Retourner au travail après une dépression, pas si facile

Retourner au travail après une dépression, pas si facile

Voilà qu’on est à peine remis de s’être arrêté de travailler, pour diverses raisons, qu’on doit faire face au retour. On passe de la peur de quitter son emploi, à la peur d’y revenir. La peur du regard de l’autre, la peur du regard de soi sur sa propre compétence. Et c’est encore plus difficile lorsque l’arrêt est dû à un problème de santé mentale.

Que vont penser mes collègues? Comment mon patron va-t-il réagir? Je ne me sens pas prêt, j’ai perdu de l’endurance. Et si je fais une rechute, moi qui viens à peine d’en sortir? Toutes ces questions sont source d’angoisse, il va sans dire. Et pourtant, on l’entend assez souvent, «Le travail, c’est la santé!». Et s’il n’en était pas de même pour tout le monde? Ou pour toutes les circonstances?

Réintégrer son emploi suite à un problème de santé mentale

Dans une société de performance comme la nôtre, l’arrêt de travail est souvent mal perçu et mal compris. La difficulté d’y retourner encore plus, preuve en est le peu de recherches et de démarches mises en place pour un retour optimal. Pourtant, les problèmes de santé mentale sont une des causes principales d’arrêt de travail, et présentent un risque élevé de rechutes[1]. Il serait donc profitable, tant pour les employeurs que pour les employés de bénéficier d’un support particulier en lien avec la réinsertion suite à un arrêt.

Un congé de maladie ce n’est pas être en vacance !

Une étude réalisée par des chercheurs du CSSS de Québec-Sud[2] montre que le retour au travail est rarement préparé, mais la préparation est une étape essentielle. Cette même étude souligne une distinction importante, qui est rarement prise en compte : l’état de santé et la capacité fonctionnelle. Dans le cas d’une dépression par exemple, il est possible que la personne soit rétablie. Elle n’a donc plus besoin du suivi d’un psychiatre. Mais est-ce que cette personne est prête à retourner au travail, comme si de rien n’était?

Nous ne le rappellerons jamais assez, un arrêt de maladie n’est pas une session de vacances. Et pourtant, souvent, on s’attend à ce que la personne revienne fraiche et disponible, efficace et performante, comme si elle avait déjà eu assez de temps pour se remettre.

Dans la même étude du CSSS de Québec-Sud, les résultats ont montré que sur 688 personnes qui étaient en arrêt, 56% des problèmes de santé étaient résolus lors du retour au travail. C’est à peine plus de la moitié. Peut-être y a-t-il un décalage entre un idéal de retour progressif, et une réalité de conditions de travail difficile, particulièrement en temps de crise économique.

Le retour au travail peut donc être source d’angoisse profonde pour plusieurs, et il est important de ne pas affronter cette nouvelle réalité seul. Il y a des ressources, des professionnels dans le domaine, qui peuvent aider à jouir d’un retour favorable et valorisant. Car oui, le travail reste une sphère positive, dans laquelle on s’épanouit, on s’améliore, on se valorise, et on prend du plaisir. Et c’est également une sphère qui prend beaucoup de notre temps. C’est pourquoi il est important de pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Comment préparer un retour au travail?

Voici plusieurs suggestions, qui ne sont pas exhaustives, peut-être en auriez-vous d’autres à suggérer.

Rencontrer un orienteur

Quelques temps avant la fin de son arrêt, il peut être intéressant d’entreprendre une démarche de réorientation professionnelle, pour se conforter si on est dans la bonne voie, ou penser à une réorientation dans le cas contraire.

Discuter avec son supérieur avant le retour au travail

Prévoir une rencontre avec le directeur, afin d’établir des objectifs réalistes. Cette rencontre préparatoire évite en plus un stress inutile lors du retour crée par des scénarios catastrophes. Dès le début, les cartes sont ainsi mises sur table, et l’entente est commune. Il est normal d’être fatigué à son retour. D’où l’avantage d’un retour progressif. Cependant, même un retour progressif peut être difficile. Certains contextes de travail sont plus ouverts que d’autres

«Prends ton temps, mais fais vite!». Dans ce contexte, le retour progressif peut être aussi stressant qu’un retour à temps plein, dans un environnement plus souple.

Qu’il s’agisse d’un retour progressif ou non, mieux vaut garder son temps libre (soirs et fins de semaine par exemple) pour du repos.

Sensibiliser le milieu de travail sur la santé mentale

D’autres recommandations sont formulées par l’équipe de recherche sur les impacts psychologiques, organisationnels, et sociaux du travail (RIPOST) du CSSS de Québec-Sud, telles que la sensibilisation auprès de la population sur la santé mentale, un soutien dans le milieu de travail, tant pour l’employé que pour la direction (formation des gestionnaires), et de développer des interventions préventives.

Le travail peut être le tremplin pour terminer son rétablissement, d’autant plus si le retour est préparé, suivi, et que la personne ainsi que son milieu de travail sont soutenus.

Si le sujet vous intéresse, voici des références qui pourront vous être utiles

[1] Grégoire, M., Grégoire, M., et Thibodeau, A. À la santé de votre retour au travail! 250 idées rafraichissantes. Un monde différent, 2009.

[2] St-Arnaud, Louise. . Le retour au travail à la suite d’un problème de santé mentale : une étape cruciale. RIPOST. CSSS de Québec-Sud.

3 thoughts on “Retourner au travail après une dépression, pas si facile

  1. Isabelle Lachance - 22 octobre 2015 dans 22 h 34 min

    Jai fait mon dernier stage de médecine à Fermont et je peux dire que c’est épouvantable la quantité d’anti-dépresseurs qui sont vendus là-bas! La moitié de nos journées consistaient à renouveller ou à prescrire ces pillules. Il y a au-moins le 3/4 des employés de la mine, ArcelorMittal, qui sont sous ordonance et qui doivent prendre des somnifères. C’est vraiment troublant, je ne comprends pas comment des employés peuvent vivre de cette manière. En tk, c’est leur choix, pas le mien!

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  2. Louise - 22 octobre 2015 dans 22 h 44 min

    est ce que durant un retour progressif on peut prendre une semaine de vacances? je retourne le 9 fevrier apres 1ans et demi donc demi journee 2sem,2jours complet 3sem etc..je voudrais la semaine de relache 1 mars pour etre avec ma fille comme tout les années précedente et surtout aussi pour sa fete le 4 mars ..merci .. Louise

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  3. Jean Longpré - 30 août 2016 dans 20 h 03 min

    J’ai habité 3 ans à Fermont. Les 3 années les plus difficiles de ma vie! J’ai fait une dépression nerveuse et j’ai tombé alcoolique. En plus, j’ai fait 2 tentatives de suicide. En tk, maintenant je vais mieux et je remercie le seigneur d’être encore en vie!

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