La réalité des proches aidants

La réalité des proches aidants

C’est peu dire, la maladie mentale c’est du sport ! Plusieurs proches aidants parlent d’une épreuve pour illustrer leurs réalités et leurs défis quotidien avec leur proche atteint de maladie mentale. En effet, cette analogie illustre bien leurs cheminements. Pour certains, ce parcours ressemble à un sprint intense. Pour d’autres, c’est un marathon ou une course à obstacles.

 

 

Le défi des proches aidants

On a l’impression que la maladie mentale prend de plus en plus d’ampleur. La maladie mentale ne fait pas de distinction, car elle touche toutes les couches de la société. Il n’est donc pas surprenant de constater que de plus en plus de gens sont touchés.

Il faut souligner que les proches aidants n’ont pas cherché à relever un tel défi, soit d’accompagner et soutenir un de leur proche qui souffre d’un trouble de santé mentale. C’est plutôt parce qu’ils n’ont pas eu le choix. Ils ont été catapultés sans leur consentement. On peut se mettre au sport par défi, sur recommandation d’un médecin ou tout simplement pour être en santé. Mais lorsque la maladie mentale survient dans la famille, le choix n’en est pas. Outre les parents ou le proche aidant, s’ils ne prennent pas le défi, qui le fera ?

 

 

Affronter un obstacle inattendu

Les proches aidants doivent donc se préparer à affronter un tel défi sans savoir exactement quelles difficultés peuvent survenir. Et une chose est sûre, cette discipline requiert de travailler physiquement et mentalement.

 

Poursuivons avec l’analogie de la course à pied. Nous pouvons nous y lancer sans aucune préparation, et c’est souvent ce que nous faisons. Mais rapidement, nous nous rendons compte qu’il y a un prix à payer pour ça. Nous devons donc, dans la mesure du possible, faire appel à de l’aide professionnelle. Surtout si nous avons des objectifs spécifiques.

 

 

Se surpasser par la préparation

Peu importe la distance, se préparer pour une course demande de nous surpasser. Nous devons travailler à développer certains muscles, notre endurance, ainsi que notre mental. Pour exceller dans n’importe quel domaine, nous devons aussi apprendre à être disciplinés, constants, persévérants. Souvent, nous devons également ajuster notre régime alimentaire afin de favoriser nos performances. Il est aussi recommandé de faire des exercices de réchauffement et des étirements avant et après afin d’éviter des blessures.

 

 

L’important est de partir bien préparé, même si on ignore souvent à quoi va ressembler cette courseClick to Tweet

 

 

L’endurance du proche aidant

Et la notion d’endurance ? Dans le sport, il est très bénéfique de la développer. Toutefois, dans l’accompagnement d’une personne atteinte de maladie mentale, l’endurance ne fait absolument pas partie de l’équation. On ne devrait jamais dire : « Je suis capable d’en prendre ». Le proche aidant doit s’investir dans la relation, et ce, tout en s’assurant de respecter ses limites, surtout s’il veut être aidant longtemps.

 

 

 

L’épuisement face au défi

Un autre aspect à souligner dans cette analogie est la différence entre épuisement physique et affectif. Après une dure journée de travail physique, vous êtes sûrement épuisé ou exténué et vous devez vous reposer, c’est tout à fait normal. Toutefois, l’épuisement au gymnase ou dans la pratique d’un sport se passe un peu différemment : plus nous dépensons d’énergie, mieux notre corps se portera et plus nous en sentirons les bienfaits.

 

 

 

L’investissement du proche aidant

Au contraire, lorsque nous sommes appelés à nous investir affectivement ou émotionnellement auprès de quelqu’un qui souffre d’une maladie mentale, nous devons être hyper vigilants, car cela draine énormément d’énergie. Les proches de personnes atteintes de maladie mentale vivent trois fois plus d’intensité émotionnelle que dans la population en général, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à l’épuisement et à la dépression (2).

 

Les proches aidants savent aussi qu’il est possible de faire une différence dans le rétablissement d’une personne malade tout en gardant un bon équilibre. Puisqu’ils n’ont pas le choix de participer à ce défi, il leur est possible d’être soutenants et aidants pour l’autre tout en préservant leur propre énergie vitale.

 

 

 

Prendre le relais pour l’autre

Souvent, l’objectif des proches aidants est de sauver l’autre, de le guérir et de tout faire pour qu’il redevienne comme avant ou qu’il cesse de souffrir. C’est tout à fait louable, mais c’est un peu comme courir après une illusion. On doit s’assurer que l’objectif est réaliste. On peut s’aider en se posant les bonnes questions : Suis-je détenteur de sa guérison ? Suis-je la personne la plus indiquée pour intervenir ? Ai-je les dispositions physiques et mentales pour atteindre cela ?

 

Il y a des choses dans la vie sur lesquelles nous n’avons absolument pas le contrôle ; c’est bien ainsi et nous devons apprendre à vivre avec. Nous n’avons pas de contrôle sur la météo, et on ne l’aura jamais, même si nous apprenons la danse de la pluie.

 

 

 

 

Références:

  1. https://www.ledevoir.com/societe/sante/559603/les-nouveaux-visages-des-proches-aidants
  2. Provencher, H. et coll. (2001). Le point de vue des familles face à la reconfiguration des services de santé mentale dans le contexte du soutien familial, Québec, FFAPAMM.

 

 

Article rédigé par Jorge Monterroso

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