Luminothérapie: la lumière qui fait du bien

Luminothérapie: la lumière qui fait du bien

Près de la moitié de la population ressentira, dès que les jours raccourcirons et que les rayons du soleil se feront plus discrets, une baisse d’énergie. Cette baisse d’énergie et de motivation est normale dans la majeure partie des cas. Mais elle peut être, et c’est le cas pour environ 600 000 Canadiens, un véritable calvaire.

Le trouble affectif saisonnier

En effet, dès le début du mois d’octobre, ceux et celles qui souffrent du trouble affectif saisonnier verront les symptômes associés à leur mal faire leur apparition. Diminution dramatique d’énergie, besoin excessif de sommeil, prise de poids, augmentation des envies de sucre, tristesse et même idéations suicidaires caractérisent ce problème aussi appelé dépression saisonnière.

« Au Canada, près de 3 % de la population serait affectée par la dépression saisonnière, tandis que 18 % vivrait une « déprime hivernale » caractérisée par des symptômes dérangeants mais moins invalidants que ceux de la dépression saisonnière »

(Levitt AJ, Boyle MH et Kasper S, Wehr TA et al.).

Il y aurait plus de 150 000 Québécois qui vivraient chaque année ce véritable mal-être. Difficile à diagnostiquer et ayant une origine encore inconnue, ce trouble affecterait un plus grand nombre de femmes que d’hommes. Et les symptômes pourraient même, dans certains cas, nuire au fonctionnement général de la personne, empêchant parfois le travail.

Qu’est ce que la luminothérapie ?

Mais la bonne nouvelle est que ce trouble a bénéficié de nombreuses recherches dans les dernières années et qu’un traitement bien documenté scientifiquement est de mieux en mieux connu : la luminothérapie. Aussi appelée photothérapie, le traitement consiste en l’exposition quotidienne des yeux à une lumière blanche intense, sans infrarouges et sans ultraviolets.

Selon les études, la base du trouble affectif saisonnier serait hormonale et mettrait en jeu la mélatonine, la dopamine et la sérotonine. Resterait à identifier clairement à quel niveau chacune de ces hormones est impliquée. Ce qui ressort des études est que l’exposition à la lumière stimulerait la rétine qui enverrait alors un signal nerveux bloquant la sécrétion de mélatonine (hormone du sommeil) et influencerait l’horloge biologique tout en augmentant le taux de sérotonine (hormone du bonheur).

L’exposition à la lumière blanche diminuerait donc la sécrétion de la mélatonine (sommeil), permettant ainsi un réveil amélioré et une meilleure vigilance. En régularisant l’horloge biologique, l’exposition à la lumière permettrait également une meilleure forme.

Et finalement, la lumière stimulerait la sécrétion de la sérotonine, hormone impliquée dans la régulation de l’humeur, de l’appétit et du sommeil et ayant un effet antidépresseur.

La luminothérapie un bon traitement ?

Les études portant sur l’utilisation de la luminothérapie pour traiter ce trouble seraient concluantes et on noterait une amélioration de la condition des patients dans près de 80 % des cas (Enjeux, 27 janvier 2004). On noterait également des applications à la luminothérapie dans le traitement de certains autres troubles.

La photothérapie pourrait en effet être efficace dans les cas de décalage horaire, de travail de nuit, de troubles du sommeil et de fatigue chronique. On avance même la possibilité d’effets bénéfiques de la luminothérapie dans le traitement du syndrome prémenstruel, de la dépression post-partum et des troubles de l’alimentation (boulimie et anorexie). Mais les études quant aux effets bénéfiques de luminothérapie sur ces troubles ne sont pas encore assez nombreuses pour affirmer, comme c’est le cas dans le traitement de la dépression saisonnière, qu’elle est une thérapie concluante. Cela reste une avenue de traitement possible à considérer.

Effets secondaires de la luminothérapie

Par ailleurs, bien que la luminothérapie n’ait pas d’effets secondaires majeurs (mis à part la possibilité de maux de tête et de troubles du sommeil en début de traitement) connus, il faut savoir que la photothérapie est contre-indiquée dans les cas de trouble bipolaire car elle pourrait provoquer une phase maniaque. De plus, elle n’est pas indiquée chez les personnes traitées aux sels de lithium ou présentant des problèmes oculaires (glaucome, cataracte, maladie de l’œil, etc.).

Alors si vous sentez déjà, à l’approche de l’automne, que la baisse d’énergie se fait sentir dès que le soleil devient moins présent et que ce trouble semble vous affecter à chaque année depuis un moment, n’hésitez pas à consulter votre médecin dès aujourd’hui afin d’évaluer si la luminothérapie pourrait vous être utile. Mais sachez également que dès que le froid s’installe et que le soleil diminue ses apparitions, plusieurs d’entre nous ressentirons les effets de ce changement. Pensez donc à sortir profiter de l’automne pendant que les couleurs abondent et prévoyez des activités agréables et qui vous remonteront le moral pour l’hiver qui s’en vient.

Pour plus d’informations, consultez :

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