Le stress de l’immigration

Le stress de l’immigration

Note de l’auteur : Il est important de noter que cet article n’a aucune valeur scientifique. Il ne s’agit pas de dire quel groupe ethnique est susceptible de développer plus de problèmes de santé mentale qu’un autre. Ce que j’avance ici est ma propre opinion basée en partie sur mon vécu d’immigrant.

 

Existe-t-il un lien entre immigration, stress et santé mentale?

Il n’est pas clair qu’il en existe un. Par contre, nous pouvons affirmer que le fait d’immigrer est stressant en soi. Et le stress, difficilement géré, peut avoir un effet sur l’apparition de troubles de santé mentale, ou à tout le moins influencer celle-ci.

 

De plus, une fois immigré et une fois le parcours éprouvant vers un nouveau pays terminé, il est clair que les immigrants ont plus de risques de vivre une certaine discrimination, surtout s’ils appartiennent à un groupe minoritaire spécifique, et par le fait même, ils pourront avoir beaucoup plus de difficulté à s’intégrer à la société d’accueil. Le parcours, autant que l’acclimatation à de nouvelles conditions de vie, peut générer du stress. À ce moment, oui, nous touchons certains facteurs qui ont une influence sur la santé mentale d’un immigrant.

 

Immigration et anxiété

Le parcours migratoire en soi peut s’avérer anxiogène. Immigrer peut être considéré comme un défi puisqu’on est obligé de s’adapter à une nouvelle culture, à une nouvelle réalité. Mais cela peut faire peur aussi et amener son lot d’épreuves et d’imprévus. Traverser un ou deux pays sans papiers, sans le sou, sans connaitre la langue, s’exposant à de nombreux dangers et au péril de sa vie est-il assez anxiogène à votre goût? Il y a des parcours migratoires qui sont une épreuve à la santé mentale. Il y en a d’autres qui le sont moins. Traverser une mer infestée de requins dans un radeau improvisé c’est en soi un exploit! Toute une épreuve pour les nerfs, en tout cas!

 

Immigration et stress post-traumatique

Les gens qui quittent leur pays à cause d’une situation économique précaire ont un parcours différent de ceux qui quittent leur pays pour des motifs politiques (guerre civile ou autre). Mais une chose reste certaine, tous deux vivent leur lot de stress. Ceux qui ont vécu la guerre civile dans leur pays ou qui ont été témoins d’évènements traumatisants ont dans leur bagage un surplus de stress comparé aux autres (Syndrome de Stress Post Traumatique). À tous ces stress-là, s’ajoute le stress de l’acclimatation : apprendre une nouvelle langue, trouver un logis, trouver un nouvel emploi (car souvent on n’exerce pas le même métier qu’on pratiquait dans son pays d’origine)… Mais je ne ferai pas ici la liste exhaustive des malheurs d’un immigrant. Je veux plutôt m’attarder à l’impact que cela peut avoir sur les nouveaux arrivants.

 

Les exemples que je viens d’énumérer correspondent à des gens qui n’ont presque pas le choix de quitter leur pays d’origine s’ils veulent survivre. À noter que ce n’est pas le lot de tous les immigrants car il arrive souvent aussi que de gens fortunés et moins fortunés (hommes d’affaires, travailleurs spécialisés, étudiants, etc.) décident d’immigrer pour essayer de s’implanter ailleurs tout simplement.

 

Intégration ou faire son deuil

Tous ces parcours présentent leur lot de stress car dans tout parcours migratoire il y a la notion du deuil, de tout ce qu’on laisse derrière (famille, amis, culture, etc.). Il y a des gens qui n’arrivent jamais à faire ce deuil. Ces gens-là retournent chez eux presqu’à chaque année, où ils passent autant de temps qu’ici. Ils n’adoptent la langue du pays d’accueil qu’à moitié et dans certains cas, pas du tout. D’autres par contre ne présenteront aucune difficulté à faire ce deuil et à se fondre complètement dans la société d’accueil. On pourrait dire qu’ils coupent complètement le cordon ombilical.

 

Maladie mentale causée par le stress ou la génétique ?

Je me demande s’il est possible de développer un trouble de santé mentale même si nous n’avons pas une certaine prédisposition biologique ou génétique. Selon moi et selon mon expérience, il est possible de développer un trouble sans avoir de prédisposition, surtout si nous gérons notre stress à l’aide de la consommation de drogues ou d’alcool. Je ne veux pas dire par là que nous sommes sauvés si nous avons des moyens adéquats pour faire face au stress. Il se peut que même en ayant de bonnes habitudes de vie, nous ne soyons pas exempts de vivre un trouble de santé mentale.

« La dépression menace dix personnes sur dix » comme dit la pub.

 

Que l’on soit chinois, blanc, bleu, rouge ou peu importe la couleur de notre peau, la maladie mentale nous guette. La maladie mentale frappe, peu importe l’origine ethnique. La maladie mentale ne fait pas de discrimination.

 

Être immigrant ce n’est pas très « jojo ». L’immigrant est assis entre deux chaises. D’un côté, il ne fait plus partie du pays qu’il a laissé derrière, de l’autre, il ne fait pas partie non plus de sa nouvelle communauté.

 

On peut sentir faire partie à 100 % de notre nouvelle société. Par contre, nous savons que ce n’est pas tout à fait le cas. Surtout si on nous pose continuellement la question qui tue : « T’es originaire de quel pays, toi? » ou « Tu es ici depuis combien de temps? »

 

Ça, ça me rend fou!

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