Trichotillomanie, jeu pathologique et autres troubles du contrôle des impulsions

Trichotillomanie, jeu pathologique et autres troubles du contrôle des impulsions

Le trouble du contrôle des impulsions est extrêmement complexe. Beaucoup de préjugés sont associé à ces troubles puisqu’on croit a tort que la personne peut décider de cesser ses comportements déviants du jour au lendemain. La pathologie la plus connue de ce trouble est sans aucun doute le jeu pathologique.

 

C’est une question de volonté ?

En réalité, la personne n’a plus aucun contrôle sur ses impulsions. Bien au contraire, elle a le sentiment d’être complètement contrôlée par elles. Après avoir « agi » par impulsion, il arrive que la personne soit envahie par un sentiment d’impuissance, de colère, de honte et de culpabilité. De l’extérieur, on a l’impression qu’elle devrait être en mesure de cesser ses comportements et qu’il s’agit simplement d’un manque de volonté. Et bien non!

 

Évidemment, leur volonté leur permettra sans doute d’aller chercher de l’aide et de s’investir dans un processus thérapeutique. Cependant, comme la majorité des gens, ils croient eux aussi qu’il s’agit de comportements sur lesquels ils ont du contrôle et qu’ils peuvent cesser quand ils le veulent. La culpabilité et le sentiment d’échec est d’autant plus grand puisqu’ils ont l’impression d’être des lâches, d’être des gens avec un défaut immense dont ils sont incapable de se débarrasser et qui fait réagir et souffrir l’entourage.

 

Que dit le DSM-IV ?

Au chapitre des troubles du contrôle des impulsions dans le DSM-IV ont retrouve plusieurs maladies. Vous trouverez en lien avec chacun de ces troubles une brève définition de chacun d’eux. De plus, vous trouverez des liens pour chacune des maladies, qui vous dirigeront vers les critères diagnostiques selon le DSM-IV.

 

Trouble explosif intermittent

Ce trouble est complexe à définir puisque, bien souvent, il nous fait penser automatiquement à quelqu’un qui souffre d’un trouble de la personnalité du groupe B (antisocial, narcissique, borderline ou histrionique). Par contre, il est important d’exclure ce type de pathologie pour parler d’un trouble explosif intermittent. Le DSM IV mentionne qu’aucune donnée ne nous permet de chiffrer la prévalence de ce trouble. Par contre, ils mentionnent qu’il semble rare.

 

Le trait essentiel du trouble explosif intermittent est la survenue d’épisodes distincts où le sujet ne parvient pas à résister à des impulsions agressives, ce qui aboutit à des voies de fait graves ou à la destruction de biens. Le degré d’agressivité exprimé pendant ces épisodes est sans commune mesure avec une quelconque provocation ou un facteur de stress psychosocial déclenchant.

 

 

Le diagnostic de trouble explosif intermittent n’est porté qu’après l’exclusion d’autres troubles mentaux susceptibles d’expliquer ces excès de comportements agressifs (p. ex., un trouble de personnalité du groupe B, un trouble psychotique, un épisode maniaque, un trouble de conduite ou un déficit de l’attention/hyperactivité).

 

Les épisodes agressifs ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance (drogue, alcool, médicament) ni à une affection médicale générale (p. ex., traumatisme crânien ou une maladie d’Alzheimer). Le sujet décrit parfois les épisodes agressifs comme des « crises » ou des « attaques » où le comportement explosif succède à une sensation de tension et d’excitation et est suivi immédiatement par un sentiment de soulagement. L’individu peut éprouver par la suite un malaise, des remords, des regrets ou de l’embarras à cause de son comportement agressif. (DSM IV)

 

Qu’est-ce que la kleptomanie ?

La kleptomanie est l‘impulsion incontrôlable de voler. Les personnes atteintes sont submergées par l’envie de voler les biens d’autrui. Cependant, pour parler de kleptomanie, il faut que la personne n’ait aucun intérêt par rapport à ce qui est volé. Si la personne vole de l’argent ou un bien dont elle a besoin ou un bien qu’elle souhaite revendre pour se faire de l’argent, on ne parle pas de kleptomanie. Elle ne doit pas être motivée non plus par un défi entre amis, ni être motivée par un esprit de vengeance.

 

Les personnes atteintes savent pertinemment que leur acte est inutile et contraire à la loi. Selon le DSM IV, la personne éprouve une sensation croissante de tension avant de commettre le vol. Le passage à l’acte procure des sentiments de bienêtre tels : du plaisir, de la gratification ou du soulagement. Cependant après l’acte, les gens se sentent déprimés et coupables. Généralement, il s’agit de vols non prémédités qui sont commis sur l’impulsion du moment.

La kleptomanie est très rare et représenterait moins de 5 % des sujets qui volent dans des magasins. Il semble qu’il y ait davantage de kleptomanes chez les femmes.

 

Troubles associés selon le DSM IV

  • Trouble dépressif majeur;
  • Trouble anxieux;
  • Troubles des conduites alimentaires (notamment boulimie);
  • Trouble de personnalité.

