La zoothérapie

La zoothérapie

L’homme et l’animal ont toujours su tirer profit de ce qu’ils pouvaient s’apporter mutuellement et l’homme continue d’explorer les vertus de l’animal. Depuis plusieurs décennies, l’animal sert aussi à la pratique du thérapeute. Il s’agit de la zoothérapie.

La zoothérapie a connu son essor en Amérique du Nord dans les années 1950 grâce au pédopsychiatre américain Boris Levinson. Il a découvert que le fait de raconter sa vie, ses angoisses ou ses peurs en compagnie d’un animal était bien moins intimidant pour les enfants.

L’animal est depuis toujours un associé de l’homme. Que ce soit pour le transport, pour la sécurité, pour la compagnie, pour la nourriture, pour tenir chaud, pour du réconfort… la liste peut être longue!

L’origine de la zoothérapie

L’auteure Abigail Pugh[1] décrit qu’en 1975, dans un cadre institutionnel, un patient du Lima State Hospital for the Criminally Insane en Ohio a découvert un moineau blessé. Il l’a apporté dans le service où séjournaient les patients les plus déprimés et repliés sur eux-mêmes. Les patients et le personnel ont alors pris soin de l’oiseau, améliorant en même temps le bien-être général des patients et leur capacité de communiquer. Cet hôpital, devenu l’actuel Oakwood Forensic Center, dispose à présent d’un programme de zoothérapie ; des clients des services de zoothérapie ont besoin de moitié moins de médicaments que ceux des autres services.

La zoothérapie fait ses preuves

Cependant, elle n’est pas considérée comme une médecine éprouvée scientifiquement. Ce qui explique peut-être le fait que les programmes de zoothérapie restent rares dans les établissements hospitaliers par exemple.

Voyons donc plus précisément de quoi il s’agit. Selon Zoothérapie Québec (1998)[2], c’est « une activité qui s’exerce sous forme individuelle ou de groupe à l’aide d’un animal familier, soigneusement sélectionné et entrainé, introduit par un intervenant qualifié dans l’environnement immédiat d’une personne chez qui on cherche à susciter des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif. » C’est donc une pratique complémentaire à la thérapie traditionnelle ou au traitement médical. C’est une technique sérieuse, et non un simple loisir. En effet, les zoothérapeutes le précisent, l’animal est un outil « vivant » de travail dans le cadre de la thérapie, qui aide à atteindre des objectifs.

Comment la zoothérapie peut aider le malade ?

D’abord, l’animal est capable de détendre les patients. Par exemple, le fait de caresser atténue l’anxiété. Ainsi, le patient sera plus facilement ouvert à la discussion, peut-être moins méfiant envers le thérapeute. Plusieurs thérapeutes ont également remarqué que le fait d’avoir un animal à leurs côtés pouvait être source de motivation pour le patient :

« je vais à ma rencontre surtout pour voir Poncho, le chien ».

La motivation du patient à vouloir se faire aider est déterminante dans la réussite d’une thérapie. Si l’animal peut avoir un impact sur cette motivation, tout le monde est gagnant. L’animal aide le patient à prendre contact avec la réalité.

La présence d’un animal apporte également du plaisir à l’homme. L’homme a une relation particulière avec l’animal, qui est basée sur une communication non verbale. Ce type de communication est très puissant, d’autant plus qu’il élimine toute possibilité de jugement. Une personne peut donc trouver du réconfort en parlant à son animal sans avoir d’autre retour qu’une patte sur le genou.

Les animaux les plus souvent utilisés en zoothérapie

Les zoothérapeutes choisissent les animaux en fonction des patients, des activités et des objectifs à atteindre. Voici une liste des animaux les plus souvent utilisés en zoothérapie[3] :

Le lapin

par son calme, il apaise et amène les gens à s’exprimer : ses longues oreilles son parfaites pour écouter les soucis.

Le chat

incite à la caresse et son ronronnement rassure et réconforte.

Le chien

s’il est affectueux, il incite les gens à lui parler, à le câliner. De plus, le fait de voir le chien répondre à : « fais le beau, assis, couché, va chercher la balle… » peut être très gratifiant, particulièrement pour les personnes qui manquent de confiance en elles et qui ont l’impression d’avoir peu de contrôle sur leur vie. Un lien de confiance et de réciprocité se crée. Enfin, le chien incite à faire de l’exercice, ce qui aide à maintenir une bonne santé mentale.

Le cheval

un lien de confiance doit se créer, ce qui permet d’apprendre à se maitriser. Il permet de développer l’habileté de communication et accroit la capacité à vouloir prendre des risques.

La colombe

animal fragile qui demande de faire des gestes précis, délicats, incite à la douceur, elle est un bon apaisant pour les personnes agitées.

Ainsi, les animaux aident l’être humain à combattre la solitude, la maladie, l’isolement, en plus de lui offrir une sécurité émotive, même physique. Elle favorise l’estime de soi et donne un espace privilégié pour l’expression des émotions. Est-ce dire que chacun devrait avoir au moins un animal de compagnie chez soi? Peut-être bien. D’après une étude de StatHebdo[4] réalisée au Québec en août 2008, 35 % des ménages québécois ont au moins un chat à la maison tandis que 26 % ont au moins un chien. C’est un bon début!

Vous aimeriez en savoir davantage? Voici quelques suggestions

Arenstein, G-H.& Henri Gilbert, G. Zoothérapie: une thérapie hors du commun. 2008

http://www.zootherapiequebec.ca/

[1] Abigail Pugh, Centre de toxicomanie et de santé mentale. Hiver 2004-2005, Vol. 8 No2

http://www.quebechebdo.com/article-259962-Le-Quebec-meilleur-ami-des-animaux-de-compagnie.html

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