Le suicide chez les adolescents, causes et symptômes
04 Fév

Le suicide chez les adolescents, causes et symptômes

Selon les plus récentes statistiques sur le sujet, 80 % des jeunes qui se suicident souffrent d’un trouble de santé mentale. Une donnée qui fait mal! Des jeunes qui ont mal! Après les accidents de la route, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes. Un adolescent sur quatre pense un jour au suicide. Tristement, sur cinq jeunes en détresse psychologique, un seul reçoit une aide appropriée.

80 % des jeunes qui se suicident souffrent d’un trouble de santé mentale.Click to Tweet

Pourquoi les jeunes se suicident ?

 

Obstacles vs l’Expérience

L’ado, entre 14 et 19 ans, rencontre de nombreux obstacles, qu’il doit tenter de franchir, sans disposer d’autant de ressources et de connaissances qu’il n’en aura à l’âge adulte. Il manque encore d’outils. Si certaines personnes, dès la naissance, sont dotées d’une plus grande résilience et d’une meilleure capacité d’adaptation, d’autres sont moins avantagées.

 

Beaucoup de premières fois !

Il sera donc plus difficile pour certains ados de traverser cette période critique de leur vie, au cours de laquelle ils font face à des défis de toutes sortes, souvent pour la première fois :

  • première perte,
  • première séparation,
  • première trahison,
  • première relation affective, intime et sexuelle,
  • première impression de liberté,
  • première expérience de consommation, etc.

 

Le corps change

De plus, simultanément, l’ado tente de s’approprier son nouveau corps, qui subit de grandes transformations. Il cherche son identité propre en s’opposant à l’éducation et aux valeurs reçues de ses parents. Il désire s’affirmer, s’individualiser. Il veut découvrir qui il est et quelle est sa place en ce monde.

 

Le cerveau change

Comme si ce n’était pas assez, parce que son lobe frontal ne finira de se développer qu’au début de la vingtaine, l’adolescent devient plus impulsif et parvient moins bien à réguler ses émotions. Il est affecté par ses changements hormonaux et il réagit plus promptement à ce qui le touche. Sa capacité d’analyse, également en développement, lui induit en plus un manque d’objectivité et une faible capacité à prendre du recul face aux événements. Il se met donc plus difficilement à la place des autres et pense moins au futur. Pas facile d’être un ado!

 

Quels sont les besoins d’un ado?

Pour que sa crise identitaire soit moins violente et son développement plus positif, un ado a besoin d’évoluer dans un espace rassurant, d’avoir des rêves, des projets et des raisons de vivre.

Il doit bénéficier d’un encadrement bienveillant, ni trop souple ni trop rigide. Il a besoin de comprendre ce qu’il vit et d’apprivoiser ses émotions d’une manière adéquate.

Il doit développer une bonne estime de lui-même et apprendre à tolérer les frustrations qui seront nombreuses en ce monde. La plupart des ados y parviennent. Certains en arrachent. D’autres, malheureusement, échouent.

 

Ado malade, ado vulnérable

Jusqu’à maintenant, nous avons constaté que le nombre de défis reliés à l’adolescence est énorme. Et nous n’avons pas encore abordé l’aspect des troubles de santé mentale, qui touchent 15 % des jeunes Canadiens.

 

Maladie mentale et suicide

Or, les troubles répertoriés sont nombreux :trouble anxieux, trouble des conduites, trouble oppositionnel avec provocation, trouble de stress post-traumatique, toxicomanie, trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, trouble dépressif, trouble obsessionnel compulsif, trouble des conduites alimentaires, schizophrénie, syndrome de Gilles de la Tourette, trouble bipolaire et trouble de la personnalité. Les troubles du spectre de l’autisme sont aussi inclus dans ces statistiques et comme facteur de vulnérabilité, même s’ils sont d’ordre neurologique.

 

L’ado malade… plus vulnérable

Le terme, trouble de santé mentale, est synonyme, dans bien des cas, de détresse psychologique, de rigidité mentale, de difficultés relationnelles, de difficultés d’adaptation, de difficultés de communication et d’altération du fonctionnement scolaire, familial, social et professionnel. L’ado malade se trouve donc dans un état de vulnérabilité beaucoup plus grand qu’une autre personne face à la problématique du suicide. Cette fragilité constitue un facteur prédisposant qui augmente le risque suicidaire de 25%.

