Santé mentale au travail – Un investissement qui vaut le coût

Santé mentale au travail – Un investissement qui vaut le coût

Au Canada, une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale à un moment ou à un autre de sa vie. L’incidence financière de la maladie mentale sur la société est bien trop lourde pour qu’on en fasse fi. Et c’est pour cette raison que la sensibilisation, la compréhension et la volonté de résoudre le problème sont autant de qualités qui doivent sous-tendre toute discussion quant à la maladie mentale au travail.

On peut regarder le lien entre maladie mentale et travail sous plusieurs angles. Le travail peut nous rendre malade par la pression qu’il nous impose mais il peut aussi, par le sentiment d’efficacité et d’accomplissement qu’il nous procure, nous aider à guérir. Le travail fait partie de notre quotidien et travail et qualité de vie sont étroitement liés.

Comment faire pour prévenir les problèmes d’ordre mental chez les employés?

Les auteurs s’entendent pour dire que les employeurs ont tout intérêt à être sensibilisés à la maladie mentale et au fait que celle-ci peut être prévenue, dépistée et soignée. Comme employeur, il faut donc tout d’abord être ouvert et ne pas nier l’existence de la maladie mentale. Il faut ensuite savoir reconnaitre les besoins particuliers de certains employés qui auraient tout intérêt à être appuyés dans leurs démarches et leur demande de soins.

Il est à l’avantage de l’employeur de détecter qui de ses employés aurait besoin d’un peu de soutien. À cet effet, il faut aussi que l’employeur prenne en considération les employés qui prennent soin d’un proche qui souffre d’une maladie mentale. En effet, environ 1 tiers des soignants (aidants naturels) qui s’occupent d’un proche atteint de maladie mentale sont également sur le marché du travail. Ces gens représentent plus d’un million de Canadiens (Association des psychiatres du Canada).

La prévention, un outil rentable pour les employeurs

Une fois ouvert et disposé à accepter cette réalité qu’est la maladie mentale en milieu de travail, l’employeur doit savoir qu’il est à son avantage de s’en préoccuper. Le fait de s’attarder à la maladie mentale et à sa prévention réduira considérablement les pertes de profits associées aux absences du travail et à la réduction de la productivité.

Des mesures pour adapter le travail

L’employeur peut fournir des aménagements raisonnables et justes, quand cela est convenable et possible, permettra aux employés visés par ces mesures de poursuivre leur implication tant dans leur milieu de travail que dans leur milieu de vie et leur traitement, ce qui ne peut qu’entrainer des résultats positifs pour tous. Car la maladie mentale non diagnostiquée peut être très couteuse au milieu de travail. Il faut d’ailleurs savoir qu’un grand nombre de personnes ont des problèmes de santé mentale au cours de leurs années les plus productives.

Les employeurs mettent souvent de l’avant des programmes de prévention au travail et voient, de façon générale, à contrôler des éléments physiques et organisationnels pour le bien-être des employés. Qualité de l’air et de la ventilation, éclairage, confort de l’équipement de bureau, couleurs et décoration agréables en sont des exemples. Les employeurs en sortent généralement gagnants, leurs employés étant plus motivés, se blessant moins, s’appropriant l’espace de travail et étant désireux de poursuivre leur implication dans un milieu de travail stimulant et agréable. De cette façon, l’entreprise qui voit au bien-être de ses employés, à leur développement, à leur sécurité et à leur implication, conserve chez elle l’expertise de ses employés fidèles, expertise qu’elle a elle aussi développée, souvent à grands frais.

Offrir des aménagements de travail aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale, faire la promotion de la santé mentale dans le milieu de travail et en tenter d’offrir un environnement moins stressant et plus flexible est donc une stratégie d’affaire gagnante, d’autant plus qu’elle est relativement peu couteuse comparativement au cout des médicaments, des congés de maladie et de remplacement d’employés absents.

La Great West, compagnie d’assurances, estime que ces couts peuvent s’élever jusqu’à 10 000 $ par année par employé, tandis qu’investir dans la prévention est peu couteux.

L’employeur peut donc non seulement voir à offrir des lieux physiques agréables et sains, mais peut également contribuer à l’amélioration du volet émotionnel au travail, pour le grand bénéfice de toutes les parties impliquées.

