La boîte à outils: de A à Z

La boîte à outils: de A à Z

Que pouvons-nous faire pour rester équilibrés et en pleine forme en dépit de toutes nos obligations?

Que pouvons-nous faire pour préserver notre bonheur et notre santé?

Quelqu’un avait déjà dit :

« si l’on ne prend pas le temps pour prendre soins de notre santé, on sera obligés, à un certain moment, de prendre le temps pour tomber malades ».

Pour vous aider à rester équilibrés et en pleine forme, je suis tombé sur un article fort intéressant qui fait le tour de la question de A à Z :

En pleine forme dans sa tête

La santé, c’est aussi le bien-être psychologique : comprendre ses émotions, s’affirmer, composer avec le stress et l’anxiété, prendre le temps de jouer, de rire… Petit alphabet de la santé mentale.

De A à Z

A pour Amis

Selon une étude sur le bonheur menée en 2002 à l’Université de l’Illinois, aux États-Unis, les étudiants les plus heureux étaient ceux qui maintenaient des liens étroits avec leur famille et leurs amis.

« Mieux on est entouré, mieux on se porte, physiquement et mentalement »

explique Michel Claes, professeur au Département de psychologie de l’Université de Montréal. Être « relié socialement », entretenir un réseau affectif, diminue le stress et abaisse le taux de suicide de même que le risque de maladie cardiaque et de cancer. Autrement dit, si vous vivez en couple, si vous élevez des enfants, fréquentez des amis, parlez à vos voisins ou êtes impliquée dans la vie communautaire, vous augmentez vos chances de vivre longtemps. « Vous n’avez pas besoin de connaître des tonnes de gens, ajoute le professeur. Il suffit de voir souvent ceux que vous aimez, car la fréquence des rencontres compte aussi. »

B pour Bouger

L’exercice est un merveilleux remède contre les maux de l’âme. C’est la conclusion d’une vaste analyse publiée en 2001 dans le British Journal of Medicine. L’activité physique diminue les symptômes dépressifs ; ses bienfaits seraient comparables à ceux d’une psychothérapie. Pratiquer un exercice aérobique, comme la marche rapide ou la natation, pendant 20 à 40 minutes, calme l’anxiété pour une période de deux à quatre heures. Selon l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, les techniques de relaxation produisent le même effet, mais pas pour aussi longtemps.

C pour Couple

Vous croyez que vivre en couple améliore la santé mentale ? Selon une étude allemande portant sur 24 000 personnes, c’est plutôt l’inverse : une bonne santé mentale est le gage d’un mariage harmonieux. Même si la vie à deux a un effet bénéfique sur le bien-être, elle ne guérit pas les problèmes psychologiques ! Par contre, les études indiquent que le divorce est extrêmement stressant, plus encore que le veuvage. Surprenant ? « Le décès d’un conjoint permet à l’autre de l’idéaliser, ajoute Michel Claes, de l’Université de Montréal. Il n’est plus là pour lui tomber sur les nerfs. Le divorce, par contre, ne fait pas disparaître les ex-conjoints. Souvent, les conflits à propos des questions d’argent ou de l’éducation des enfants se poursuivent après la rupture. »

D pour Dépression

Si vous êtes déprimée depuis quelques semaines, n’attendez pas : consultez votre médecin. Environ 8 % des gens feront une dépression grave au cours de leur vie. Mais sur ce nombre, seulement une personne sur trois demandera de l’aide. Il faut soigner la dépression car elle peut mettre la vie en danger. En effet, une personne dépressive présente un risque élevé de se suicider. Comment reconnaître la dépression ? La personne touchée a le sentiment d’être sans valeur, perd de l’intérêt pour ses activités favorites, voit son appétit et son sommeil perturbés, ressent de la fatigue, pense à la mort et a de la difficulté à prendre des décisions.

