La surprotection

La surprotection

 

Existe-t-il une différence entre protéger et surprotéger? Est-il possible que certaines de nos actions, bien qu’empreintes d’amour, de gentillesse et de bienveillance, freinent l’autonomie de celui que nous souhaitons aider? Afin de comprendre les conséquences de la surprotection, intéressons-nous à cette courte histoire…

 

 

Une histoire de surprotection : l’homme et le papillon

Il était une fois, un homme qui marchait en forêt prêt à capter la beauté de la nature avec sa nouvelle caméra. Après avoir prit quelques clichés d’oiseaux et de fleurs, il posa son regard sur un petit point blanc dans un arbre. Émerveillé, il s’aperçut que c’était un cocon. Un tout petit papillon se débattait à l’intérieur. Pendant un instant, il regarda l’insecte tenter de s’extirper de son enveloppe. Quand il crut enfin que le papillon arrivait à ses fins, il fut surpris de le voir abandonner. À bout de forces, le petit insecte semblait avoir tout donné.

 

L’homme voulant photographier le premier envol du papillon se voyait déçu et ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer. Tout à coup, il eut une idée. Afin de faciliter la tâche de l’insecte, il prit son canif et fit une petite incision dans le cocon. Impatient, il attendit que le papillon déploie enfin ses ailes, mais rien ne fut. Attristé, il vit plutôt le corps frêle de l’insecte. Incapable de supporter son poids, il lui était impossible de voler de ses propres ailes. L’homme comprit alors l’erreur qu’il venait de faire. Impuissant devant le sort du papillon, il retourna la mine basse chez lui.

 

 

Êtes-vous surprotecteur?

Vous êtes-vous reconnu dans cette histoire? Il est possible que vous soyez surprotecteur s’il vous arrive souvent de poser ce genre de gestes. Pourtant, malgré nos bonnes intentions, il arrive que nous empêchons la personne de tester son potentiel et ses capacités en tentant de faire les choses à sa place dans le but de lui faciliter la tâche. C’est ce que nous appelons la surprotection.

 

 

Manque de confiance

Cela part généralement d’une pensée teintée de manque de confiance en l’autre « S’il n’était pas capable… » Alors, nous nous laissons envahir par l’inquiétude « Qu’est-ce qu’il va lui arriver si… » Pour lui enlever un poids sur ses épaules, mais surtout pour nous rassurer, c’est plus fort que nous, nous finissons par faire les choses à la place de l’autre. Conséquemment, il peut interpréter que nous ne lui faisons pas confiance et peut même se sentir inapte et n’osera pas agir. Chaque parole ou action viennent renforcer l’opinion et les sentiments des deux parties.

 

 

Les répercussions de la surprotection

Les répercussions de la surprotection pour la personne aidée sont évidentes; des pensées négatives à son égard et une déresponsabilisation. Qu’en est-il pour l’aidant? Le fait de vouloir aider l’autre et de finir par faire les choses à sa place peut amener l’aidant à être perçu comme un agresseur.

 

Un aidant dans un rôle d’agresseur

L’aidant peut entendre des phrases telles que :

  • « Laisse-moi faire » ;
  • « Tu m’étouffes » ;
  • « Arrête de me dire quoi faire » ;
  • « Tu vois bien que tu veux plus que lui ».

 

 

Un aidant dans un rôle de victime

À l’inverse, l’aidant pourrait aussi devenir à son tour la victime en recevant ces propos :

  • « C’est de ta faute tout ce qui arrive » ;
  • « Je savais que je n’aurais pas dû me fier à toi »
  • « Si tu n’en avais pas fait autant pour lui, vous n’en seriez pas rendu là ».

 

Frustration, déception, tristesse, culpabilité, colère, impuissance, épuisement peuvent envahir l’aidant. Dans tous les cas, le contrecoup de l’aide devient aussi lourd à porter que les craintes initiales. Ainsi se perpétue la co-dépendance.

 

 

Le positif de changer

Tout changement dans notre façon de penser ou de faire les choses crée au départ un inconfort. Toutefois, à la longue, les deux parties peuvent ressentir les bienfaits de changer. En respectant le rythme et les choix de notre proche, ce dernier peut développer son autonomie, son sens des responsabilités, son sentiment de compétence ainsi que sa confiance et son estime personnelle. En nous abstenant d’agir à la place de l’autre ou en évitant de lui donner des conseils, nous brisons alors le cycle de la co-dépendance.

 

 

Comment aider sans surprotéger?

Il est possible d’apprendre à aider sans surprotéger. Simplement en étant présent, en l’encourageant, en l’aidant à rester motivé et en le soutenant. L’information est très importante et pertinente, mais elle n’est rien comparativement à l’expérience. Il est donc nécessaire d’accepter que notre proche fasse « des mauvais choix », afin qu’il puisse en tirer lui-même ses conclusions et puisse ainsi en tirer une leçon. Rappelons-nous que nos attentes ne sont pas nécessairement les leurs, d’où l’importance d’accepter nos différences.

 

La morale de l’histoire

Faire confiance reste la plus belle façon dont nous pouvons appuyer les autres. Chacun pourra reprendre du pouvoir sur sa propre vie, retrouver un sentiment de sécurité réciproque et qui sait un soupçon d’espoir pourra renaître. Après tout, nul ne se connait mieux que soi-même…

 

 

Références :

Formation ARSA – Apprendre à se rapprocher sans agressivité, ALPABEM

 

 

Article rédigé par Audrey Fortin

 

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