Le cercle de guérison
Lorsqu’il avait environ 7 ans, il a été placé dans une école que Comis définit plutôt comme une prison. Dans cette dernière, Comis décrit avoir eu une rééducation l’emmenant à ne pas aimer sa culture. Il ajoute avoir vécu des abus qui l’ont emmené à ressentir du dégoût et de la colère pour sa personne et pour l’humain. Il confie avoir eu recours à la consommation d’alcool pour oublier. Il finira par trouver le réconfort, à travers le soutien et l’enseignement des anciens. Ces derniers l’ont aidé à se concentrer sur ce qui se passait à l’intérieur de lui. Il dit avoir compris que ce n’était pas l’humain qui lui avait fait du tort mais ce qu’il appelle l’humain malade. Il dit être passé au travers du cercle de guérison.
Le cercle de guérison est une base de la philosophie autochtone. Divisé en 4, il représente les 4 points cardinaux correspondant chacun à une saison.
L’Est, en jaune, renvoie au soleil qui se lève, à la naissance, à la lumière. Cela rappelle que tout se renouvelle, une nouvelle journée est un cadeau. Il correspond au printemps.
Le Sud, en rouge, correspondant à l’été, représente l’énergie et l’abondance. Comis précise qu’il soulève un questionnement également : Sommes-nous prêts à recevoir cette abondance. Il enseigne aussi que cette dernière doit d’abord être centrée vers nous-mêmes : donner à nous-mêmes d’abord, nous nourrir nous-mêmes, savoir se respecter.
L’Ouest, en noir, correspondant à l’automne, rappelle la fin de quelque chose mais surtout l’acceptation de cette fin et le lâcher-prise ; accepter que les départs fassent partie de la vie.
Le Nord, en blanc, correspondant à l’hiver, représente la guérison, la liberté intérieure et la paix.
Le cercle a permis à Comis d’apprendre à se définir en dehors de ce qu’il a eu à vivre. Il fait une différence entre le pardon et l’acceptation.
Le pardon semble souvent conditionné à la reconnaissance de la faute par l'autre, ce qui revient à lui accorder un certain pouvoir. Ainsi, pardonner reviendrait davantage à agir pour l'autre que pour soi-même. L’acceptation, en revanche, dépend uniquement de nous. C’est un acte personnel qui ouvre la voie à un véritable processus de guérison. Comis dit : « Je ne parle pas de la maladie, je parle de la guérison. »
Pour moi, le parcours de Comis est un authentique témoignage d’acceptation. Cela nous invite à réfléchir sur ce à quoi nous choisissons de porter notre attention: sur la maladie ou sur le rétablissement ?