Chez certaines personnes, la dépression peut être suivie d’une fébrilité intense : elles débordent d’énergie, se lancent dans des projets sans queue ni tête, perdent le sommeil et dépensent… jusqu’à la prochaine dépression. C’est la maladie bipolaire, un trouble de l’humeur qui touche environ 100 000 Québécois. Cette maladie peut mettre longtemps à être diagnostiquée, en partie à cause des préjugés. Les troubles bipolaires se traitent grâce à une médication appropriée, efficace dans 80 % des cas. Société pour les troubles de l’humeur du Canada : http://www.mooddisorderscanada.ca/

E pour Estime de soi

Bien des femmes doutent d’elles-mêmes et de leurs capacités. Alors, comment se construire une meilleure estime de soi ? La psychologue Jocelyne Bounader propose deux conseils faciles à mettre en pratique.

« Commencez d’abord par dresser la liste de vos forces et de vos faiblesses, explique-t-elle. Croire que vous êtes capable de tout faire n’est pas plus réaliste que de penser que vous n’êtes bonne à rien. »

Deuxièmement, il faut multiplier les expériences. « Additionner les réussites et les échecs vous permet d’apprendre, ajoute la psychologue. La confiance en soi se bâtit au fil des essais et des erreurs. Alors, osez, jetez-vous à l’eau. » Bien des gens passent à côté de leurs rêves parce qu’ils ont peur de manquer leur coup. Pourtant, selon la psychologue, on a le droit de se tromper.

« Un échec n’est jamais définitif, dit-elle. Vous serez peut-être critiquée, et après ? Ce n’est pas la fin du monde. Foncez ! »

F pour FEMMES Fragiles

Nos hormones nous rendent-elles plus fragiles ? Jusqu’à l’âge de 13 ans, les filles et les garçons courent les mêmes risques de souffrir d’une dépression. Mais par la suite, ceux-ci doublent pour les femmes, qui sont aussi deux fois plus touchées par les troubles anxieux et les attaques de panique. Certains chercheurs croient que les fluctuations cycliques des œstrogènes et de la progestérone auraient une influence sur la chimie du cerveau. Par ailleurs, les hommes sont mieux pourvus en sérotonine, un neurotransmetteur qui joue un rôle positif sur l’humeur.

Mais des facteurs sociaux interviennent aussi. Nous, les femmes, sommes aux prises avec le stress de la double tâche. Nous sommes plus insatisfaites de notre apparence physique. Et surtout, nous sommes aussi plus portées à demander de l’aide et à consulter le médecin, alors que les hommes ont tendance à cacher leurs problèmes psychologiques. Ce qui a pour effet de faire grimper les statistiques qui nous concernent !

D’ailleurs, de nouvelles recherches indiquent qu’en matière de santé mentale, les différences innées entre les sexes ne seraient pas aussi importantes qu’on l’a déjà cru. Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, la dépression serait en hausse chez les hommes alors qu’elle est en baisse chez les femmes.

Faites notre test pour découvrir comment vous réagissez au stress et apprendre à y faire face au quotidien.

G pour Grrr!

« La colère est une émotion difficile à exprimer pour les femmes, explique la psychologue Jocelyne Bounader. On dit d’un homme qui met son poing sur la table qu’il a du caractère. Mais une femme en colère est encore perçue comme une hystérique. Chez la petite fille, cette émotion est subtilement réprimée dès l’enfance. » On lui dira qu’elle n’est « pas gentille » ou on lui fera sentir que son comportement dérange.

Pas étonnant que, une fois grandes, les filles qui se fâchent se sentent coupables. C’est aussi la raison pour laquelle bien des femmes pleurent lorsqu’elles sont en colère. « Elles remplacent une émotion négative par une autre, moins menaçante, comme la tristesse », explique la psychologue. Avec le temps, elles finissent par ne plus ressentir de colère, mais seulement une vague angoisse.

