La santé mentale des Autochtones

La santé mentale des Autochtones

L’Organisation Mondiale de la Santé soutient que dans les pays pauvres comme dans les pays industrialisés, l’état de santé mentale des populations autochtones est toujours moins bon que celui de la population dans son ensemble. Ce qui veut dire que le Québec n’échappe pas à ce constat.

Triste réalité que de constater que dans un pays comme le Québec, la situation des Autochtones n’est pas plus reluisante qu’ailleurs. Qu’il s’agisse des Mohawks, des Montagnais ou des Inuits, leurs situations se dégradent depuis belle lurette.

 

On entend dans les médias qu’ils ont des problèmes de consommation de drogues et d’alcool, des problèmes jeux, un taux de suicide plus élevé, des problèmes de violence physique, plus de crimes contre la propriété, davantage de violence sexuelle, une santé déficiente, un taux plus élevé d’analphabétisation, un manque de scolarisation, de la pauvreté, des conditions d’habitation qui laissent beaucoup à désirer, etc. La situation actuelle est préoccupante.

 

Sommes nous responsable de l’état de santé des autochtones ?

Historiquement, on peut expliquer une partie de leurs problèmes actuels de santé et d’inégalités auxquels ils sont confrontés. Ce n’est pas seulement la faute de la colonisation. Il y a aussi eu l’expérience des pensionnats autochtones qui ont été créés pour assimiler les enfants.

 

Avez-vous une idée des conséquences psychologiques pour un enfant en bas âge d’être séparé de ses parents? Ce traumatisme, ça marque une vie au fer rouge. C’est un déracinement grossier. Une façon de sortir l’indien de l’enfant de façon brutale. Il perd contact avec ses parents, sa communauté, sa culture, son identité. Cela, sans compter tout un arsenal de châtiments et d’abus de pouvoir extrêmes pratiqués afin de casser leur manière de se comporter. Je m’insurge contre cette façon de faire face à ce qui est différent de nous. Chercher à rendre l’autre adéquat à nos yeux ou qu’il réponde de façon convenable aux besoins de la société équivaut à lui dire « tu n’es pas conforme ou tu n’es pas adapté à vivre en société ». D’où vient ce sentiment de supériorité/infériorité qui nous submerge lorsque nous sommes en face de quelqu’un de différent?

 

Je constate que l’idée de vouloir changer l’autre vient de loin. Pour l’accepter, il faut que la personne réponde à certains critères spécifiques. Il faut qu’elle cadre dans le registre de nos désirs, de nos attentes.

Ne force pas un autre à porter ton costume, même s’il lui fait bien; et surtout, ne te crois jamais dans le costume d’un autre.

 

Comment se fait-il que nous n’ayons jamais pensé utiliser notre curiosité naturelle pour tenter de mieux comprendre la vie des Autochtones? Ne sont-ils pas ceux qui nous ont permis de nous adapter à la rigueur de l’hiver canadien? Serait-il possible de trouver ensemble des extraits de plantes capables de guérir de nombreux maux qui nous rongent? Il serait intéressant de voir ressurgir les méthodes ancestrales de guérison utilisées par les Autochtones. On pourrait tous tirer beaucoup d’avantages à s’inspirer de ces approches naturelles utilisées par les Anciens. Notre ignorance nous a amenés à effacer une page de richesse inestimable dont on pourrait bénéficier encore aujourd’hui.

 

Avec la colonisation, nous avons fait des dégâts considérables, voire extrêmes. Tout d’abord, nous nous sommes attaqués à leurs croyances et à leurs pratiques de guérison. Avec l’Église, nous leur avons imposé notre façon de concevoir le Monde. Avec nos armées, nous les avons tassés et avons pris possession de la Terre. Nous nous sommes octroyé le droit de leur dicter où ils devaient demeurer. Bonjour le respect. Je considère que c’est un crime contre l’humanité. Présentement, nous commençons à payer le prix. C’est le retour normal du balancier en quelque sorte.

L’Organisation mondiale de la Santé soutient que la santé est un état de bien-être mental et social complet qui ne se limite pas à l’absence de maladie ou d’infirmité. 

 

Avec cet énoncé, nous pouvons dire que nous sommes loin de parler de santé chez ces peuples. Ils ne sont pas bien, car nous nous sommes imposés dans leur territoire. Mentalement, nous n’avons pas respecté leurs croyances ni leurs schémas de pensée et nous leur avons imposé les nôtres. Socialement, nous les avons convaincus par la force que notre culture avait plus de valeur que la leur.

 

Un autre énoncé qui nous permet de bien cerner la situation des Autochtones est le suivant :

Le bien-être est associé à l’estime de soi, un sentiment de paix et de bonheur. Ce concept englobe l’éducation. Il englobe l’emploi. Il englobe les revendications territoriales. Il englobe la gestion des ressources. Tout cela nous ramène au bien-être intégral et au mieux-être.

 

Estime de soi des autochtones

Concernant l’estime de soi de ces peuples, nous pouvons nous demander quelle estime ces gens ont d’eux-mêmes? Nous pouvons également, sinon mieux, nous poser cette question : Quelle valeur accordons-nous à ces individus? Continuons-nous à maintenir en quelque sorte un regard ancestral de supériorité? Les traitons-nous en adultes ou adoptons-nous plutôt une attitude paternaliste et déresponsabilisante?

 

Nous sommes aussi malades! Prêtez attention aux propos de nos dirigeants. Les effets du réchauffement de la planète sont de plus en plus clairs. Si nous ne mettons pas un frein à notre façon irrespectueuse de traiter notre Terre, nous en paierons les conséquences. Les grands glaciers fondent à vue d’œil et nos dirigeants, au lieu de protéger ce qui pourrait nous sauver la vie, ne voient là que l’opportunité d’exploiter les richesses que tout ce territoire possède. Le Grand Nord québécois, une manne ou une menace?

 

Doit-on s’occuper de la santé des Autochtones ou s’enlever la poudre qui nous empêche d’y voir plus clair?

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