Les autosaboteurs : l’art de se nuire

Les autosaboteurs : l’art de se nuire

Dans le livre  « À qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même? » de Jacques Salomé, les autosaboteurs qui nous sont le plus nuisibles sont explorés. Ainsi, tout humain utilise des mécanismes afin de se protéger et de se soulager émotionnellement. Les mécanismes d’autosabotage sont utilisés par tous afin de traverser les différentes épreuves de la vie. Avant de présenter les autosaboteurs les plus communs, penchons-nous à comprendre ce qu’ils représentent.

 

 

 

La fonction de l’autosaboteur

D’emblée, M. Salomé soutient que les autosaboteurs ont pour fonction de nous protéger et diminuer l’anxiété. Puisqu’ils nous amènent à agir à l’inverse de nos réelles attentes, les autosaboteurs se réjouissent lorsque nous n’arrivons pas à ressentir le bonheur, à ne pas nous affirmer clairement, ni à nous autoriser à vivre pleinement. D’ailleurs, le terme autosaboteur prend racine dans le mot auto signifiant « de lui-même » et du verbe saboter signifiant « heurter, secouer, ébranler, gâcher le travail ».

 

 

 

7 autosaboteurs communs

 

1- Détenir la solution avant même d’avoir compris le problème

Un problème, une solution : telle est la devise des personnes ayant cet autosaboteur. Sans hésitation, ces personnes trouvent des solutions à tout, bien que parfois, non-sollicité ou non-adaptées à la situation. Le sabotage survient de la prise en charge d’une solution à un problème qui n’existe pas ou qui n’est pas le sien. D’ailleurs, certains s’entêtent à trouver des réponses et des solutions à une situation comportant encore plusieurs zones grises ou non explorées.

 

 

2- Prendre sur soi de résoudre un problème qui appartient à un autre

Prendre contrôle sur une situation qui ne nous appartient pas s’avère vitalisant, bien qu’énergivore. Étant intrusif pour l’autre, cet autosaboteur permet de se sentir vivant puisque nous avons l’impression de vivre plus d’une vie à la fois. En se centrant sur l’autre, que fait-on de nous-mêmes?

 

 

3- S’approprier le malheur d’autrui

Cet autosaboteur permet à la personne concernée d’éviter de prendre soin d’elle-même et de ses propres enjeux. Ce n’est pas de la compassion, mais bien un désir de prendre la souffrance de l’autre afin de rendre sa propre existence plus dynamique. Ayant maintenant un problème à régler, la personne se centre sur cela plutôt que de tolérer sa propre existence « ordinaire ».

 

 

4- S’approprier la réalité, vouloir la remodeler en fonction de ses attentes

Celui-ci se nourrit d’anticipations, d’attentes… et de déceptions. La réalité étant rarement calibrée avec nos attentes, ces projections, souvent en lien avec une autre personne, sont en décalage, causant une succession de défaites ou déceptions amères. Ce pernicieux autosaboteur risque de nous amener à déposséder l’autre de sa réalité, et par conséquent, d’une partie de son existence. Semblant stimulantes, ces conduites se révèlent lourdes, contraignantes et difficiles à supporter à long terme.

 

 

5- Je ne peux être bien quand je sens que l’autre n’est pas bien

La culpabilité est le moteur de cet autosaboteur, puisqu’il induit la pensée qu’il y a un prix à payer pour être heureux, puisque certaines personnes ne pourraient tolérer notre bien-être. Autrement dit, il s’assure de vous maintenir dans une fusion avec les émotions et le ressenti de l’autre, vous empêchant ainsi de vous centrer sur vous et vos profonds désirs.

 

 

6- Faire une fixation sur ce qu’on n’a pas

Cet autosaboteur n’a pas de fin, puisqu’il est axé sur les manques et les pertes. L’appréciation du moment présent n’est pas possible, puisque polluée par ce qui manque, ce qui a été, ce qui pourrait être ou ce qui aurait dû être. Conséquemment, cet autosaboteur nourrit l’impuissance liée à l’incapacité d’apprécier ce qui est et peut ainsi déclencher d’autres autosaboteurs.

 

 

7- Je préfère me sacrifier plutôt que d’affronter un conflit

Cet autosaboteur est nourrit du désir de plaire, d’acheter la paix, d’esquiver une chicane, d’éviter l’affirmation de soi, et ce, au détriment d’une paix intérieure. Réconfortant en apparence, il est le berceau de la frustration, du dépassement de ses limites et de l’oubli de soi. En affichant une image de soi tolérante, bienveillante et pieuse, cet autosaboteur nous place dans des situations intolérables. Cette attitude est difficile à contrer, puisque s’en suit une impression d’être une mauvaise personne en exprimant le souhait d’être respecté.

 

 

 

Contrer les autosaboteurs

La prise de conscience est nécessaire afin de contrer les autosaboteurs et ainsi de se soulager de leurs méfaits. Toutefois, cette prise de conscience n’est que la première étape du processus du rétablissement. Les autres étapes seront de les remettre en question et de les désamorcer. Ce cheminement requiert du courage, de la patience, de l’affirmation et de l’amour de soi. Si vous êtes enthousiaste à l’idée d’affronter vos autosaboteurs, faites la lecture de ce livre à la fois, drôle, touchant, confrontant et rassurant. Et puis? Avez-vous décelé les vôtres?

 

 

 

Référence :
Salomé, Jacques (2008). À qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même? Comment renoncer à nos autosaboteurs. Les Éditions de l’Homme. 217 p

 

 

Article rédigé par Stéfanny Trudeau

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