 

Que connaissent les jeunes sur les maladies mentales ?

Afin d’évaluer les connaissances des jeunes sur les troubles de santé mentale, le Centre d’étude sur le stress humain de l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal, a fait passer un test sur le sujet à 176 élèves. Les résultats obtenus démontrent que la majorité d’entre eux se représentent bien ce qu’est une dépression, que 40 à 45 % ont une opinion sur les troubles anxieux et la toxicomanie, que 16 % croient qu’un TOC « c’est d’avoir peur de tout » , et que seulement 11% ont déjà entendu parler de la schizophrénie.

 

Cette étude, même si elle a été réalisée à une très petite échelle, démontre que peu de jeunes connaissent réellement les divers troubles de santé mentale, et probablement qu’encore moins sont sensibilisés au fait qu’ils n’en sont pas à l’abri. Alors, s’ils sont dans l’ignorance, comment pourraient-ils identifier que quelque chose ne va pas chez eux et être en mesure d’aller chercher le soutien nécessaire? Ou encore, comment pourraient-ils venir en aide à leurs pairs?

 

Prévention et sensibilisation du suicide chez les adolescents

La prévention du suicide, assurément, est primordiale. Elle porte fruit, car les taux de suicide sont en baisse depuis quelques années. Mais l’éducation sur les maladies mentales est tout aussi importante. Comme 80 % des adolescents qui se suicident souffrent d’un trouble de santé mentale, il est souhaitable qu’un ado, tout comme son milieu familial, scolaire et médical, soit en mesure de reconnaître ce qu’il vit, dès l’apparition des premiers signes de détresse. Ainsi, l’entourage de la personne atteinte sera plus apte à communiquer adéquatement les difficultés vécues, afin de lui faciliter l’accès aux ressources et aux traitements appropriés.

 

Rappelons que sur cinq jeunes en détresse, un seul reçoit le support nécessaire.

 

Les signes de détresse pour savoir si mon jeune a des idées suicidaires

Nous devons être attentifs aux changements de comportement chez l’ado, car ils peuvent être des signes de détresse et/ou de stratégies inadéquates pour surmonter ses nombreux défis.

 

Cela peut se traduire par :

  • une perte ou une prise de poids,
  • de l’insomnie,
  • un manque de concentration,
  • une baisse des résultats scolaires,
  • des fugues,
  • de l’irritabilité,
  • de l’hyperactivité,
  • des colères,
  • un repli sur soi,
  • l’abus de substance,
  • de mauvaises fréquentations,
  • de l’isolement,
  • de l’automutilation.

 

Ces comportements ne mènent pas automatiquement au suicide, mais peuvent être des facteurs précipitants, tout comme une rupture amoureuse, un conflit ou un environnement familial inadéquat et dysfonctionnel.

 

Comment parler de suicide avec mon jeune ?

Il ne faut pas banaliser les actions du jeune, car elles constituent une forme d’expression. Face aux problématiques sérieuses, il est important de l’amener à s’ouvrir sur ce qu’il vit et peut-être même de l’encourager à obtenir une évaluation de son état par un professionnel de la santé.

 

La communication est à privilégier et l’isolement doit être rompu. L’ado doit savoir que ce qu’il vit est normal, qu’il n’est pas le seul dans cette situation, et qu’il lui sera possible de retrouver son équilibre, que ce soit avec l’aide d’une simple écoute, d’une thérapie ou d’une médication. Trouver le juste milieu dans l’encadrement et le soutien à offrir n’est pas une tâche simple.

 

Des ressources pour affronter la problématique du suicide

Heureusement, plusieurs ressources existent pour conseiller l’entourage d’un jeune durant ses années de tourmente.

En voici quelques-unes :

 

Et il y a toujours le CLSC de votre région.

 

Triste constat

Certains jeunes, certains adultes, malgré le meilleur des encadrements disponibles, finissent un jour par passer à l’acte.

Selon les données, 10 % de ceux qui commettent une tentative mettront fin à leur jour.

 

Ont-ils une condition biologique qui les mène au passage à l’acte? Peut-être. Les études se développent à ce niveau, mais aucune réponse exacte n’a encore été énoncée. Ce que l’on sait c’est que le suicide n’est pas une option!

 

N’hésitez pas faire appel aux ressources en cas de doute. Vous n’êtes pas seul.

