La java des bombes « d’Ahuntsic »

La java des bombes « d’Ahuntsic »

« Voilà des mois et des années, que j’essaye d’augmenter la portée de ma bombe. Et je n’me suis pas rendu compt’ Que la seul’ chos’ qui compt’ C’est l’endroit où s’qu’ell’ tombe » extrait de « La java des bombes atomiques » de Boris Vian.

 

Pendant que plusieurs s’inquiètent du sort de nos glorieux, du genou de Carey Price ou de la disparition de ses chiens, des parents ont dû, le weekend dernier, dénoncer leur propre fils à la police de Montréal, afin que sa détresse soit enfin entendue et prise au sérieux. Il aurait caché dans le garage familial une dizaine d’engins explosifs, un passe-temps original, même pour quelqu’un qui souffre de maladie mentale.

 

Heureusement pour le jeune Jordi Antunes-Barros, pour ses « ennemis » et pour sa famille, ses parents ont eu le courage de faire appel aux « nouveaux professionnels de la santé »… les policiers… le pire aura été encore une fois évité de justesse. Bravo à cette famille d’avoir été aussi vigilante. Elle a fait ce que beaucoup d’entre nous n’auraient pas fait: dénoncer son enfant…ouch!!!

 

Le système de santé mentale pointé du doigt

Encore une fois, notre système de santé mentale est pointé du doigt. Il semble être composé d’un peu trop de dirigeants à la « Ed Burkhardt », et pas assez de « Colette Roy-Laroche » mairesse de Lac-Mégantic.

 

Car tout comme la tragédie à Lac-Mégantic, il y a au Québec des centaines de milliers de Québécois, un peu à l’image des trains qui circulent sur nos voies ferrées, qui souffrent de problématiques de santé mentale et parmi eux, quelques petits trains porteurs de matières dangereuses. Attendons-nous « un malheureux accident du destin » détruisant la vie de plusieurs avant d’agir ?

 

Tant et aussi longtemps que les CSSS du Québec seront seuls à porter la fameuse « responsabilité populationnelle » , tel que prescrit par le Ministère de la Santé et des Services Sociaux, ils devront accepter d’être les premiers pointés du doigt.

 

Est-ce la faute d’une mauvaise interprétation de la loi P.038 par les médecins et les juges? Est-ce parce que les professionnels de la santé veulent à tout pris éviter les excès encore récents d’internements en asiles sans motif valable ? Par laxisme ? Une chose est claire, pendant ce temps, ce sont les personnes souffrant de maladie mentale et les familles qui les accompagnent qui souffrent de ces expériences « administrativo-légalo-médicales ».

 

 

Toujours le même problème

Plusieurs cas similaires se présentent chaque année et beaucoup de drames sont évités grâce, entre autres, à la diligence et au dévouement des intervenants qui œuvrent dans le réseau de la santé et grâce à des organismes de familles du Québec qui comme la mienne, interviennent directement auprès des familles d’une personne atteinte de maladie mentale.

 

 

D’autres drames sont évités de justesse, comme celui du jeune Antunes-Barros. Et d’autres se terminent tragiquement, comme le cas de M. Magloire, cet itinérant abattu par les policiers l’hiver dernier, ou encore celui du jeune Kimveer Gill lors de la tragédie au Collège Dawson en septembre 2006. Comme trame de fond, toujours la même histoire : des familles ont cogné à des portes, ont demandé de l’aide et, faute de réponses satisfaisantes, ont dû retourner à la maison en portant sur leurs épaules le poids d’un système de santé voleur d’espoir. Ces familles sont devenues des dispensateurs de services à la place de l’État et bientôt ce seront elles qui feront la file pour recevoir des services de santé mentale.

 

Trente-cinq ans se sont écoulés depuis la désinstitutionalisation, alors que l’on nous promettait des services de proximité (on sortait les « fous » des asiles pour mieux les soutenir, ainsi que leur famille, dans la communauté). Je crois que nous sommes dûs pour un post mortem.

 

Souhaitons que les nouveaux ténors de la santé ne soient pas des « Ed Burkhardt ». D’ici là, nous attendons toujours le prochain plan d’action en santé mentale et espérons que la détresse des familles sera reconnue à l’intérieur de celui-ci et que des orientations claires en découleront.

 

En attendant, est-ce que quelqu’un peut me rappeler c’est quoi donc le nom des chiens de Carey Price ? Laissez donc faire, je vais aller voir sur Twitter, il y a sûrement un rigolo qui a créé un compte à leur place.

 

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