Trouver un emploi quand on est atteint de maladie mentale

Trouver un emploi quand on est atteint de maladie mentale

Depuis belle lurette, on s’efforce de favoriser l’intégration au marché du travail des personnes atteintes de maladie mentale. La situation s’est-elle améliorée? Est-elle devenue ce qu’on attendait? Existe-t-il de la place sur le marché du travail pour les personnes atteintes? Quels sont les avantages d’employer quelqu’un atteint de maladie mentale? Lorsqu’on est à la recherche d’un emploi, d’une job, d’un gagne pain, doit-on révéler la maladie avant d’être engagé? Est-il avantageux de se dévoiler, ou pas?

Tout ce questionnement est le reflet des préoccupations faisant partie de la vie de tout parent confronté à cette problématique. La commande est grande de vouloir répondre à ce questionnement à travers un article. Conscients de la pertinence d’amener une réponse satisfaisante à ces questions, nous avons eu l’idée de faire appel à quelqu’un qui fait figure d’autorité dans le domaine : Monsieur Joseph Giulione, directeur général de l’Arrimage, un service spécialisé de main-d’œuvre pour les personnes ayant des problèmes sévères et persistants de santé mentale.

Est-ce qu’il y a de la place sur le marché de l’emploi pour les gens qui ont des problèmes de santé mentale?

J.G. : Nous intégrons des gens au marché de l’emploi depuis 1976. Si ça ne fonctionnait pas, nous aurions fermé depuis longtemps. À chaque année, pour les régions de Montréal et de Laval, nous arrivons à intégrer environ 300 personnes par année. La problématique la plus importante chez nous est la schizophrénie et les troubles bipolaires, donc, des gens qui ont des certificats médicaux attestant qu’ils ont des contraintes sévères à l’emploi et, malgré tout, nous arrivons à les intégrer à l’emploi. Cependant, le plus important pour nous est de voir que nombreux sont ceux qui arrivent à garder leur emploi. Comment expliquer cela?

« Pour nous, le plus important n’est pas de regarder la personne à partir de ses difficultés ou tenir compte du diagnostic. Nous misons surtout sur son potentiel de travailleur. »

La motivation: Point de départ pour un retour au travail

Tout d’abord, la motivation initiale doit venir de la personne elle-même. C’est toujours plus facile de travailler avec quelqu’un qui veut travailler. Ensuite, l’obstacle le plus important auquel nous devons faire face dans notre travail est la peur. Oui, la peur d’une rechute, la peur que les symptômes reviennent plane toujours. Cette peur vient parfois de la personne elle même, parfois des parents et, dans certains cas, du thérapeute.

D’une part, c’est ce qui explique que nous travaillons en étroite collaboration avec des équipes cliniques. Cette collaboration est fréquente et doit être bien structurée. Le milieu clinique est notre principale source de référence alors la collaboration est de mise, autant pour identifier ce qu’il faut éviter afin de favoriser une meilleure insertion mais également pour empêcher l’apparition des symptômes. Autrement dit, nous nous assurons de mettre en place un bon plan de gestion du stress.

Des accommodements raisonnables

Par la suite, il s’agit d’identifier quel type d’accommodement nous pouvons offrir à la personne. Pour ce faire, le gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures pour nous permettre de négocier des accommodements avec des employeurs. Naturellement, ces accommodements ne sont pas là pour nuire au fonctionnement des entreprises. Les entreprises engagent des travailleurs et non pas quelqu’un qui vit un problème de santé mentale. Comme service spécialisé de main-d’œuvre, nous présentons aux entreprises des travailleurs plutôt que des personnes ayant un problème quelconque.

Les travailleurs sont là pour offrir une force de travail en échange d’une rémunération. Exactement comme n’importe quel autre travailleur. Toutefois, nous savons que notre clientèle vit certaines difficultés, qu’elle va possiblement travailler plus lentement, qu’elle sera moins polyvalente. C’est le genre d’accommodement que nous pouvons négocier avec l’employeur afin de pallier à ces difficultés. Par contre, si la personne décide que ça lui tente pas d’aller travailler et qu’elle ne rentre pas, qu’elle ne prend pas ses responsabilités, qu’elle arrive en retard parce qu’elle a de la difficulté à s’organiser, malheureusement nous ne pouvons rien faire pour cela.