« Pourtant, la colère est une émotion utile, qui indique que quelqu’un vient d’outrepasser ses limites. Il n’est pas nécessaire d’exploser pour exprimer son mécontentement, conclut la psychologue. On peut tout simplement dire ce que l’on ressent. »

H pour Humour

Rire est un excellent exercice. Selon le docteur William Fry, de l’Université de Stanford, en Californie, une minute de rigolade équivaut à faire 10 minutes d’aviron. Se dilater la rate – l’expression parle d’elle-même – produit l’effet d’un massage sur le diaphragme, l’estomac et les intestins. Résultat : la circulation sanguine s’active et le corps sécrète des endorphines, qui favorisent le bien-être. Se bidonner réduit le stress, les états dépressifs et l’anxiété, et permet de mettre les choses en perspective. Rigoler est tellement bénéfique que certaines entreprises en ont fait leur mission commerciale. C’est le cas du Club de rire international du Québec, qui visite les entreprises pour donner des cours de… rire. L’idée, c’est de s’esclaffer sans raison et sans peur du ridicule, en pratiquant une technique qui s’inspire du yoga. Le Club prétend que se marrer avec ses collègues permet de développer des liens plus solides et de se prendre moins au sérieux. Mais si vous n’avez pas envie de rire avec votre patron, vous pouvez toujours vous inscrire à titre individuel à un des nombreux ateliers organisés un peu partout au Québec.

I pour Inquiète?

L’anxiété est un mécanisme biologique normal qui sert à nous protéger du danger. C’est un signal d’alarme qui nous rend alerte et nous prépare à faire face aux événements.

Mais, parfois, ce système devient hypersensible. Nos craintes sont alors sans proportion avec le danger réel. Nos peurs ne nous stimulent plus, elles nous paralysent. Les médecins parlent alors de « troubles anxieux », le problème de santé mentale le plus répandu, qui touche 12 % de la population, les femmes deux fois plus que les hommes. Ils frappent plus souvent dans certaines familles : une question d’éducation – car avoir peur s’apprend – mais aussi de génétique. Évidemment, tout le monde n’est pas atteint avec la même intensité.

« Mais si votre anxiété vous empêche de vivre, consultez, dit Pierre Bleau, psychiatre au Centre universitaire de santé McGill. À la longue, les troubles anxieux graves peuvent mener à la dépression. »

Association des troubles anxieux du Québec : http://www.ataq.org/

J pour Jouer

Vous êtes obsédée par un problème qui vous semble insoluble ? Arrêtez tout et prenez un moment pour vous distraire. Un bon livre, un disque, un jeu de société avec les enfants, des mots croisés ou un sudoku peuvent vous aider à mettre le bouton « anxiété » à off.

Il ne s’agit pas de se cacher la tête dans le sable, mais plutôt de mettre fin aux ruminations stériles, en faisant quelque chose d’amusant. Tout va mal ? Jouez maintenant et vous réglerez vos problèmes… demain.

K pour Kilos dans la tête

Elles se trouvent grosses, même si elles maigrissent à vue d’œil, fuient les repas en groupe et sont obsédées par l’exercice : environ 1 % de la population souffre d’anorexie.

Ce qui est inquiétant, c’est que ce trouble ne frappe plus surtout les adolescentes, mais touche des petites filles de 8 à 10 ans, de plus en plus de jeunes garçons et même des femmes adultes.

On a longtemps cru que l’anorexie avait une origine psychologique et sociale, comme l’obsession de la minceur et le désir de contrôler son corps. Mais aujourd’hui, on croit que cette maladie aurait des causes biologiques. Des chercheurs américains ont découvert que les prédispositions génétiques comptent pour 56 % dans l’apparition de ce problème, le reste étant lié aux facteurs environnementaux. D’autres pensent qu’il s’agit d’un mécanisme de privation inné, qui remonte à l’époque des famines et qui serait déclenché par des régimes trop sévères. Les recherches vont bon train, en particulier au Programme des troubles de l’alimentation de l’Hôpital Douglas, à Montréal.

Pour en savoir plus : Association québécoise d’aide aux personnes souffrant d’anorexie nerveuse et de boulimie; tél. : 514 630-0907 ou 1 800 630-0907.

L pour Liberté

Par les temps qui courent, le monde du travail n’est pas de tout repos.

