Le tabac et ses impacts sur le cerveau

Le tabac et ses impacts sur le cerveau

Peut importe son nom: cigarette, cibiche, clope mégot, sèche ou tige, il est bien connu que le tabac et la fumée secondaire ont des effets néfastes sur la santé. Quels sont ces effets exactement, jusqu’à quel point est-ce nuisible de fumer, comment notre cerveau réagit-il à la nicotine et pourquoi devient-on dépendant? Voilà plusieurs questions auxquelles je vais tenter de répondre. 

Les effets de la cigarette sur le corps humain

Tout d’abord, voici un aperçu des divers effets de la cigarette sur le corps humain : perte de la fonction respiratoire, secrétions bronchiques, accentuation de la sensibilité des poumons à d’autres polluants, brûlures chroniques aux lèvres et à la langue, destruction des papilles gustatives, diminution des défenses contre les infections microbiennes, toux d’irritation chronique et lésions pré-cancéreuses et cancéreuses du larynx. De plus, le tabac accélère le rythme cardiaque et augmente la pression artérielle systémique.

Combien y-a t’il de produits chimiques et toxiques dans la cigarette ?

La cigarette et sa fumée contiennent près de 4000 produits chimiques et toxiques. Un certain nombre de substances présentes ou produites secondairement par la combustion du tabac arrive à traverser la membrane qui sépare le sang et le liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne le cerveau. À court terme, cela provoque une certaine excitation du cerveau et parfois des céphalées.

En plus, dû aux différents agents chimiques, le cerveau coupe partiellement l’appétit et c’est pourquoi les gens prennent parfois du poids lorsqu’ils cessent de fumer : l’appétit redevient normal et la tendance à manger est plus présente. À long terme, ce sont les artères du cerveau qui, progressivement, s’altèrent et s’obstruent. Ces altérations sont sources d’accidents vasculaires cérébraux qui se caractérisent généralement par des troubles de conscience, de la parole, des sens et par des vertiges ou des paralysies diverses. C’est donc l’ensemble du corps qui est attaqué par les produits et dérivés de la cigarette.

Les effets du tabac sur le cerveau

Voyons maintenant comment le cerveau réagit à la nicotine. Est-ce ette dernière qui cause la dépendance? Par son action sur le système nerveux et les changements chimiques et biologiques qu’elle provoque dans le cerveau, la nicotine est la principale responsable de la dépendance au tabac. Elle est aussi en tête de liste au niveau des effets désagréables. Malheureusement, le corps s’y habitue très vite et ces désagréments disparaissent rapidement, pour laisser place à une dépendance au moins aussi forte que la dépendance à l’héroïne. Si nous entrons dans la partie plus scientifique et neurobiologique, voici comment la nicotine agit sur le fonctionnement du cerveau.

La nicotine cette petite coquine

La nicotine imite l’action de l’acétylcholine et se fixe sur un type particulier de ses récepteurs appelé récepteur nicotinique. C’est un peu comme un système de clés, la nicotine est une clé très semblable à l’acétylcholine alors elle peut enter dans la serrure, bloquer l’accès et déclencher une réaction. En se fixant sur le récepteur, la nicotine déclenche une réaction qui n’aurait probablement pas lieu s’il n’y avait pas consommation de cigarette.

C’est cet état de désensibilisation qui sera artificiellement allongé par l’exposition continue à la nicotine. La dépendance au tabac, qui se développe très rapidement, vient du fait que les récepteurs nicotiniques sont présents dans des aires très « occupées » du cerveau. Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs augmentent donc la libération de dopamine dans certaines parties du cerveau (noyau accubens). Lorsque le fumeur est privé de nicotine (ex : nuit), les récepteurs retrouvent leur sensibilité normale et le fumeur ressent une agitation et un inconfort qui le poussent à fumer; il s’agit en fait des signes du syndrome de manque. Si vous désirez visualiser ce processus, consultez le lien suivant : LES NEUROTRANSMETTEURS AFFECTÉS PAR LES DROGUES

Tabac et maladie mentale

Vous avez sans doute déjà remarqué que la consommation de cigarette est plus élevée chez les personnes atteintes d’une maladie mentale.

D’ailleurs, près de 80 % des personnes souffrant de schizophrénie fument.

Le paragraphe précédent explique bien cette grande consommation. La dopamine joue très souvent un rôle dans les troubles mentaux et son augmentation est liée, entre autres, à la présence de nicotine. Le bien-être temporaire que procure la nicotine est suffisant pour créer une sorte de double dépendance chez les personnes atteintes. Il y a la dépendance physique, comme pour les fumeurs réguliers, et cette dépendance est davantage liée à la surabondance de dopamine.

La cigarette devient donc un calmant particulièrement efficace pour eux. Par contre, si on retire la cigarette, les signes de manque risquent d’être plus évidents et plus présents et c’est pourquoi l’arrêt est plus difficile.

Les effets de la fumée secondaire

La fumée secondaire, c’est l’addition de la fumée qui se dégage de la cigarette qui se consume et de celle exhalée par le fumeur. Parmi les toxines qu’elle contient, 50 sont reconnues comme étant cancérigènes et elles sont plus concentrées dans la fumée secondaire que dans la fumée respirée par les fumeurs. La fumée secondaire contient près de 3 fois plus de goudron, 5 fois plus de monoxyde de carbone, 6 fois plus de nicotine et 40 fois plus d’ammoniac. Les non-fumeurs travaillant dans un environnement saturé en fumée inhalent les mêmes substances toxiques que les fumeurs.

Au Québec, environ 30 % des enfants de 0 à 17 ans sont exposés fréquemment à la fumée secondaire dans la maison.

Les enfants, dû à leur métabolisme plus élevé, peuvent absorber une quantité supérieure de fumée que les adultes. Les nourrissons et les enfants exposés à la fumée secondaire sont plus susceptibles de souffrir d’une maladie respiratoire chronique, d’une insuffisance de la fonction pulmonaire, d’infections de l’oreille moyenne et d’allergies alimentaires. Ils peuvent même être victimes du syndrome de mort subite du nourrisson.

Saviez-vous que…?

  • Une personne qui fume un paquet de cigarettes par jour absorbe l’équivalent d’une tasse de goudron par an.
  • Le tabac est responsable d’une diminution des performances sexuelles.
  • Le tabac est responsable d’une diminution de la fécondité chez la femme.
  • La peau des femmes fumeuses est sèche, terne et son teint est brouillé. La peau perd de sa souplesse et présente donc un vieillissement prématuré.

Sources :

http://www.tastout.ulg.ac.be/pages/comm18.htm
http://neurobranches.chez-alice.fr/flash/tabcaf.html
http://www.cqts.qc.ca/fumee-secondaire/index.html

2 thoughts on “Le tabac et ses impacts sur le cerveau

  1. magali haddad - 19 novembre 2017 dans 10 h 20 min

    vous pouvez elaborer les effets psychologiques postitifs chez les fumeurs

    Répondre
  2. Suicide prayer - 9 mai 2018 dans 7 h 41 min

    Je me suis posé ce matin, après les courses, donc à peu près réveillé: je tente un cigarillo à la vanille avec filtre, ( j’essye d’arrêter, clopes dans la poubelle) et au bout de 3 lattes mon cerveau pète un câble: je rumine, le passé ressurgit, je traite tout le monde de fdp en pensées, paranoïa…). Je comprend mieux pourquoi je deviens schyzo, dès que je me penche sur la question: est ce que la clope dérègle mon cerveau?

    En espérant que ce témoignage en aidera certains .

    Répondre

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