 

Sources :

  1. Dr. Nagy Charles Bedwani, L’adolescent suicidaire, le reconnaitre, le comprendre et l’aider, 2015, 350 p.
  2. cmha.ca/fr/medias/information-rapide-la-sante-mentale-la-maladie-mentale/#.VjI72fl_NBd
  3. iforum.umontreal.ca/forum/2006-2007/20070115/r_3.html
  4. stresshumain.ca/stress-et-vous/stress-chez-les-jeunes/jeunes-et-les-maladies-mentales.html

About the Author

Jessy Riel Jessy Riel
Que dire sur moi en quelques lignes? Pour commencer, voici trois mots : intègre, spontanée et passionnée. Je suis passionnée de la vie, tant par sa beauté que par ses imprévues. Je considère que l’on mérite de vivre pleinement chaque instant présent, qu’il soit positif ou négatif, puisqu’il nous mène toujours à un niveau supérieur où l’on en ressort grandis. Voici pourquoi la profession d’intervenante m'interpelle, car j’ai à cœur la croissance personnelle et le bien-être mental des gens. Je crois en vous!

One thought on “Le suicide chez les adolescents, causes et symptômes

  1. Guillaume Audet - 16 avril 2016 dans 1 h 05 min

    Le suicide est un problème généré par la fermeture d’esprit d’une société devant la différence, sa rigidité à vouloir conformer et uniformiser chaque individu à une image qui n’existe pas. On crée des structures en disant vouloir aider, mais on n’aide pas du tout… on dresse à la conformité attendue au lieu de travailler avec la personne pour qu’elle se sente bien avec elle-même et ses choix.

    Plusieurs milieux d’aide psychologique au Québec sont pourri de préjugés et de discriminations, et totalement déconnecté de l’humanité et de la réalité de leurs clients (qui sont majoritairement des victimes sociales).
    La DPJ est un organisme dont le but est de protéger les enfants, mais ce qu’ils font est pire que ce qu’endurent les enfants victimes d’agressions et de maltraitances dans leur milieu familial.
    Dans les Centre jeunesses, c’est la catastrophe… Les jeunes se tuent, ils fuguent, parce que ce milieu n’a rien d’aidant, de sain et de rassurant. Si c’est si bien, faudra m’expliquer pourquoi une personne s’évade d’un milieu qui prétend l’aider et voir à sa sécurité.
    Dans les hôpitaux, c’est la même chose… on s’évade dès qu’on peut parce que se faire aider ce n’est pas se faire dresser à l’obéissance sous la menace et le chantage de privilèges accordés ou retirés. Se faire aider ce n’est pas être mis en contention physique ou chimique, ni se faire mettre en isolement. Devant l’aide proposée dans le milieu hospitalier, alors qu’on a pas la possibilité d’en sortir, la solution pour mettre fin au supplice que l’on endure est encore le suicide (sauf que c’est pas évident dans un hôpital).
    Si je me fie aux recherches que j’ai fait durant 5 années pour monter un dossier pour dénoncer les abus et l’insensé de ces milieux d’aide, tous mes documents accusent la pratique comportementale comme étant un facteur incitatif au suicide des gens qui y sont exposés. 60% des statistiques de suicides sont reliés à ce milieu de thérapie (quand le milieu ne respecte pas les droits fondamentaux des clients en détresse). C’est mon expérience vécu, c’est celui de ma cousine, c’est celui de la petite cousine de ma conjointe qui s’est suicidée à l’âge de 19 ans, c’est la réalité de plein de personnes avec qui je suis en contact pour dénoncer ce milieu.

    Le jour où les gens sauront aider, c’est le jour où les aidants vont arrêter de se regarder comme des êtres supérieurs, c’est le jour où les aidants vont avoir la capacité de respecter les gens devant eux malgré leurs différences, c’est le jour où on va arrêter d’appliquer bêtement des protocoles et se mettre à écouter pour de vrai de manière à aider la personne selon ses particularité et ses besoins. Le jour où les aidants vont respecter ceux qu’ils aident comme des êtres humains à part entière, des gens qui ont les mêmes droits qu’eux, la même valeur qu’eux… ce n’est pas demain malheureusement. Quelques fois, mieux vaut ne pas avoir d’aide que de l’aide qui n’en est pas.

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