Télévision et santé mentale, Quand la réalité rejoint la fiction!

Télévision et santé mentale, Quand la réalité rejoint la fiction!

Certes, le traitement des maladies mentales à la télévision a changé. Le sujet dépeint plus en profondeur ce qui se passe dans des situations où les personnages souffrent d’un tel trouble.

 

La représentation du rôle des intervenants et l’aide qu’il est possible d’obtenir sont également accentuées. Mais, surtout, un des soucis de Michel Trudeau et de son équipe est de présenter le côté humain et empathique des intervenants.

 

 

Rencontre avec Michel Trudeau, psychologue et producteur

Au fil des années, de multiples efforts ont été déployés pour tenter de faire tomber les préjugés envers ceux qui sont atteints d’un trouble de santé mentale. En cette semaine de la sensibilisation aux maladies mentales, qui se tiendra du 5 au 11 octobre 2014, l’heure est au bilan avec Michel Trudeau.

 

C’est donc avec un immense plaisir que j’ai eu le privilège de m’entretenir avec M.Trudeau, détenteur d’un doctorat en psychologie clinique, membre de l’ordre professionnel des psychologues du Québec et producteur pour la maison de productions Aetios. Fondée par Fabienne Larouche en 1999, Aetios produit des films et des séries (ex.: 30 vies, Unité 9, Fortier, etc.) qui laissent beaucoup de place aux analyses psychologiques et aux préoccupations sociales. En tant que producteur et psychologue, Michel Trudeau en connaît un bout sur l’influence que les médias peuvent exercer sur la société et les préjugés concernant les troubles de santé mentale.

 

 

L’évolution du sujet des maladies mentales dans notre société et sur nos écrans

Les recherches et les approches en ce qui concerne la santé mentale ont beaucoup évolué au fil des années. En 1990, nous avons assisté à l’éclatement des pratiques privées. L’aide disponible est donc devenue de plus en plus publicisée afin de promouvoir les services offerts de plus en plus présents en pratique privée. Par le fait même, les thèmes tels que « la connaissance de soi » et «l’acceptation de soi » étaient particulièrement à la mode en cette fin de siècle et évidemment très présents dans les médias.

 

 

En contrepartie, la tendance est plutôt à la médicalisation et à la dépsychologisation actuellement. Les avancées scientifiques permettent ainsi d’élucider certaines explications concernant les causes des maladies mentales sur un plan biologique. Par contre, cet engouement pour cette « rationalisation » fait en quelque sorte de l’ombre à la dimension psychologique.

 

 

D’autre part, ce qui a grandement sensibilisé la société à cette cause demeure sans contredit l’apparition des réseaux sociaux. Que ce soit sur Facebook, Twitter, Instagram ou autre, tout le monde peut s’exprimer et diffuser sur les médias sociaux. Évidemment, le fait que les gens puissent communiquer sans filtre peut avoir un effet négatif. En revanche, cela peut aussi donner la possibilité d’échanger et de débattre sur le sujet. En ce sens, les médias sociaux contribuent très certainement à offrir une grande visibilité et à sensibiliser les gens aux troubles de santé mentale.

 

 

La préoccupation sociale d’Aetios

La maison de production Aetios produit différentes séries avec un thème principal pour trame de fond. Ainsi, les intrigues de 30 vies se déroulent dans une école, celles d’Unité 9 se concentrent sur la vie en prison, et l’action dans Fortier tourne autour des criminels. Il n’existe pas de série originale québécoise qui traite spécifiquement du thème de la maladie mentale, du début à la fin. Par contre, il arrive que des situations en lien avec cette problématique se greffent à la vie du personnage.

 

 

Au moment d’écrire les séries (ou les films), l’équipe d’Aetios se réfère à de multiples sources de recherches et à différents spécialistes. Ils ne font pas dans le sensationnalisme! Leur préoccupation première est plutôt de sensibiliser les gens. Il leur arrive de consulter des guides, tels que « La prévention du suicide et le traitement médiatique » (un document à l’intention des professionnels des médias rédigé par l’AQPS).

 

 

Cependant, comme ils ont à cœur les intérêts des téléspectateurs et qu’ils sont déjà sensibles aux préoccupations sociales, de tels guides leur servent de complément d’information. D’ailleurs, en ce sens, sur le site internet de l’émission 30 vies, à la fin de chaque semaine il est possible de consulter des capsules d’experts (psychologues, avocats, intervenants psychosociaux…) afin d’obtenir de l’information sur différentes problématiques abordées dans la série et les ressources d’aide disponibles. Voilà une belle initiative de leur part qui démontre bien leur implication sociale et le prolongement de la mission qu’ils se sont donnée!

 

 

Équilibre entre sensibiliser et informer

Certes, la façon de traiter des maladies mentales à l’écran a changé. Le sujet dépeint plus en profondeur ce qui se passe dans des situations où les personnages souffrent d’un tel trouble. La représentation du rôle des intervenants et l’aide qu’il est possible d’obtenir sont également accentuées. Mais, surtout, un des soucis de Michel Trudeau et de son équipe est de présenter le côté humain et empathique des intervenants. Les téléséries permettent donc de mieux informer les auditeurs, de les sensibiliser aux problématiques vécues par leurs personnages préférés et de savoir qu’il existe du soutien offert part des professionnels et la façon d’y accéder au besoin.

 

 

Ainsi, selon Michel Trudeau, on parle suffisamment des maladies mentales dans les émissions présentées à la télévision, du moins, assez pour sensibiliser et informer les gens sur le sujet. Selon lui, l’équilibre est bon puisque de trop en parler serait comme de ne pas le faire assez. Cependant, il faut continuer d’en parler et… trouver de l’argent pour pouvoir produire des séries (et des films) qui vont le faire!

 

 

Conclusion

Pour Michel Trudeau, il semble évident que les médias jouent un rôle de sensibilisation important auprès du public, entre autres en ce qui a trait aux maladies mentales. Lui, la maison de production Aetios et tous ceux qui se sont investis de près ou de loin dans cette mission semblent avoir eu une influence positive. Selon lui, les maladies mentales sont maintenant davantage perçues comme une souffrance et non plus comme de la folie ou le démon. Il ajoute qu’il reste toutefois du travail à faire, puisque c’est la peur de l’inconnu qui soulève encore des préjugés envers les troubles de santé mentale. Voilà un changement de perception important et … une raison de poursuivre les efforts pour sensibiliser la population à cette cause!

 

Je tiens à remercier très chaleureusement monsieur Michel Trudeau d’avoir eu la gentillesse de prendre le temps de m’accorder un entretien téléphonique dans le cadre de cet article.

Suivez Michel Trudeau sur twitter

michel_trudeau

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