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Comis Dominik et son processus d'acceptation

1 septembre 2025
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par Bénèse Nguedzoua

intro

Kwe! (Bonjour !). Nous avons eu le plaisir de recevoir Comis (Qui signifie Grand Père) Dominik qui nous a partagé un bout de sa culture, accompagné de sa femme Marie Josée. Chef de la Première Nation ANICINABE, Comis nous a livré un témoignage authentique vers l’acceptation.

Choisi par les anciens pour être chef et gardien de sa culture, Comis œuvre pour la paix et le soulagement des cœurs. Ainsi, il aide les peuples autochtones à retrouver leur culture, la partageant également avec ceux qui s’y intéressent.

Pour Comis, nous sommes tous ANICINABE c’est-à-dire des êtres humains vivant ensemble en harmonie avec la nature, une famille sur la terre.

Engagé, il parcourt le monde afin d’enseigner et transmettre cet amour d’être Ensemble, avec humour et plaisir, philosophie de sa culture. 

Une part de son histoire…

Comis, le 9è d’une fratrie de 18 enfants, est né avec une anomalie au niveau d’un de ses poumons. Il était transporté à l’hôpital lorsque l’avion a eu un accident, les personnes témoins se sont précipitées pour tenter de secourir les passagers. Le père de Comis a réussi à faire sortir tous les passagers mais bébé Comis était devenu tout bleu. Comis nous explique que son père s’est donc assis direction Ouest signifiant l’acceptation que son fils était en train de partir. C’est alors que le bébé se mit à pleurer si fort que l’on pouvait l’entendre de loin. Sa mère l’a alors nommé Kapiteotak ce qui signifie « l’enfant qu’on entend pleurer de loin ».

Dans son enfance, Comis raconte qu’ils étaient autorisés très tôt à explorer la forêt pendant plusieurs jours. Il nomme qu’ils se débrouillaient avec ce que Terre-Maman leur offrait. Comis nous explique alors que chaque vie est précieuse même celle des animaux. En effet, ils n’enlevaient pas la vie aux animaux mais la leur demandaient et s’engageaient à respecter leur choix.

Dans la culture de Comis, les animaux sont des esprits qui transmettent des enseignements ou un message.

La médecine des animaux.

Comis et Marie Josée nous ont alors invités à participer à un jeu. Nous devions piocher des noms d’animaux qu’ils nous décrivaient puis nous devions deviner de quel animal il s’agissait. Ensuite, Comis nous donnait le message que l’esprit-animal nous emmenait ou simplement à quel animal on correspondrait.  

Faisons le même exercice, devinez de quel animal il s’agit.

Je suis Azeban : je suis un animal avec un esprit farceur, essentiellement nocturne et qui grimpe facilement aux arbres grâce à mes doigts agiles et à mes griffes acérées. On me reconnaît facilement à mon masque noir bordé de blanc autour des yeux qui peut donner l’impression que je porte des lunettes. Qui suis-je ?

Si vous aviez deviné raton-laveur, vous aviez la bonne réponse.

D’après la médecine des animaux, Azeban veut m’emmener à lâcher prise, à jouir de la vie sans culpabilité. 

Le cercle de guérison

Lorsqu’il avait environ 7 ans, il a été placé dans une école que Comis définit plutôt comme une prison. Dans cette dernière, Comis décrit avoir eu une rééducation l’emmenant à ne pas aimer sa culture. Il ajoute avoir vécu des abus qui l’ont emmené à ressentir du dégoût et de la colère pour sa personne et pour l’humain. Il confie avoir eu recours à la consommation d’alcool pour oublier. Il finira par trouver le réconfort, à travers le soutien et l’enseignement des anciens. Ces derniers l’ont aidé à se concentrer sur ce qui se passait à l’intérieur de lui. Il dit avoir compris que ce n’était pas l’humain qui lui avait fait du tort mais ce qu’il appelle l’humain malade. Il dit être passé au travers du cercle de guérison.

Le cercle de guérison est une base de la philosophie autochtone. Divisé en 4, il représente les 4 points cardinaux correspondant chacun à une saison.

L’Est, en jaune, renvoie au soleil qui se lève, à la naissance, à la lumière. Cela rappelle que tout se renouvelle, une nouvelle journée est un cadeau. Il correspond au printemps.

Le Sud, en rouge, correspondant à l’été, représente l’énergie et l’abondance. Comis précise qu’il soulève un questionnement également : Sommes-nous prêts à recevoir cette abondance. Il enseigne aussi que cette dernière doit d’abord être centrée vers nous-mêmes : donner à nous-mêmes d’abord, nous nourrir nous-mêmes, savoir se respecter.

L’Ouest, en noir, correspondant à l’automne, rappelle la fin de quelque chose mais surtout l’acceptation de cette fin et le lâcher-prise ; accepter que les départs fassent partie de la vie.

Le Nord, en blanc, correspondant à l’hiver, représente la guérison, la liberté intérieure et la paix.

Le cercle a permis à Comis d’apprendre à se définir en dehors de ce qu’il a eu à vivre. Il fait une différence entre le pardon et l’acceptation.

Le pardon semble souvent conditionné à la reconnaissance de la faute par l'autre, ce qui revient à lui accorder un certain pouvoir. Ainsi, pardonner reviendrait davantage à agir pour l'autre que pour soi-même. L’acceptation, en revanche, dépend uniquement de nous. C’est un acte personnel qui ouvre la voie à un véritable processus de guérison. Comis dit : « Je ne parle pas de la maladie, je parle de la guérison. »

Pour moi, le parcours de Comis est un authentique témoignage d’acceptation. Cela nous invite à réfléchir sur ce à quoi nous choisissons de porter notre attention: sur la maladie ou sur le rétablissement ?

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