Écoanxiété

Écoanxiété

« Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Les gens souffrent, les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et du conte de fées d’une croissance économique éternelle. Comment osez-vous? » — Greta Thunberg.

C’est empreint d’émotions que Greta Thunberg prononce ses discours s’adressant aux plus petits et plus grands dirigeants politiques de ce monde. Connaissez-vous le phénomène de l’écoanxiété? Celui-ci semble être de plus en plus présent dans notre société.

Qu’est-ce que l’écoanxiété?

L’écoanxiété est le sentiment de peur et de détresse ressenti par l’anticipation des conséquences négatives des changements climatiques. La personne en souffrant éprouvera divers symptômes similaires aux troubles anxieux : insomnie, pensées obsédantes, attaques de panique, modification de l’appétit, et autres. Ces manifestations se produiront à la seule pensée des potentielles catastrophes naturelles.

Ainsi, il n’est pas nécessaire de ressentir les conséquences de ce changement climatique, puisque l’anticipation des conséquences est suffisante pour générer de l’anxiété. À ce jour, aucun diagnostic officiel n’existe pour parler d’écoanxiété. Néanmoins, la détresse vécue par ceux qui en souffrent est bien réelle, et de plus en plus de personnes s’intéressent à ce type d’anxiété.

 

 

Qui peut être atteint d’écoanxiété?

Étant donné que peu d’études se sont intéressées à ce phénomène, il est difficile de savoir qui peut être le plus à risque d’en développer. Toutefois, une étude française publiée en 2018 a essayé d’identifier quel groupe de personnes pouvait être le plus inquiet des changements climatiques. Elle rapporte que 93 % des jeunes entre 18 ans et 24 ans se disent très préoccupés par ceux-ci. Donc, nous pouvons supposer que cette catégorie de gens serait plus sensible à développer de l’écoanxiété.

Également, cette même étude démontre que 88 % des femmes affirmaient être inquiètes des changements climatiques, comparativement aux hommes avec un ratio de 81 %. Bien qu’intéressants, ces chiffres ne sont pas suffisants pour comprendre complètement le phénomène. Ainsi, d’autres études seront nécessaires pour l’explorer.

Des facteurs individuels de l’écoanxiété

Craindre les conséquences négatives du changement climatique ne date pas d’hier. Par contre, c’est depuis peu que l’on parle d’écoanxiété. Selon certains auteurs, les conséquences des changements climatiques viendraient menacer l’individu dans son sentiment de sécurité. Ce n’est pas une surprise, sachant que leurs séquelles peuvent être bien dommageables. Toutefois, ce qui surprend davantage, c’est la transformation des craintes en peur, générant ainsi une angoisse d’insécurité. Or, c’est ce sentiment d’avoir peu de contrôle sur ces impacts qui expliquerait, en partie, l’apparition de l’écoanxiété.

Des facteurs sociaux de l’écoanxiété

Plus la personne craindra pour sa sécurité, plus elle tentera de trouver des alternatives pour y remédier. Mais, lorsque le problème est à l’échelle mondiale, l’individu peut se sentir seul dans ce combat. C’est l’un des aspects qui ressort le plus souvent lors des témoignages des personnes qui se définissent comme écoanxieuses. Celles-ci mentionnent que le sentiment de porter seules cette cause accentue leur angoisse. De façon générale, chaque personne souhaite faire confiance que les institutions mises en place viennent stabiliser leur environnement. Lorsque cette confiance est absente, que ce soit par de l’instabilité politique, ou par la perception que certains dirigeants ne prennent pas au sérieux les menaces des changements climatiques, l’angoisse sera de plus en plus importante, et c’est ce qui expliquera en partie la présence de l’écoanxiété.

Un discours positif pour contrer l’écoanxiété

Afin de gérer l’angoisse que peuvent susciter les changements climatiques, les auteurs mentionnent que de participer activement et positivement à leurs solutions est la meilleure façon de la réduire. Bien sûr, il est possible d’accomplir plusieurs actions pour réduire l’impact des changements climatiques : réduire la consommation, participer au compostage collectif, trier le recyclage, favoriser le transport en commun, réduire de quelques degrés la température du logement, faire du co-voiturage, et bien d’autres.

 

Pour atténuer l’anxiété, il est également possible de se mobiliser en joignant un groupe écoresponsable. Il existe plusieurs mouvements actifs en ce moment, il suffit de joindre celui qui vous convient le mieux. Vous aurez ainsi tout le loisir de partager avec des individus ayant les mêmes intérêts et les mêmes questionnements que vous, en plus de joindre l’utile à l’agréable! Le plus important, rappelons-le, est de faire des changements en se respectant.

 

Enfin, si vous pensez souffrir d’écoanxiété ou connaissez un proche qui en vit, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide! L’anxiété, peu importe la cause, peut devenir envahissante, et il n’est pas nécessaire de toujours la gérer seul!

Références :

http://sante.lefigaro.fr/article/eco-anxiete-quand-la-hausse-des-temperatures-fait-chuter-le-moral/

https://www.lci.fr/planete/apres-le-discours-de-greta-thunberg-a-l-onu-une-pluie-de-critiques-et-d-intox-2133312.html

Howard C, Huston P. Les effets du changement climatique sur la santé : Découvrez les risques et faites partie de la solution. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2019;45(5):126–31.

Le Goff, J. (2017). Des effets des discours positifs sur les angoisses liées au changement climatique = The effects of positive messages on climate change related anxieties. Nouvelle Revue de Psychosociologie24(2), 145–156.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/201909/07/01-5240239-les-changements-climatiques-source-d-ecoanxiete-.php

https://www.ledroit.com/chroniques/eco-anxieux-toi-meme-de30d176deefc4c6d8a62904de44c339

Pihkala, P. (2018). Eco-Anxiety, Tragedy, and Hope: Psychological and Spiritual Dimensions of Climate Change. Zygon53(2), 545–569.

Usher, K., Durkin, J., & Bhullar, N. (2019). Eco-anxiety: How thinking about climate change-related environmental decline is affecting our mental health. International Journal Of Mental Health Nursing28(6), 1233–1234.

https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/10/115209-Rapport-CN-SR-42.pdf

Article rédigé par Janique Raymond-Migneault

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