« Les entreprises se livrent à une véritable guerre car elles sont en concurrence au plan mondial, affirme le psychologue et spécialiste du travail Michel Grisé. Il est fini le temps où l’on était pris en charge par une entreprise. On doit maintenant vivre avec l’incertitude. »

Solution ? Il faut changer notre façon de voir le travail. « Je conseille aux gens de s’inspirer de la philosophie bouddhiste et de pratiquer « l’engagement détaché », explique le psychologue. Autrement dit, profitons du moment présent, tout en sachant que demain, tout peut changer. »

Facile à dire, lorsqu’on a un loyer à payer ! Pour calmer ses insécurités financières, Michel Grisé suggère de revoir ses priorités. « Plus on consomme, plus on est dépendant de son emploi. Le fait d’apprécier ce qu’on a, au lieu de toujours courir après ce qu’on n’a pas, peut nous libérer d’un certain poids financier… »

M pour Médicaments

Votre médecin vous a prescrit des antidépresseurs ? Une médication appropriée peut vous aider à retrouver votre équilibre.

« Par exemple, pour soigner la dépression modérée ou grave, le meilleur traitement consiste à combiner antidépresseurs et psychothérapie, explique Marie-Josée Filteau, psychiatre au Centre de recherche Université Laval-Robert-Giffard. Les antidépresseurs améliorent l’humeur et apportent un mieux-être, alors que la psychothérapie permet de travailler les facteurs psychologiques qui ont mené à la dépression. »

Des antidépresseurs sont également prescrits pour des troubles anxieux importants. « Ils apaisent les régions du cerveau impliquées dans l’anxiété, ajoute la psychiatre. Pendant longtemps, on a prescrit des benzodiazépines (Valium, Ativan, Xanax…), mais ces médicaments ne font que masquer l’angoisse et créent une accoutumance. » Mais la psychiatre croit également à l’efficacité des méthodes douces contre l’anxiété, comme la méditation, le taï chi ou la relaxation. « Ces techniques nous apprennent à mieux respirer. Or, les anxieux ont souvent une respiration rapide et superficielle, ce qui augmente l’angoisse. Une respiration lente a un effet calmant et peut même soulager les crises de panique. » Et, bien sûr, l’exercice aussi !

N pour Non, no, niet!

Un petit mot de trois lettres si difficile à prononcer… Pourtant, dire non, c’est tenir compte de vos désirs et de vos limites. Vous dites souvent « oui » par peur de déplaire, et ensuite vous vous retrouvez à garder les trois marmots de la voisine ?

Lisez ce qui suit.

Lorsqu’on vous demande un service, demandez du temps pour réfléchir.
Pensez à ce que vous voulez et à ce que vous pouvez faire. Visualisez les conséquences positives et négatives d’un oui et d’un non. Si vous acceptez ce surcroît de travail pour dépanner votre patron, vous serez peut-être débordée. Vous pourriez aussi proposer un compromis. J’accepte de faire ceci, mais pas cela.

Si vous choisissez de dire non, fourbissez vos arguments. (Vous pouvez aussi choisir de ne pas vous justifier. Dans ce cas, acceptez d’assumer les conséquences.)

Apprenez à faire face aux réactions des autres. Vous mécontenterez certaines personnes, surtout celles qui ont l’habitude de vous entendre répondre oui.
Une fois que votre décision est prise, tenez bon !

O pour Oméga-3

Les oméga-3 sont-ils bénéfiques pour le moral ? C’est ce que prétend le psychiatre français David Servan-Schreiber, dans son livre Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse. Plus près de nous, le docteur François Lespérance, du CHUM, a constaté que les patients déprimés avaient un taux sanguin d’oméga-3 inférieur à celui des autres patients. Pour en avoir le cœur net, le CHUM a donc entrepris la plus importante étude jamais menée sur le sujet. Plus de 500 hommes et femmes atteints de dépression grave y participent et les résultats seront dévoilés à l’automne 2007.

