Quoi faire face à l’agressivité d’un proche malade ?

Quoi faire face à l’agressivité d’un proche malade ?

imaginez la scène suivante dans laquelle vous vous sentez piégée: Votre proche atteint déverse sa colère sur les murs de la maison. Il fait un vacarme énorme, on a l’impression qu’un tracteur est en train de démolir la maison.

Sur une initiative innocente, vous tentez de le raisonner pour qu’il arrête. Votre proche vous ignore complètement et il continue à frapper sans arrêt. Il vous insulte, vous traite de tous les noms en vous menaçant. Vous vous sentez apeurée et continuez à essayer de le raisonner. Vous sortez la menace d’appeler le 911 s’il continue. Il s’autorise à doubler d’agressivité et vous résistez, sur la défensive, sans parvenir à lui « faire comprendre » quoi que ce soit.

Quelles conduites à adopter face à un proche agressif?

Que faites-vous, confronté(e) à cette situation? Quelles sont les conduites à adopter dans des situations semblables? Existe-t-il une façon efficace pour se sortir de tels pétrins? Il n’y a pas de formule miracle, mais il y a certaines conduites de base à adopter qui vous faciliteront le contact avec votre proche atteint. (prenez note que l’ALPABEM offre une formation sur la gestion de l’agressivité depuis 2012, cliquez ici pour plus d’informations.)

La méthode D.O.U.C.E.?

C’est un code de conduite pour faciliter les contacts avec une personne présentant un trouble mental. Je vais essayer de vous résumer les grandes lignes.

Délimitez l’espace vital

C’est-à-dire, établissez une distance physique dans laquelle vous êtes à l’aise et où vous ne vous sentez pas gêné ou envahi par les autres. Une distance dans laquelle vous vous sentez en sécurité. Dans le langage familier, on dit notre « bulle ». Il est important de ne pas oublier que tout le monde en a une et qu’il est essentiel qu’on respecte celle des autres, mais avant tout, il faut commencer par respecter la nôtre.

S’il vous arrive de ne pas vous sentir en sécurité, vous pouvez exprimer votre inconfort dans la situation.

Dans l’impossibilité d’établir un dialogue, la meilleure solution est de quitter les lieux ou demander à l’autre de s’éloigner. Toutefois, s’il y a lieu de dialoguer, vous pouvez toujours utiliser la formule la plus adéquate à votre situation.

– « Je ne suis pas à l’aise quand tu te mets à tout briser »
– « J’aimerai qu’on se parle sans crier. »
– « Est-il possible de me parler plus doucement s.v.p.? »
– « Qu’est-ce qui t’énerve? »
– « En quoi ce que j’ai fait pose problème? »
– « Je ne comprends pas. »
– « Je vois bien que ça ne te plaît pas. »
– « Je vois que tu n’es pas content. »
– « Es-tu capable de me parler? »

Tentez d’établir et de garder un contact visuel sans le dévisager. Ensuite, je sais que je vais vous demander quelque chose de difficile dans ces situations : restez calme et parlez d’un ton de voix normal, mais ferme. Sinon, faites de votre mieux. Si la situation se détériore, repérez la sortie et partez vous mettre en sécurité.

Observez ce qui se passe

À cette étape, il faut porter une attention particulière à tout ce qui pourrait augmenter le niveau de tension. Surveillez votre propre réaction, car on ne doit pas ignorer la crainte et l’inconfort ressenti en présence de votre proche. Même si c’est une vague impression, il faut porter attention à tous les petits détails. Souvent ces petits détails vont nous permettre d’éviter des expériences fâcheuses. Portez attention au langage non verbal : poings serrés, visage crispé, etc., tout signe qui démontre que la personne risque de perdre la boule. Tentez de diminuer ou d’annuler toutes les sources potentielles de stress : musique, télévision, laveuse, etc.

Utilisez vos observations

Sur ce point, vous devez nommer la situation et les gestes de violence que vous avez constatés. C’est-à-dire que vous devez refléter et souligner à votre proche la violence de ses propos ou de ses comportements. Il peut arriver que notre proche veuille nous faire sentir la tension ou l’impatience qu’il vit lui-même et si nous n’avons pas pris la peine de lui refléter, il risque de hausser le degré pour s’assurer que sa détresse a été entendue et prise au sérieux. Le sentiment d’être mal compris et mal jugé risque d’augmenter l’agressivité de n’importe qui. Vous n’avez pas à endurer un comportement agressif ou violent.

NE TOLÉREZ JAMAIS LA VIOLENCE. Les émotions sont toujours légitimes, cependant, les comportements qui viennent avec elles ne sont pas perpétuellement appropriés.

Soyez clair et ferme avec les règles de vie à la maison. Évitez d’utiliser la menace et utilisez si possible l’humour. Évitez de contredire ou confronter votre proche et encore moins de monter le ton.

Clarifier votre rôle

Si, malgré toute votre bonne volonté, la situation se détériore, pensez sécurité, sécurité, sécurité; la vôtre et celle des autres. Il est faux de croire qu’on peut avoir un contrôle sur l’agressivité de l’autre. Il y a des gens qui ont pour mandat de veiller à la sécurité des personnes. Ne prenez pas de risques inutiles. N’essayez pas de vous improviser l’intervenant de votre proche. Ne jouez pas au psy. Mettez-vous en sécurité et appelez le « 911 ».

Encouragez la personne à demander de l’aide

Dire « T’es malade, tu devrais te faire soigner » n’est pas une formule gagnante. Utilisez plutôt une formule dans le genre : « Cela m’attriste de te voir aussi souffrant, je suis certaine qu’il y a quelqu’un quelque part qui peut nous aider. Je suis prête à t’accompagner si tu le désires. »

PRÉCAUTIONS

La plupart des options peuvent conduire à une amélioration de la situation, elles visent à faire cesser l’agressivité. Toutefois, il ne faut pas oublier que les personnes ne réagissent pas toutes nécessairement comme on le souhaite.

Personnellement, je crois qu’il faut trouver des moyens plus adaptés pour chaque personne. Si vous savez que votre proche a déjà eu des antécédents de violence, qu’il est impulsif de nature et qu’il a consommé de la drogue ou de l’alcool, il ne faudrait pas penser deux fois avant d’appeler le « 911 ». C’est la raison pour laquelle il est essentiel d’apprendre à reconnaitre et à distinguer les comportements nuisibles, dangereux et inadmissibles. Il y a des comportements qui sont plutôt tolérables et ne qui nuisent pas trop, pour ceux-là, nous pouvons toujours nous en accommoder. Pour d’autres, nous devons être fermes et ne jamais tolérer aucun comportement violent.

Quoi qu’il en soit, je vous invite à venir nous rencontrer et aussi à consulter notre centre de documentation et « L’homme qui parlait aux autos », plus particulièrement.

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