Qu’est ce que la stigmatisation en santé mentale

Qu’est ce que la stigmatisation en santé mentale

Savez-vous que le mot stigmatisé dérive du latin « Stigmata » qui veut dire « marqué au fer rouge »? Ce mot fait aussi référence aux blessures sanglantes faites à certains saints et martyres de la religion catholique. On pourrait donc dire que stigmatiser veut dire marquer quelqu’un au fer rouge en lui infligeant une blessure. En sociologie, stigmatiser c’est classer quelqu’un, à partir d’un trait ou d’une conduite quelconque, dans une catégorie sociale considérée comme inférieure. Cela peut se faire pour des raisons ethniques ou religieuses.

 

 

La stigmatisation c’est quoi ?

La stigmatisation c’est comme une réprobation de tout ce qui est opposé aux normes socialement admises. Il arrive que ces personnes, en plus d’être stigmatisées, soient rejetées et dénigrées publiquement; elles peuvent alors être victimes de toutes sortes de violence soit psychologiques et/ou physiques. Elles sont même tuées dans certains cas.

 

Des exemples de stigmatisation

Voici des exemples concrets de ce qu’est la stigmatisation : l’obésité, l’homosexualité, les nudistes, les échangistes, les itinérants, les ex-détenus, les agresseurs sexuels, les prostitués, etc.

 

 

Stigmatisation, préjugés ou profilage ?

Je ne sais pas si cela vous arrive, mais nous avons tous tendance à faire des associations gratuites : lorsqu’on se promène dans la rue et qu’on voit un groupe de jeunes, on s’imagine que c’est un gang de malcommodes qui font du trouble. Quand on voit un groupe de jeunes Noirs, on pense vite qu’il s’agit d’un gang de rue. Avez-vous entendu parler de profilage?… C’est une sorte de stigmatisation que la police fait sur certaines gens.

 

La distinction importante à souligner sur la stigmatisation c’est qu’elle précise la relation existante entre deux personnes et non pas les particularités de chacun. Parfois on collabore à la stigmatisation sans qu’on s’en rende compte .

 

 

Mon vécu personnel de la stigmatisation

Vous savez que ce n’est pas la première fois que je dis que mon accent est gaspésien! Personne ne me croit. Bien sûr, car j’ai un fort accent espagnol ! Je n’ ai même pas besoin d’ouvrir ma trappe pour que les gens se rendent compte que je ne viens pas du coin. C’est vrai que je viens d’ailleurs; c’est écrit dans mon front. On pourrait même dire qu’on me voit de loin et ma différence me trahit. Dans le langage scientifique, on appelle cela de la « honte sociale » parce que je suis stigmatisé à cause de mon identité. Je ne vous dis pas que je suis traumatisé ou que je vis quotidiennement les impacts négatifs de cette stigmatisation. Je pourrais même vous dire que ce n’est pas du tout le cas.

 

Être différent comporte également des avantages, je l’avoue. Je n’en souffre pas, mais c’est toujours très présent, car cela fait partie de mon quotidien ou presque. Surtout quand les gens me disent : « Tu ne viens pas du coin, toi ». « T’as un petit accent, tu viens d’où, toi? Ce n’est pas méchant; je pense que c’est juste le besoin de se situer par rapport à l’autre. En même temps, cela laisse entendre : « Tu n’es pas pareil à moi et à tous les autres». « On touche ici au symbolique, à l’image de soi dans le regard de l’autre ».

 

stigmatiser veut dire marquer quelqu’un au fer rouge en lui infligeant une blessure #santementaleClick to Tweet

 

 

Stigmatisation et maladie mentale

Mais ce qui est malheureux c’est de constater qu’une étiquette nous suit malgré nous. Ce n’est pas drôle, hein? Mais ce n’est rien en comparaison à la souffrance et aux nombreux inconvénients qu’occasionne l’étiquette de maladie mentale. Moi, de mon côté, je peux me faire à l’idée que je ne serai jamais un Québécois, que je serai toujours un immigrant. Je suis bien loin de vivre une souffrance semblable à celle de la maladie mentale. Toutefois, je dois vous avouer que j’aime bien M. Raymond Rochette, un formateur et bénévole de l’ALPABEM, qui me dit à chaque fois qu’il me voit: « Salut mon gaspésien » !!! C’est bien mignon et ça fait du bien même si c’est une blague.

 

Moi, j’ai bien beau me sentir québécois pure laine ou plutôt québécois au coton, comme on dit, et me tatouer sur le front le CH du Canadien, la société va s’occuper de me faire sentir que ce n’est pas tout à fait le cas. Surtout quand on entend dire que si le Québec n’est pas un pays, c’est à cause des immigrants. C’est toute une claque dans la face! « Le Québec pour les Québécois » scande la chanson. Pensez-vous que je me sens inclus là-dedans? Même si je bronze au néon tous les jours, si je porte une ceinture fléchée ou une chemise de bucheron, ça ne marchera pas! Il est certain que les gens vont se demander : il sort d’où celui-là? Stigmatisé : je ne pourrai jamais être Québécois.

One thought on “Qu’est ce que la stigmatisation en santé mentale

  1. Joelle Coriolan - 25 mars 2018 dans 6 h 21 min

    Bonjour,

    La stigmatisation touche à tout. Les commentaires péjoratifs fléchés vers les prestataires d’aide sociale (tous des voleurs qui foutent à rien). Le rôle parental mis en doute sans même s’assurer si les propos tel que (faites attention à votre santé mentale) respectait la charte. Je suis née au Québec de parents haïtiens qui sont arrivés, ici, vers l’âge de 20 ans (ils ont maintenant 67 – 69 ans). Mon apparence oriente autrui vers (tu viens d’où ?), ma façon de parler, sans accent, de penser sont de nature québécoise mais je serai toujours une noire qui vient d’ailleurs. Ma culture haïtienne n’est pas très ancrée, comprenons-nous, mes parents ont vécu au Québec plus longtemps qu’en Haïti. Peu importe les plissements d’yeux, je suis et resterai québécoise, mes enfants sont 2e génération nées au Québec.

    Je connais le sens du mot stigmatisation en qualité de femme, de noire et de santé mentale et savez-vous quoi, je tente d’inculquer à mes enfants les couleurs et les différences qu’elles peuvent apporter en se basant sur les éléments les stigmatisant. À suivre …

    Répondre

Laisser un Commentaire

Partagez46
Tweetez3
Enregistrer1
+1
Partagez
47 Partages