En attendant, on ne perd rien à manger le plus souvent possible des poissons gras, comme le thon, le saumon, les sardines et le maquereau, ou à consommer des graines de lin. Car en plus de prévenir l’inflammation, les oméga-3 sont bénéfiques pour le cÅ »ur. Pour en savoir plus : http://www.passeportsante.net/.

P pour Phobies-Zéro

Saviez-vous que les phobies les plus répandues ont déjà été utiles à notre survie ? Il y a 10 000 ans, avoir peur des hauteurs était plein de bon sens : la branche d’arbre sur laquelle nous étions assis pouvait se rompre et nous précipiter dans le vide. Par ailleurs, se déplacer à découvert dans de vastes espaces augmentait nos risques d’être repérés par un prédateur.

« Ces peurs sont inscrites dans notre bagage génétique, explique le psychologue Camillo Zacchia, de l’Hôpital Douglas. Par exemple, bien des gens sont terrorisés par les serpents, alors qu’ils n’en ont jamais rencontré. »

Aujourd’hui, ces craintes n’ont plus de raison d’être : aucun animal sauvage ne va nous attaquer dans un stationnement ! Mais ces peurs vieilles comme l’humanité refont surface sous forme de phobies : l’agoraphobie, qui est la peur des grands espaces, la claustrophobie, qui est la peur des espaces clos…

Certaines personnes éprouvent des terreurs si intenses qu’elles craignent de mourir ou de perdre la tête : c’est l’attaque de panique. « Notre corps réagit comme si nous étions en face d’un lion sur le point d’attaquer, explique le psychiatre Pierre Bleau. Le hic, c’est qu’il n’y a aucun prédateur en vue. » Ces phobies se traitent avec succès, grâce à des psychothérapies qui permettent au patient d’affronter ses peurs graduellement.

Q pour Québec

Notre réseau public de santé ne compte que 1000 psychiatres, 140 pédopsychiatres et 1900 psychologues pour toute la population du Québec. C’est peu. On pourrait toujours consulter un psychologue en cabinet privé mais, à 85 $ l’heure, il faut en avoir les moyens.

Dans son Plan d’action pour la santé mentale 2005-2010, le ministre de la Santé Philippe Couillard a promis des services plus accessibles. Pour y arriver, il propose toutefois une meilleure utilisation des ressources déjà en place plutôt qu’une augmentation du nombre de spécialistes. Le ministre souhaite que des problèmes comme la dépression soient diagnostiqués plus rapidement dans les CLSC et les cabinets de médecins. D’ici les prochaines années, chaque territoire aura son psychiatre et chaque Centre de santé et de services sociaux, ses équipes de première ligne constituées de médecins, de travailleurs sociaux, d’infirmières et de psychologues. La consultation en psychiatrie sera réservée aux cas graves. Des services d’intervention de crise seront aussi accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ces changements nous assureront-ils vraiment de meilleurs services en santé mentale ? C’est à suivre

R pour Résilience

« Dans notre culture, l’enfant blessé est encouragé à faire une carrière de victime », affirme le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, auteur du livre Un merveilleux malheur. Le célèbre médecin croit qu’un enfant traumatisé ou maltraité n’est pas obligé d’être marqué par le malheur pour le reste de sa vie. Un enfant victime d’abus ne devient pas nécessairement un abuseur et un enfant abandonné ne devient pas forcément dépressif. Un exemple vivant : le docteur Cyrulnik lui-même, né en France, qui a été ballotté d’un endroit à l’autre pour aboutir finalement à l’assistance publique, après la déportation dans les camps de ses parents en 1942.

Après avoir centré son attention sur les traumatismes et la maladie, la psychologie se penche maintenant sur la capacité de nombreux enfants à surmonter les obstacles. On découvre que les êtres humains peuvent rebondir après l’épreuve et même devenir plus forts. Trois ouvrages de Boris Cyrulnik à lire – ou relire – pour reprendre espoir : Un merveilleux malheur, Les vilains petits canards et Le murmure des fantômes, publiés aux éditions Odile Jacob.