 

Qu’est-ce que la pyromanie

Personne qui allume de façon consciente des incendies. La personne peut éprouver une tension ou un sentiment d’excitation avant le passage à l’acte. Les personnes qui en souffrent sont littéralement fascinées par le feu et tout ce qui s’y rattache.

Il est habituel de voir le pyromane sur le lieu des incendies à l’arrivée des secouristes et il arrive même que le pyromane soit pompier de profession.

 

Il est actuellement impossible de définir l’ampleur de cette pathologie. Le DSM IV mentionne cependant que cette problématique est rare, mais aucun chiffre n’est avancé. Il est cependant établi que la problématique est plus fréquente chez les hommes.

 

Qu’est-ce que le jeu pathologique ?

Cette maladie est l’une des mieux connue dans les troubles du contrôle des impulsions. Nous avons tous déjà entendu des gens parler de personnes qui ont souffert de ce trouble et qui ont tout perdu : maison, famille, amis, travail, etc.

Le DSM IV estime qu’entre 1 à 3 % de la population serait atteint

 

Certains parlent d’un mal qui affecte de plus en plus la population puisque les loteries vidéo et les casinos sont de plus en plus accessible. Certain en veulent aussi beaucoup au gouvernement de publiciser encore et encore les jeux de hasards. Peut importe la polémique entourant ce trouble, il faut retenir que ces gens n’ont qu’une idée en tête: gagner, et ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.

 

L’élément essentiel du jeu pathologique est une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu qui perturbe l’épanouissement personnel, familial ou professionnel. On remarque chez les personnes touchées par ce trouble, des distorsions de la pensée (p.ex., un déni, de la superstition, une confiance en soi excessive ou une impression de pouvoir et de contrôle).

 

De nombreux sujets atteints de ce trouble croient que l’argent est à la fois la cause et la solution de tous leurs problèmes. Ils ont souvent une nature portée vers la compétition et sont énergiques, ils ne tiennent pas en place et s’ennuient facilement. Ils accordent souvent trop d’importance à l’approbation des autres et peuvent être des forcenés du travail ou être le type de personnes attendant la dernière minute pour donner un grand coup de collier. Ils peuvent avoir tendance à souffrir d’affections médicales générales qui sont associées au stress (p. ex., hypertension, ulcère peptique ou migraine).

 

Il a été rapporté que les troubles de l’humeur, le trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, l’abus ou la dépendance à une substance et les personnalités antisociales, narcissiques ou borderline sont plus fréquents chez les sujets souffrant de jeu pathologique. Il a aussi été rapporté que 20 % des individus traités pour ce trouble ont fait des tentatives de suicide. DSM IV

 

Qu’est-ce que la Trichotillomanie ?

Ce trouble est très peu connu. Il y a plusieurs années, on croyait ce trouble très rare.

Des enquêtes récentes chez des étudiants indiquent que 1 à 2 % des sujets présentent des antécédents ou un tableau actuel de trichotillomanie.

 

La caractéristique essentielle de la trichotillomanie est l’arrachage répété de ses propres cheveux aboutissant à une alopécie (calvitie et perte de cheveux) manifeste. Les poils ou cheveux peuvent être arrachés dans toutes les régions du corps où le système pileux est développé (entre autres dans les régions axillaires, pubiennes ou anales) mais les sites les plus fréquents sont le cuir chevelu, les sourcils et les cils.

 

Les cheveux ou poils peuvent être arrachés pendant de brefs épisodes répartis dans la journée ou bien pendant des épisodes moins fréquents mais plus longs qui peuvent durer des heures. Ce comportement peut s’aggraver dans les moments de stress mais également dans des moments de détente et de loisir (p. ex., lors de la lecture d’un livre ou devant la télévision). Un sentiment croissant de tension est présent juste avant l’arrachage des cheveux. Chez certains, la tension ne précède pas forcément le passage à l’acte mais survient lors des tentatives faites pour résister à ce comportement. Il y a une gratification, un plaisir, ou un soulagement lors de l’arrachage des cheveux. Certaines personnes ressentent dans le cuir chevelu une « démangeaison » qui est soulagée par l’arrachage des cheveux. On ne porte pas le diagnostic si cette conduite est mieux expliquée par un autre trouble mental (p. ex., si cela survient en réponse à des idées délirantes ou à des hallucinations) ou par une autre affection médicale générale (p. ex., une inflammation cutanée ou une autre affection dermatologique). La perturbation cause une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants. (DSM IV)

 

Conclusion

Pour terminer, je tiens à souligner que les troubles du contrôle des impulsions sont difficiles à cerner. Avant de poser un tel diagnostic, une évaluation rigoureuse du patient doit être faite. On doit exclure toute autre pathologie physique, psychologique ou psychiatrique avant de conclure à un de ces troubles.

 

De plus, comme dans toute pathologie, pour parler d’un trouble psychiatrique nous devons observer les conséquences directes du trouble sur l’ensemble des sphères de la vie de la personne. On doit aussi constater une souffrance clinique significative et considérer les comportements qui sont répétitifs et non les événements isolés.

Site intéressant: http://www.trich.org/

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