TPL : Comment aider en contexte de pandémie

TPL : Comment aider en contexte de pandémie

Quel phénomène nous vivons depuis quelques mois avec la pandémie! Subitement, nous avons perdu nos repères. Et pour reprendre l’expression, « nous improvisons en chute libre ».

Composer avec l’instabilité, vous qui côtoyez quelqu’un atteint d’un trouble de personnalité limite (TPL), vous savez de quoi il s’agit. Vous aussi, vous improvisez en chute libre. Et vous aimeriez bien vous sentir mieux préparés et outillés pour faire face aux crises. Alors, comment aider une personne atteinte d’un TPL sans lui nuire ou y laisser votre peau? Responsabiliser ou aider en temps de pandémie? Voici quelques repères auxquels vous accrocher.

La dynamique du TPL

Pour adapter l’aide que vous offrez à votre proche atteint d’un TPL, il est essentiel de comprendre la dynamique dans laquelle il vous entraîne. Celui qui souffre de ce trouble est souvent décrit comme étant impulsif, intense et colérique. Les caractéristiques du TPL donnent l’impression qu’ils sont incapables d’accomplir certaines choses, de réaliser des projets ou d’atteindre des buts. Alors, en toute bonne foi, vous avez tendance à faire les choses à leur place. C’est une erreur! En effet, à long terme, il s’installe une dynamique de déresponsabilisation.

La responsabilisation

Lorsque cette dynamique est bien ancrée, votre proche atteint compte sur vous pour exécuter les choses à sa place, puisque vous signalez toujours présent pour venir à sa rescousse. La clé, pour changer cette dynamique et, éventuellement éviter d’y laisser votre peau, est la responsabilisation. Celle-ci vise à lâcher prise et laisser l’autre veiller à ses propres besoins pour ainsi le laisser assumer les conséquences de ses choix.

Continuum d’aide

Laisser la personne atteinte se responsabiliser et lui offrir notre aide au besoin, est-ce possible? Absolument! Tout est une question de dosage. Voici une image pour vous aider à comprendre les subtilités. Si vous attachez toujours les souliers de votre enfant à sa place, il n’apprendra jamais à le faire lui-même. Si vous demandez à votre enfant, qui ne l’a jamais appris, d’attacher ses souliers, il y a fort à parier qu’il n’y arrivera pas. Ainsi, pour qu’il puisse apprendre à le faire, vous devez lui enseigner et ensuite le laisser s’exercer par lui-même. Un peu comme l’adage qui dit que, pour nourrir un homme, il vaut mieux lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Voilà tout le principe de l’aide dans un contexte de responsabilisation.

Aide chronique vs aide ponctuelle

Si votre proche atteint sollicite votre aide de manière chronique, il vaut mieux prôner la responsabilisation. Sur le coup, il risque de réagir négativement afin de vous faire céder et de vous ramener dans la dynamique qu’il connaît. Alors, voyez vos efforts comme un investissement rentable à long terme.

Cependant, si la demande d’aide s’avère ponctuelle, par exemple : maladie, deuil, séparation, etc. TPL ou non, tout le monde a besoin de soutien dans ces moments difficiles. L’important, si vous voulez tendre vers la responsabilisation de votre proche, est de vous assurer que l’aide que vous offrez soit ponctuelle et qu’elle ne devienne pas chronique. Aider en contribuant lors d’un déménagement est une chose; orchestrer un troisième déménagement surprise en 1 an est une autre chose!

7 ingrédients d’une aide adaptée

Côtoyer quelqu’un atteint de TPL et adapter son aide consiste à opter pour une attitude reposant sur 7 ingrédients de base. D’abord, entretenir un contact d’adulte à adulte, préconiser la responsabilisation et communiquer avec respect. Voilà la façon appropriée d’aborder l’autre lorsque vous êtes en relation avec lui ou que vous souhaitez lui offrir votre aide. Ensuite, faire preuve de prévisibilité, de stabilité, de cohérence et de validation renvoie une image sécurisante pour la personne qui est en relation avec vous.

Zone de confort

Prêcher la responsabilisation implique d’oser mettre en place des limites, ce qui peut éveiller un sentiment d’inconfort et de culpabilité. Si la limite que vous mettez en place vous fait vivre trop d’inconfort, vous risquez de flancher. Et puisqu’il est primordial d’être cohérent et d’appliquer ce que vous dites, il vaut mieux choisir des limites avec lesquelles vous vous sentez confortable. Du moins, des limites qui vous font vivre un inconfort tolérable.

D’autres ressources d’aide

Rappelez-vous que vous n’êtes pas la seule personne à être en mesure d’aider votre proche atteint de TPL. Vous n’avez pas à vous attribuer l’entière responsabilité, surtout si vous souhaitez l’amener à se responsabiliser. Encouragez-le plutôt à solliciter son réseau social et à se faire confiance. Aussi, vous pouvez le diriger vers les ressources d’aide communautaires telles que les lignes téléphoniques 811 option 2, et le 211, les banques alimentaires, etc.  

Pour conclure, aider quelqu’un qui souffre d’un TPL en temps de pandémie n’est pas bien différent d’avant. Surtout si les demandes de la personne atteinte s’avèrent répétitives. Afin de briser la dynamique de prise en charge qui s’installe avec le TPL, l’important demeure toujours de tendre vers la responsabilisation et d’adopter les 7 ingrédients de base pour offrir une aide adaptée. Aussi, puisque « ce qu’on dit, on le fait », il est essentiel d’instaurer des limites qui respectent votre zone de confort. Donc, lorsque votre proche atteint vivra une situation particulière ponctuelle, vous pourrez vous permettre d’être plus entreprenant dans votre façon de l’aider et ce, sans culpabilité!

Référence :

“Aimer et aider quelqu’un qui souffre d’un trouble de la personnalité limite: un défi de taille, un objectif réalisable!” Programme offert par l’ALPABEM, matériel monté par Hélène Busque, psychologue consultante, et adapté par Marie-Ève Landreville, intervenante de l’ALPABEM

Article rédigé par Annik Lefebvre

Leave a Reply

0 Partages
Partagez
Tweetez
Enregistrer
Partagez