Solitude : Chagrin ou soulagement?

Solitude : Chagrin ou soulagement?

J’ai comme l’impression que lorsqu’on parle de solitude, on a tendance à s’imaginer qu’il s’agit d’un état dont l’aspect sombre est rempli de tristesse et qu’il s’agit également d’un état que l’on déplore, que l’on regrette. La solitude a peut-être pour nous un sens péjoratif, n’est-ce pas? Mon Dieu! Qu’est ce que je vais faire maintenant que je suis tout(e) seul(e)? Peut-être qu’on mélange la solitude et l’abandon. Ou peut-être qu’on a tellement trempé dans l’idée que pour être heureux, il faut être deux, non?

« On ne vit jamais totalement seul quand on est un bon compagnon pour soi. De fait, la pire des solitudes n’est pas d’être seul, mais de s’ennuyer en sa propre compagnie. »

Jean Monbourquette

Mieux vaut être seul que mal accompagné

Par ailleurs, on entend aussi dire « Mieux vaut être seul que mal accompagné ». Cela me porte à croire qu’il y a un autre coté à la solitude ou possiblement, une autre sorte de solitude. Il y a certaines personnes qui choisissent la solitude et on pourrait dire qu’elles se retrouvent dans une sorte de solitude qui peut être, tout dépendant, ouverte ou fermée. Celles qui ont choisi de vivre seules mais qui recherchent la compagnie des autres à l’occasion, et celles qui veulent vivre dans un isolement volontaire comme des ermites.

Subir ou choisir la solitude

D’autres personnes subissent la solitude; elles n’ont pas choisi d’être seules. Comme celles qui ont vécu une rupture ou un deuil. Il y a aussi celles qui ont vécu une rupture brutale, car leur vie, si on peut appeler cela une vie, prenait plutôt les allures d’un cauchemar très difficile à imaginer pour les communs de mortels. Bien sûr, ce sont des événements qui déstabilisent, bousculent et blessent profondément.

« Mais ce qui empoisonne le plus la solitude de tout un chacun, et empêche d’être heureux en sa propre compagnie, ce sont l’attente vaine des attentions de l’autre et le ressentiment ou l’accumulation de la rancœur. »

(Monbourquette)

Nos attentes nous font-elles souffrir?

Ha! Les maudites attentes qui nous font vivre de nombreuses frustrations. J’ai l’impression donc que la solution à la solitude se trouve chez l’individu lui-même et qu’il est question de changer d’attitude, de perception.

« Pour avoir dormi avec ma solitude je me suis fait presque une amie, une douce habitude, elle ne me quitte pas d’un pas, fidèle comme une ombre elle m’a suivi ça et là aux quatre coins du monde, non je ne suis jamais seul avec ma solitude. »

Georges Mustaki

Par ailleurs, il est possible que la difficulté que nous avons ne soit pas nécessairement avec la solitude, mais plutôt avec la séparation. Comme vous le savez, la vie est un parcours rempli de séparations, et ce, depuis notre naissance. Et malgré que nous soyions confrontés à vivre les séparations l’une à la suite de l’autre, nous n’arrivons pas à les vivre sans perturbations. N’attendez pas que je trouve la réponse à cette épineuse question. Je peux la trouver pour moi possiblement, mais pas pour vous, car comme pour la solitude, la réponse réside en vous-mêmes.

Ne vous inquiétez pas!

Je ne vous laisserai pas comme cela. Souvent, lorsque je suis confronté à des situations qui dépassent ma capacité de faire face, je me dis :

« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse pour les distinguer les unes des autres. »

Et je l’ai dit plusieurs fois, tranquillement jusqu’à temps que je prenne conscience qu’il y a des choses sur lesquelles je n’ai aucun pouvoir.

L’impuissance

S’il vous est déjà arrivé de vous sentir impuissant devant les souffrances de votre proche, surtout quand on sait que les espoirs de guérison sont vains… Lisez la prière de la sérénité citée ci-dessus. Nous sommes tous des humains, nous avons droit à l’erreur, nous ne sommes pas des gens parfaits et nous n’avons de pouvoir que sur nous! Alors… Mon Dieu…

Peut-on aider un malade dans sa solitude et sa souffrance?

Bien sûr qu’on peut lui venir en aide. Vous savez que l’environnement et les membres de l’entourage sont essentiels sur ce point. La personne malade a besoin de support pour faire face à la solitude et à l’angoisse reliée à sa maladie. Être à l’écoute de la souffrance de la personne atteinte est très soulageant. Mais cette écoute ne doit pas se faire au détriment de sa propre solitude et de sa propre souffrance.

Est-ce que ce qui me motive à venir en aide à autrui, sont ma propre solitude et ma propre souffrance?

« La solitude est partout. L’individu est toujours seul. Ce qu’il doit faire, c’est la découvrir en lui-même et non pas la trouver en dehors de lui. »

Ramana Maharshi

Je vous laisse sur un petit quelque chose que j’ai trouvé et que j’ai beaucoup aimé tiré du livre La Mort : dernière étape de la croissance, Elisabeth Kübler-Ross

Je ne sais pas si tu le sens comme moi.

Peut-être que non.

Mais pour moi il y a de l’amour que j’ai pour toi une dimension absolument unique!

Je sais clairement qu’à chaque mois qui passe tu me deviens plus précieux.

Et une de raisons qui font que c’est comme ça, c’est que tu ne te caches pas derrière un masque, mais que tu partages tes souffrances et tes peines,
tes soucis et tes rêves, tes fantaisies et tes plaisirs. tes colères et tes intuitions.

De partager ta lutte m’a donné une dimension d’être que je n’avais pas. Et je te remercie d’avoir partagé avec moi.

Je souffre avec toi une toute petite partie de ta souffrance. Et cette petite partie, parfois j’ai déjà du mal à la supporter.

Oui, je me sens faiblecomme toi

Et je dis « Merci mon Dieu pour le sentiment de faiblesse. » Parce que de quelque façon en partageant des sentiments de faiblesse on y découvre un sens ignoré
de ceux que l’on dit forts, qui ont besoin de cacher leurs sentiments de faiblesse.

 

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