propose d’adopter un langage inclusif. Par exemple, au lieu de demander : «As-tu une blonde ?», il est préférable de demander : «As-tu quelqu’un dans ta vie présentement?»

 

Qu’est-ce que la famille et l’entourage peut faire pour mieux intervenir auprès d’eux?

Pendant l’adolescence, les jeunes sont en construction de leur identité, ils expérimentent afin de découvrir leur orientation sexuelle. Ils ont besoin de savoir que peu importe comment leur orientation sexuelle se développera, leurs parents les accepteront. Ceci a un impact énorme sur l’individu, son estime de soi et son sentiment de valeur personnelle. Il est important de lancer de temps en temps des messages tels que

«Si tu étais gai, lesbienne ou bisexuel, nous t’aimerions quand même, la seule chose qui compte pour nous est que tu sois heureux,…voici un livre que j’ai lu sur ce sujet, je peux te le prêter, on pourrait en parler avec ton intervenante de l’école si tu t’inquiètes…».

 

Être à l’écoute

Il faut rester à l’écoute et disponible sans juger, tout en montrant de l’ouverture et de l’empathie pour ce que l’autre vit. Les parents peuvent aussi regarder dans leur propre entourage si des amis ou des proches homos ou bisexuels pourraient servir de modèles d’identification. Aujourd’hui, nous sommes témoins de plus en plus de diverses représentations des minorités sexuelles dans les médias. Mais durant l’adolescence, la plupart des jeunes n’ont pas de contact avec d’autres pairs homos et bisexuels. Ce genre de contact peut servir de facteur de protection important, en particulier si la famille n’accepte pas l’orientation sexuelle. Ainsi, les rassemblements dans les communautés gaies peuvent aider à combler le besoin d’appui et même remplacer jusqu’à un certain point la famille.

 

Les agressés et les agresseurs

(5)Le comédien Jasmin Roy (fondateur de la Fondation Jasmin Roy) croit fermement que «quand nous sortirons l’homophobie des écoles, nous libérons tout le monde, les agressés comme les agresseurs. Des garçons s’empêchent de faire des métiers ou des loisirs comme de la danse, par exemple parce qu’ils ont peur de se faire traiter de ‘fif’. A l’inverse, plusieurs agresseurs sont malheureux, puisqu’ils lancent des insultes uniquement pour faire comme les autres. Il est même fréquent qu’un homosexuel traite les autres de ‘tapette’ pour cacher le fait qu’il le soit lui-même».

 

L’organisme GRIS-Montréal

(6)L’organisme GRIS-Montréal est un organisme communautaire sans but lucratif dont la mission consiste à la prévention par démystification de l’homosexualité dans les écoles.

 

Sa mission générale est de favoriser une meilleure connaissance des réalités homosexuelles et de faciliter l’intégration des gais, lesbiennes et bisexuels dans la société. Selon l’organisme, l’intégration d’une minorité dans la société, comme dans la lutte contre le racisme, ne peut se faire qu’en s’efforçant d’éliminer l’ignorance et les préjugés.

 

L’école est un milieu où les valeurs des jeunes prennent forme et où l’ignorance cède à la connaissance. C’est la raison pour laquelle GRIS-Montréal a décidé de s’adresser principalement aux jeunes en milieu scolaire afin de leur offrir en priorité des services de démystification de l’homosexualité en milieu scolaire. Leurs interventions se réalisent majoritairement dans les écoles secondaires et les cégeps. Elles sont données sous forme de témoignage par des bénévoles spécialement formés pour répondre aux questions des jeunes de 12 ans et plus. L’objectif de cette méthode d’intervention est de permettre aux jeunes de mettre un visage sur une réalité qui les effraie encore en les laissant poser toutes les questions qui les préoccupent au sujet de l’homosexualité. Les bénévoles s’engagent à leur répondre le plus ouvertement possible en parlant de ce qu’ils ont vécu et de ce qu’ils vivent encore aujourd’hui comme lesbiennes et gais. De cette manière, des modèles d’identification sont proposés aux jeunes, autres que les représentations stéréotypées sur les homosexuels produites par les grands médias (exemple le gai type ‘coiffeur’ et la lesbienne type ‘butch’).

 

Les médias participent à l’« annihilation symbolique » des gais et lesbiennes en les stéréotypant, en en donnant rarement une image réaliste ou en ignorant tout simplement leur existence.

 

GRIS-Montréal essaie donc de combattre ces représentations trop catégoriques et restreintes en montrant des images plus diversifiées des homosexuels à la population scolaire.

 

Conclusion

Pour conclure, afin d’améliorer la santé mentale des adolescentes et des jeunes adultes homosexuels, il ne faut pas intervenir seulement auprès de l’individu, mais aussi auprès de l’entourage et de la communauté, ce qui favorisera l’acceptation générale dans notre société. Nous appliquons ce même concept à l’ALPABEM en démystifiant et en sensibilisant la population afin de mieux intégrer les personnes en difficultés et marginalisées – car c’est l’affaire de tout le monde!