D’où l’importance d’avoir des liens étroits avec les équipes cliniques pour étudier quel genre d’accommodement nous devons mettre en place. Tout dépendant de l’individu, nous tenterons de nous ajuster aux besoins de la personne dans la mesure du possible. Il est possible que l’environnement de travail ne soit pas propice au travailleur même si le poste lui convient à merveille. Il peut arriver le contraire aussi : là où l’environnement est accueillant, soutenant et respectueux, le poste peut s’avérer moins adéquat pour la personne. Il y a des variables sur lesquelles nous n’avons malheureusement pas le contrôle.

Existe-t-il d’autres peurs que les gens vivent face au marché du travail?

J.G. : La perte des acquis est, sans aucun doute, un autre aspect à ne pas négliger. Lorsque les gens vont travailler et que ça ne fonctionne pas, ils craignent avoir des problèmes avec l’aide sociale. Sur ce point, nous donnons l’information aux gens car ils ont le droit de travailler et gagner un certain montant sans risquer des voir leurs prestations diminuer.

Si l’expérience de travail s’avère infructueuse, la personne a le droit de retourner à l’aide sociale sans avoir à recommencer tout le processus. Donc, la loi est structurée de manière à permettre aux gens de faire des tentatives pour changer leur statut sans nécessairement perdre leurs acquis et vivre de pénalisations. La loi sur la sécurité sociale permet des essais. C’est un mythe que de croire que si jamais l’expérience de travail ne fonctionne pas, nous nous retrouverons à la rue. Ce n’est pas vrai!

Un autre aspect très important est la fausse croyance que l’expérience de travail doit être positive pour ne pas décourager la personne. « Il ne faut pas qu’elle vive l’échec ». FAUX. Surprotéger la personne n’a jamais été d’un grand secours. Au contraire, il faut permettre aux gens de vivre toutes sortes d’expériences afin de leur donner l’occasion de se découvrir comme travailleurs.

À travers différentes expériences, la personne finit par savoir quel genre d’emploi lui convient le plus et aussi quel horaire est le plus adapté à son mode de vie.

C’est à ce moment que la personne est en meilleure condition pour s’insérer et demeurer sur le marché du travail. Notre rôle est de démystifier le marché du travail en essayant toujours de bien refléter la réalité et de soutenir ces gens dans leurs démarches. Si ça ne fonctionne pas, on peut toujours essayer autre chose. L’important est que la personne sache qu’on est là pour la soutenir.

La plupart des gens qui viennent nous voir le font car nous ne faisons pas partie du système de la santé mais nous faisons partie de la main-d’œuvre.

« Nous ne voyons pas les personnes comme des malades mais plutôt comme des travailleurs et cela est très important pour leur identité ».

Cette identité peut être partagée avec leurs voisins, leur famille, leurs amis, avec n’importe qui. Il n’y a rien de plus normalisant que d’être un travailleur.

2 thoughts on “Trouver un emploi quand on est atteint de maladie mentale

  1. Daniel Petit - 17 octobre 2016 dans 22 h 21 min

    je m’ appelle Daniel j’ ai 40 ans et depuis mes 18 ans je me bas contre la dépression, , j’ ai fait pendant longtemps de la phobie sociale du a mon intimidation a l’ école a l’ age de 15 ans en plus d’ avoir un sentiments de rejet de mes parents , divorcer et instable, j’ ai été diagnostiquer bordeline , et depuis presque trois ans , je n’ age dans le désespoirs , bien être sociale , chômage, recommence a travailler , arrêt de travaille maladie, dette etc. je ne sais plus quoi faire , je pense souvent au suicide ,je ne vois que cette solution, j’ ai l’ impression que dans notre société , il n’ a pas de place pour des gens comme moi!!! je veux travailler , mais jusque a quand, ,je ne connais pas subvention ou les organisme qui peu m’ aider sur le marché du travaille , ces un éternelle recommencements et déception par déception , je ne sais plus quoi faire !! aider s.v.p

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    • Patrice Machabée - 20 octobre 2016 dans 14 h 31 min

      Un membre de mon équipe vous répond ce matin. Évidemment, nous ne faisons pas d’intervention courriel, nous vous invitons à communiquer avec nous par téléphone, c’Est gratuit, nous allons tenter de vous accompagner vers les bonnes ressources. (PM)

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