Combien ça coute de ne rien faire ?

Selon la compagnie d’assurances Great-West, « les problèmes de santé mentale en milieu de travail coutent aux entreprises canadiennes près de 14 % de leurs profits annuels nets, soit jusqu’à 16 milliards de dollars annuellement » (site internet de la compagnie). Toujours selon la Great West:

« les demandes de règlement liées à la maladie mentale (principalement l’anxiété et la dépression) ont maintenant devancé celles liées aux maladies cardiovasculaires. Et les couts pour l’absentéisme représentent 7 % de la masse salariale, absentéisme étant directement lié au stress vécu en milieu de travail »

On peut également penser à d’autres avantages pour l’employeur : comme on ne remplace pas l’employé en congé temporaire ou qui travaille moins d’heures, l’employeur n’a pas à débourser pour l’embauche, la formation et le perfectionnement d’une nouvelle personne. Lorsque les employés notent un désir réel de l’employeur d’améliorer le quotidien pour chacun d’eux, les employés unissent leurs efforts, la pression due aux tâches et responsabilités est largement diminuée et l’ambiance de travail s’en voit améliorée.

En offrant plus de contrôle à l’employé quant aux décisions qui ont trait à leurs tâches, en établissant des objectifs clairs et précis de rendement et en offrant des périodes de repos et de vacances suffisantes, l’employeur fait un pas en avant, pour le bien-être de tous. Offrir des horaires variables, permettre aux employés, lorsque cela est possible et pertinent, de travailler de la maison peut aussi être une option à évaluer. Le simple fait d’éliminer les réunions qui ne sont pas nécessaires peut augmenter le bien-être des employés. Communiquer clairement les attentes que l’on a envers son employé diminue également le stress. Du côté de l’employé, il en résultera un plus grand bien-être, un maintien dans l’emploi et un meilleur rendement (exemples tirés des publications sur la santé mentale de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine).

Quoi faire lors du retour au travail d’une personne avec un problème de santé mentale?

Après une absence pour maladie, il est souvent souhaitable que l’employé revienne en poste; pour s’assurer d’une transition harmonieuse, permettre un retour progressif et un retour à la normale de façon graduelle peut aider aux succès de la réintégration en emploi. Finalement, de plus en plus d’entreprises offrent le programme PAE (programme d’aide aux employés).

Finalement, l’employeur doit s’adapter au marché d’aujourd’hui. Les diplômés d’aujourd’hui veulent concilier travail et famille et avoir une vie personnelle et professionnelle harmonieuse, ce qui oriente le choix des entreprises vers lesquelles ils seront attirés et dans lesquelles ils auront tendance à rester.

« Les organisations qui valorisent et améliorent la santé au travail rehaussent du coup leur profil organisationnel. Un profil amélioré permet à l’organisation de recruter et de fidéliser des employés de haut calibre, et partant, d’améliorer sa capacité de croissance. » (site Internet de la Great West)

Quand on y pense bien, compte tenu du fait que 1 Canadien sur 5 souffrira, à un moment ou à un autre de sa vie, d’un trouble d’ordre mental, et que les aidants naturels sont également sur le marché du travail, les avantages du désir de l’employeur d’aider un employé momentanément affecté par un trouble mental sont nombreux, puisque ignorer ce problème conduit à une augmentation des journées de maladie, à une perte de productivité et à des couts plus élevés en matière d’invalidité et d’avantages sociaux. Une bonne gestion du personnel serait une des solutions les plus efficaces et influencerait de beaucoup, selon les auteurs, les facteurs de risque en santé mentale.

Références :

Association canadienne pour la santé mentale et Desjardins sécurité financière, Les environnements de travail malsains ont des répercussions néfastes au Canada, 1 mai 2008

Hôpital Louis-H. Lafontaine, publications sur la santé mentale au travail : http://www.hlhl.qc.ca/liens_brochure_travail.htm

Le Journal de l’assurance (vous pouvez consulter ce journal au http://www.journal-assurance.ca/)

La Great West, compagnie d’assurances : Faits et statistiques sur la santé mentale (vous pouvez consulter leur site web au http://www.greatwestlife.com/)

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