S pour Santé!

On a longtemps cru qu’une bonne santé mentale, c’était l’absence de maladie. Mais cette vision est en train de changer. Aujourd’hui, la santé mentale se définit comme un état de bien-être dont nous devons prendre soin, au même titre que de notre forme physique. Voici quelques conseils pour y parvenir.

  • Apprenez à vous connaître
  • Déterminez vos points forts et vos points faibles
  • Au lieu de vous morfondre sur ce que vous n’avez pas, faites de votre mieux avec ce que vous avez
  • Adoptez une attitude réaliste face à l’existence. Si vous devez faire face à un problème, essayez de voir les choses sous un autre angle et faites preuve de souplesse
  • Prenez le temps de voir vos amis et maintenez des liens harmonieux avec votre famille. (Pour savoir pourquoi, retournez à la lettre A.)
  • Trouvez la force dans le nombre. En cas de coup dur, joignez-vous à un groupe et rencontrez des personnes qui ont vécu des expériences semblables aux vôtres.
  • Mettez le doigt sur vos sentiments et assumez-les. Faire l’autruche n’a jamais aidé personne
  • Découvrez ce qui vous rend réellement heureux, au lieu de vous conformer aux désirs des autres.
  • Qu’est-ce qui vous empêche d’être heureuse ? Faites notre test et obtenez des conseils pour mettre de la joie dans votre vie.

T pour Thérapies

Voici les quatre principales approches utilisées en psychothérapie.

1. La thérapie cognitive/comportementale, selon laquelle les difficultés psychologiques sont liées à des croyances fausses ou irréalistes. Exemple ? Des affirmations comme « personne ne m’aime » ou « ma vie est un échec » font partie des croyances irréalistes.
2. La thérapie interactionnelle, qui se penche sur les problèmes rencontrés avec la famille, les amis et les collègues.
3. La thérapie existentielle/humaniste, qui met l’accent sur le moment présent, la capacité de la personne à diriger son existence et à se réaliser pleinement.
4. La thérapie psychodynamique/analytique, selon laquelle les difficultés actuelles sont liées aux événements refoulés de l’histoire personnelle. Les études indiquent que la thérapie cognitive/comportementale est la plus efficace pour traiter les troubles anxieux et la dépression. L’approche interactionnelle a également fait ses preuves pour la dépression. Par contre, certains psychologues utilisent une combinaison de plusieurs méthodes.

« Lorsque vous rencontrez un psychologue pour la première fois, il doit vous expliquer clairement quelle est son approche et sa façon de travailler, afin que vous puissiez faire un choix éclairé »

affirme Rose-Marie Charest, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Pour en savoir plus, consultez le site de l’Ordre ou celui de la Société canadienne de psychologie.

U pour utile, la psychothérapie?

De vastes études répondent que oui. Et la voie vers le mieux-être est relativement rapide : 50 % des patients vont nettement mieux après 8 à 10 rencontres, tandis que 25 % voient leur état s’améliorer après 26 séances.

Le facteur de guérison le plus important, selon les études : la motivation de la personne qui consulte. Faire quelque chose pour soi est déjà un pas vers le mieux-être : l’état émotionnel de la plupart des gens s’améliore à partir du moment où ils décident de consulter ! Un autre facteur de succès, c’est le lien qui existe entre le psychothérapeute et son patient. Plus cette relation est chaleureuse et empreinte de respect, plus la thérapie donne des résultats. D’où l’importance de choisir un psychiatre ou un psychologue avec lequel on se sent bien.

Et c’est long, une thérapie ?

« Si vous attendez d’être parfaitement heureuse pour y mettre un terme, vous allez attendre longtemps, dit Rose-Marie Charest. Une psychothérapie efficace doit vous apporter des outils pour mieux faire face à la vie, vous apprendre à vous faire confiance et à devenir votre propre thérapeute.»