 

Un grand remerciement à Dr. Benibgui et Mme Houzeau pour leur disponibilité et leur collaboration pour la production de cet article.

 

Références :

1) Livre : Daniel Borillo, L’homophobie, PUF, Coll. Que sais-je ?, Paris, 2000

2) http://www.amnestyinternational.be

3) Entrevue téléphonique avec Dr. Benibgui, chercheur à l’Université Concordia, Montréal

4) Tiré des notes de cours PSY 1989 «Stress et Anxiété» à l’Université de Montréal

5) visitez : www.fondationjasminroy.com

6) Entrevue avec Mme Marie Houzeau., directrice générale de l’organisme GRIS-Montréal ; visitez : http://www.gris.ca/2009/index.php

Mise à jour le 9 décembre 2013

Les violences homophobes et leurs impacts sur la persévérance scolaire des adolescents au Québec
(http://rechercheseducations.revues.org/1567)

Données tirées d’une enquête représentative de l’ensemble du Québec (n=2 747); dans 30 écoles publiques du Québec; élèves de 3e et 5e secondaire. Jeunes âgés de 14 à 17 ans (moyenne: 15,8 ans)
9 incidents à caractère homophobes sont répertoriés. Les élèves qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels-les, queer ou qui se questionnent (LGBQ) sont 2 X plus victimisés que ceux qui s’identifient hétérosexuels, peu importe le type d’incident (p.6)
Incidents le plus rapporté chez ceux LGBQ ou soupçonnés de l’être: insultes, moqueries et humiliations (p.7)
Chez les hétérosexuels, les garçons se distinguent des filles sur plusieurs points. Notamment, ils sont davantage victimes de bousculades, coups ou objets lancés en raison de leur orientation sexuelle présumée, insultes, moqueries, humiliations ainsi que menaces et obligations de poser des gestes contre leur gré. (p.7)
4 indicateurs de persévérance scolaire sont mesurés (p.7-8). Les LGBQ victimisés sont plus nombreux à s’être absentés de l’école. Les hétérosexuels victimisés sur une orientation sexuelle présumée sont le deuxième groupe qui s’est le plus absenté de l’école. L’absentéisme augmente à mesure que la victimisation homophobe augmente en fréquence.
Les LGBQ victimisés sont 2X plus susceptibles d’avoir déjà changé ou souhaité changer d’école que les hétérosexuels victimisés. (p.10)
Il est important de souligner que les élèves qui s’identifient comme hétérosexuels sont eux aussi victimes de violence homophobe. (p.10) Le fait de correspondre ou non aux modèles de genre dominants rend les jeunes vulnérables à cette violence, sans regard à leur orientation sexuelle. Proportionnellement, les LGBQ demeurent surreprésentés.
Pistes d’intervention soulevées:

Favoriser une intervention globale, concertée et cohérente, par tous les acteurs gravitant avec le milieu scolaire.
Actualiser une politique explicite de lutte contre l’homophobie
Mettre en place des mesures de soutien pour les élèves LGBQ victimes d’homophobie
Prévenir en luttant contre la banalisation de certaines formes d’homophobie
La victimisation homophobe et liée à la non-conformité de genre et l’adaptation scolaire et psychosociale chez les 14-22 ans
(http://rechercheseducations.revues.org/1566#text)

Échantillon non probabiliste de 262 jeunes. Âgés de 14-22 ans (moyenne: 17,9 ans). Donc échantillon plus vieux que le précédent et plus restreint.
Les jeunes qui se questionnent sur leur attirance sexuelle rapportent un sentiment de sécurité à l’école inférieur, une réussite scolaire autorévélée plus faible et une détresse psychologique plus élevée que les jeunes qui sont ont une attirance exclusivement homosexuelle (p.9). Donc, ces jeunes incertains de leur orientation sexuelle rapportent plus de problèmes d’adaptation scolaire et psychosociale (p.12)
Le soutien des amis contribue à une réussite scolaire autoévaluée en augmentant le sentiment de sécurité à l’école et diminuant la détresse psychologique (p.10). Les pairs jouent deux rôles: ils sont impliqués soit dans la perpétration de la victimisation, soit dans le soutien social qu’ils peuvent apporter.
Pistes d’intervention soulevées

Les pairs doivent être intégrés dans les stratégies préventives.
Renforce l’importance d’intervenir tôt pour combattre la victimisation par les pairs, de favoriser l’acquisition d’habiletés spécifiques de gestion de la victimisation chez les jeunes et de les outiller pour qu’ils recherchent du soutien social
Souligne la pertinence des politiques explicites sur le respect des autres et des différences. Il faut non seulement combattre et prévenir l’intimidation, mais aussi la violence liée à la non-conformité aux stéréotypes sociosexuels.
Soulève la pertinence de réseau de soutien du type « alliés » de la diversité, composé d’étudiants et membres du personnel engagés à promouvoir la diversité et combattre la victimisation

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