Vouloir changer l’autre: Une réalité frustrante ou un mirage captivant ?

Vouloir changer l’autre: Une réalité frustrante ou un mirage captivant ?

Il est tout à fait normal de souhaiter que la personne atteinte de maladie mentale soit un jour guérie. Je serais presque prêt à donner ma propre vie pour épargner le malheur à l’autre. Je ne suis pas capable de concevoir qu’une personne puisse en souffrir autant. Il y a peut-être quelque chose à faire pour l’aider à soulager sa souffrance. Comment le ciel peut-il permettre autant de chagrin dans ce bas monde?

Cette souffrance appartient-elle à l’autre ou s’agit-il de ma propre souffrance? Mon acharnement à aider l’autre, à vouloir qu’il change, est-il une façon d’éviter de prendre en main ma propre souffrance?

Rêver à être heureux… nous rend-t-il plus heureux ou le contraire?

Nous souhaitons transformer du plomb en or, et cela, aucun alchimiste n’y est parvenu!

Vouloir changer l’autre est aussi vain, et c’est peut-être un moyen que nous utilisons pour éviter de nous changer nous-mêmes. Avez-vous une idée de la quantité d’énergie que nous dépensons et du nombre de frustrations que nous récoltons à force d’insister pour changer l’autre? Vouloir changer l’autre, c’est risquer de le manipuler et de détériorer la relation. Au contraire, l’accompagner dans une démarche de changement librement choisie, c’est un témoignage d’amour.

Pourquoi vouloir que l’autre change?

Serait-ce parce que nous voulons garder le contrôle?

« Il changera ». Est-ce un rêve que nous caressons tendrement en cachette?

Nous ne sommes ni le thérapeute ni le sauveur de notre proche. Si on se retrouve dans ces positions, ne serait-il pas temps de se questionner?

Vouloir changer l’autre c’est un manque de respect. Manquer de respect est-il une preuve d’amour pour vous? Au contraire, pour aimer véritablement une personne, la respecter est fondamental. Respecter l’autre personne, c’est la laisser être elle-même et l’accepter telle qu’elle est. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter. Si nous n’acceptons pas que la personne prenne de l’alcool par exemple, c’est à nous de poser nos limites :

« Je ne tolère pas te voir dans cet état. C’est trop dur à vivre pour moi. Je suis prêt à t’aider et à te soutenir si tu décides de faire quelque chose pour t’en sortir. Mais je n’hésiterai pas à demander de l’aide extérieure si tu veux détruire ta vie de cette façon, et ceci, malgré l’amour que je te porte ».

Poser des limites ne veut pas dire vouloir changer l’autre

En posant nos limites, nous exprimons clairement notre zone de tolérance. C’est-à-dire que nous démontrons jusqu’où nous sommes prêts à aller pour lui venir en aide tout en nous respectant nous-mêmes.

« Rien n’est plus inutile que de faire efficacement ce qu’il ne faudrait pas faire du tout »

(Peter Drucker)

Leave a Reply

1 Partages
Partagez1
Tweetez
Enregistrer
Partagez