Comment savoir qu’il est temps de voler de ses propres ailes ? « Lorsqu’on a atteint ses objectifs et qu’on se sent assez solide pour poursuivre son chemin, conclut la psychologue. On n’a jamais fini de découvrir des choses sur soi-même, mais la vie et les expériences qu’elle réserve permettent de continuer à progresser. »

V pour Vitesse

Vite, vite, plus vite ! Selon la sociologue et psychologue française Nicole Aubert, auteure d’un livre sur la question, nous vivons dans une « culture de l’urgence ». Auparavant réservée aux questions de vie et de mort, cette notion est désormais appliquée au travail. En France, les dossiers sont tous classés « TTU » (très, très urgent). Ici, on exige que ce soit prêt « pour hier ». En fait, les entreprises sont influencées par la logique des marchés boursiers – qui changent de seconde en seconde – et par les nouvelles technologies de communication, qui nous permettent de joindre tout le monde, n’importe où, tout de suite. Bien entendu, cette frénésie finit par déteindre sur la vie privée. « Certaines personnes s’adaptent à ce rythme effréné, mais d’autres n’y arrivent pas, explique la sociologue. C’est alors que survient la dépression, qui est peut-être le seul moyen biologique que la nature a trouvé pour nous forcer à ralentir. »

Pour en savoir plus : Le culte de l’urgence. La société malade du temps, de Nicole Aubert, Éditions Flammarion.

W pour Week-end, Winnebago, wagon-lit, western…

Réservez-vous du temps pour les loisirs, les voyages, l’évasion. Une étude menée en 2005 au Wisconsin démontre que les femmes qui prennent des vacances deux fois par année sont plus détendues et plus heureuses en couple que celles qui n’en prennent qu’une fois tous les deux ans. On s’en serait douté…

X pour Mettez un X sur…

… les gens toujours insatisfaits, qui vous font vous sentir coupable, qui vous jugent ou vous dénigrent. Si vous êtes triste ou angoissée, ne tentez pas de vous automédicamenter avec de l’alcool ou des drogues. Ces substances calmeraient temporairement vos symptômes, mais elles ajouteraient aussi un autre problème à ceux qui vous accablent déjà bien assez comme cela.

Y comme dans Y a-t-il quelqu’un pour m’écouter?

Les groupes de soutien nous permettent de rencontrer des gens qui vivent les mêmes problèmes que nous, de partager nos expériences et de trouver des solutions. En voici quelques-uns.

  • Phobies-Zéro propose de l’information et du soutien pour les gens qui souffrent de troubles obsessifs-compulsifs et de troubles anxieux ainsi qu’une ligne d’urgence pour les crises de panique : 514 276-3105
  • Revivre : Association québécoise de soutien aux anxieux, dépressifs et bipolaires. Ligne d’écoute et d’information. Montréal : 514 738-4873 ; partout au Canada : 1 866 738-4873à
  • Les Déprimés Anonymes : un service d’écoute téléphonique et de groupes d’entraide 514 278-2130
  • ALPABEM: Un service pour les familles qui ont un proche atteint de maladie mentale 450 688-0541 ou 1-888-688-0541

Z pour Zéro défaut

Vous voulez être séduisante, performante au travail, imaginative au lit tout en demeurant une mère formidable qui ne perd jamais patience ? Bonne chance ! « On peut toujours faire mieux, répond la psychologue Jocelyne Bounader. Mais l’obligation d’être parfaite en tout est un passeport pour le burnout. »

Selon la spécialiste, cette quête de la perfection cache souvent la peur de décevoir. Si la réussite passe uniquement par le regard des autres, on devient très vulnérable et on est constamment déçue de soi-même. « Pour que sa vie ait un sens, il faut se brancher sur ce qui est à l’intérieur de soi plutôt que d’essayer de se conformer à la pression extérieure, ajoute la psychologue. Et si on choisit d’être soi-même, on va un jour ou l’autre décevoir quelqu’un. C’est inévitable. »

sources:

Chantal Éthier

Publié dans Châtelaine de juillet 2006
© Les Éditions Rogers ltée

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