La violence conjugale

La violence conjugale

La violence est omniprésente dans notre quotidien et nous en sommes tous plus ou moins témoins. Nous voyons des enfants se bousculer dans la cour d’école, des automobilistes qui klaxonnent parce que la voiture en avant ne tourne pas sur le feu rouge, les images de la guerre aux nouvelles de 18 h et encore beaucoup d’autres exemples. Cependant, il y a certaines formes de violence qui sont plus insidieuses et cachées. La violence conjugale fait partie de ces formes de violence et elle s’exprime de plusieurs façons : violence physique, verbale, sexuelle, psychologique et économique.

Dans tous les cas de violence, l’agresseur est responsable de ses actes, bien qu’il invoque souvent des excuses (alcool, mauvaise journée, etc.). Cet agresseur a une impression de toute puissance sur la victime et c’est ce pouvoir qu’il recherche par la violence. En 2007, au Québec, 17 343 actes de violence conjugale ont été signalés et de ceux-ci, 83 % des victimes étaient des femmes.

Quelles sont les causes de la violence conjugale?

La violence conjugale a de solides racines sociales et historiques. C’est la manifestation de rapports de force historiquement inégaux entre les hommes et les femmes. La violence est une construction sociale puisque la société et ses composantes véhiculent des valeurs qui favorisent son émergence. Cependant, bien que la violence soit une construction sociale, elle est choisie et vécue individuellement.

Comme nous l’avons vu, la violence conjugale naît du désir de contrôler une personne qu’on refuse de voir comme son égale. De plus, l’alcool, la drogue et le stress peuvent favoriser l’expression de la violence, mais ce ne sont en rien des causes de la violence. Il n’existe pas de substances ou de situations stressantes qui possèdent le pouvoir de rendre quelqu’un violent contre sa volonté. Certains évènements servent de « prétextes » invoqués par l’agresseur pour justifier la violence, par exemple : le repas qui n’est pas prêt à temps, le petit qui pleure ou un quelconque refus. Ces prétextes ne sont cependant pas la cause de la violence, la cause est plutôt la quête de pouvoir et de contrôle.

Comment se fait-il que nous en soyons encore là?

C’est d’abord et avant tout le manque d’information qui maintient la victime dans ce cercle infernal qu’est la violence conjugale. La personne a l’impression qu’elle ne peut s’en sortir ou que la situation changera éventuellement si elle redouble d’efforts. Dans certains cas, c’est la croyance dans le mariage qui maintient cette dynamique en vie; mariés pour le meilleur et pour le pire. Il est donc primordial d’informer les gens sur cette problématique; autant les victimes, les agresseurs, que le reste de la population qui est amenée à être témoin de ces actes criminels pouvant parfois mener à la mort.

La violence continue de se reproduire, entre autres, par l’entremise de la société et d’idéologies sexistes. Dans bien des cultures et des sociétés, les garçons apprennent à être forts, solides, autonomes, compétitifs, etc. Quant à elles, les filles apprennent à prendre soin des autres, à être à l’écoute, à se dévouer, à se sentir responsables du bonheur d’autrui, à être compréhensives, à donner sans rien demander en retour, etc. Cette vision des sexes contribue à rendre les femmes plus vulnérables à la violence. Les chiffres mentionnés précédemment parlent d’eux-mêmes. Il ne suffit pas simplement d’informer sur la violence mais aussi sur ses causes et, par le fait même, de tenter de les réduire autant que possible.

Comment contrer la violence conjugale?

Il existe plusieurs moyens de contrer la violence conjugale. Cependant, tous ces moyens doivent être utilisés de manière conjointe et efficace. Certains diront que les peines ou les sanctions pour les agresseurs ne sont pas assez sévères. Sachez que de punir l’agresseur ne suffit pas. En Espagne, en 2004, un programme de peines plus sévères a été mis sur pied avec différents tribunaux spécialisés qui suivent la réinsertion de l’agresseur. Depuis l’instauration de cette mesure, les décès suite à la violence conjugale ont légèrement diminué les deux premières années pour revenir aux mêmes statistiques en 2007 et 2008.

Ce que les études révèlent c’est l’importance d’informer et de sensibiliser la population générale. Dans une grande majorité des cas, la violence est signalée par la victime elle-même. Pour les autres cas, encore trop peu de gens prennent l’initiative de dénoncer pour la victime. La famille immédiate fait partie des moyens de diminuer la violence conjugale. En fait, pour une victime de violence, le fait de savoir qu’elle peut compter en tout temps sur un membre de sa famille sans être jugée est réconfortant. Il est impératif que la victime se sente accueillie dans ce qu’elle vit et qu’elle ait confiance en la personne chez qui elle se réfugie.

Le cycle de la violence conjugale

En terminant, il est important de se souvenir que la violence est un acte de domination, de recherche de pouvoir et de contrôle sur l’autre. Le cycle de la violence peut tourner plusieurs fois avant que la victime tente de sortir de la situation une première fois. Il est possible que la victime retourne aussi dans un milieu violent et c’est à ce moment qu’elle aura le plus besoin du support et du non jugement de sa famille.

Je vous invite à faire un petit quizz vous permettant de valider vos connaissances sur la violence conjugale.

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