Quand je serai grand, je serai…

Quand je serai grand, je serai…

Depuis que nous sommes jeunes, nous disons couramment : « Quand je serai grand, je serai… ». Dès lors, nous accorderons une très grande importance à notre carrière, notre travail, notre JOB. L’emploi occupé est souvent une immense source de valorisation et d’identification.

Qu’advient-il alors des gens qui tombent malades, de ceux qui prennent un congé de maladie ou pire, qui sont jugés inaptes au travail à long terme?

Si c’est à cause d’une blessure physique, d’un cancer, etc., ils attirent la sympathie. Mais pas si c’est à cause d’une psychose, d’une dépression, d’un trouble anxieux ou d’autres maladies mentales ?

Le fait d’avoir un diagnostic de maladie mentale rend-il nécessairement inapte au travail?

La stigmatisation liée aux maladies mentales peut nuire grandement à la carrière d’un individu qui en est atteint. Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, entre 70 % et 90 % des gens atteints d’une maladie mentale sérieuse auront recours au chômage.

Les préjugés devant bon nombre de maladies mentales laissent croire que toutes les personnes atteintes sont inaptes au travail, ce qui est faux. Après une convalescence plus ou moins longue, plusieurs reprennent leurs fonctions. De plus, un retour à l’emploi pour ces gens s’inscrit dans le processus de réadaptation. Il importe qu’ils puissent regagner leur fierté, leur confiance, et ce, dans un milieu où le jugement par rapport à leur souffrance n’entrave pas ces réussites.

Est-ce que je peux réussir ma vie même si j’ai une maladie mentale ?

Contrairement à certaines croyances, plusieurs personnes atteintes ont accompli de grandes choses au point de vue professionnel. Que l’on pense à John Nash,un très grand scientifique qui a remporté un prix Nobel (atteint de schizophrénie), François Massicotte, humoriste et comédien (atteint du trouble affectif bipolaire), Mitsou, chanteuse et animatrice (atteinte d’un trouble anxieux) Guy Latraverse, co-fondateur des Francofolies et actuel président de l’organisme Revivre (atteint d’un trouble bipolaire) et plusieurs autres.

Malheureusement, dans certains cas où la maladie a frappé plus sévèrement, des personnes atteintes abandonneront le marché du travail. En plus d’être confrontées aux stigmates de la maladie, elles devront aussi faire face aux préjugés qu’ont certains individus face aux assistés sociaux. Pour avoir côtoyé ces personnes, je peux vous assurer que c’est bien malgré elles qu’elles demeurent sans emploi. Elles aimeraient plus que tout avoir la possibilité d’aller travailler et se sentir « normales ». Ces personnes ne sont pas moins intelligentes, seulement incapables de garantir l’assiduité que les employeurs recherchent.

Heureusement, plusieurs organismes offrent de belles activités, qu’elles soient manuelles, artistiques, intellectuelles, etc. Les individus atteints ont ainsi la possibilité de briser leur isolement, de se valoriser à travers leurs réussites, de parler avec des professionnels et de retrouver un sentiment d’utilité.

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