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Fiston, papa est malade : parler de sa maladie mentale à son enfant

1 décembre 2025
 - 
par Eliza Miron

Pourquoi on hésite?

Le thème de la santé mentale, quoiqu’il soit plus discuté de nos jours, est toujours stigmatisé dans la société. Beaucoup de stéréotypes, préjugés, et tabous perdurent dans la conscience populaire. Ces perceptions erronées peuvent causer des craintes pour un parent atteint en santé mentale. Peut-être vous vous demandez comment aborder ces sujets avec vos enfants, ou même si vous devriez le faire à la base.

Il se peut que vous ayez l’impression que vos enfants ne peuvent pas comprendre, surtout s’ils sont très jeunes. Ou même que ce sujet n’est pas approprié pour un jeune. Pour un parent, la responsabilité première est leur enfant. Donc, l’instinct de protéger son enfant de la douleur, de l’inquiétude et du poids émotionnel peut être plus fort que soi. Parfois, cette fermeture peut venir de l’intérieur, car en parler demande une certaine vulnérabilité.

Les pressions sociales peuvent renforcer cette hésitation, menant à croire qu’avoir une difficulté en santé mentale signifie un échec ou une faiblesse. Pensez-y, si on attrape une grippe ou on se casse le bras, on ne le cache pas. On est reconduit à l’hôpital pour avoir un plâtre, on reste dans notre chambre et nos proches prennent la relève, et on n’hésite pas à demander de l’aide.

Les effets de l’ignorance

Les enfants sont perceptifs et se questionnent beaucoup sur les événements qui se produisent autour d’eux. En voyant certains comportements, en entendant certains propos, l’enfant fera des connexions avec l’information qu’il a, parfois inexactes. Par exemple, un parent ayant un trouble dépressif, qui peut être irritable, pourrait avoir des moments d’impatience. L’enfant pourrait interpréter cette irritabilité comme si c’était sa faute et se culpabiliser à cause de cela. Ou, si l’enfant veut vraiment faire une activité ou jouer, et que son parent est fatigué ou n’est pas en forme, il peut assumer que c’est à cause de lui et non à cause du trouble mental ou de facteurs externes. Ce genre de suppositions, qui sont souvent non-fondées dans la réalité, peut à son tour nuire à la relation parent-enfant. Une communication ouverte et sincère va permettre à l’enfant d’avoir du contexte et à éviter ces suppositions.

Comment l’aborder?

C’est important d’avoir une discussion comme celle-ci quand vous vous sentez prêts. Réfléchissez si vous avez vos propres questions avant de débuter et sur les thèmes que vous voulez éviter ou qui vous mettent mal à l’aise. Vous pouvez aussi décider au préalable l’endroit et le moment de la conversation, afin que parent et enfant se sentent bien.

Selon l’âge de l’enfant, il y a différents moyens de vulgariser le sujet pour l’aider à comprendre. Avec les tout-petits et les enfants d’âge primaire, vous pouvez vous servir de contes ou d’histoires pour exemplifier la santé mentale et la maladie mentale. Vous pouvez aussi la comparer à une maladie physique pour expliquer certains symptômes et comportements. Demandez-leur s’ils ont des questions ou s’ils ont remarqué des changements. Rassurez-les que ce n’est pas leur faute et que ça ne veut pas dire que vous ne les aimez pas. Abordez les émotions que vous ressentez, et définissez-les ensemble s’ils ne les comprennent pas. Surtout, exprimer clairement et spécifiquement vos limites et vos besoins. Dites-leur quand vous vous sentez épuisé, ou quand vous n’êtes pas disponibles pour jouer ou jaser avec eux. Établir un réseau de soutien robuste pour votre famille permettra à votre enfant d’avoir d’autres repères sur qui s’appuyer si vous ne pouvez pas.

Pour un adolescent, qui est exposé aux médias et qui a déjà des idées préconçues sur l’enjeu de santé mentale, donnez-vous le droit d’être plus détaillé et même d'effectuer des recherches ensemble. Ils sont plus aptes à comprendre des sujets plus profonds et avoir des échanges avec vous. Démystifier les mythes et écoutez leurs commentaires et partages.  Vous pouvez même partager les démarches que vous entamez pour prendre soin de votre santé mentale.

Les bienfaits du partage

Faire ce premier pas est difficile mais extrêmement courageux. En débutant ce dialogue, vous démontrez à votre enfant que vous êtes digne de confiance. En vous confiant honnêtement et ouvertement, vous montrez un bel exemple qu’il suivra assurément dans sa vie. Vous lui montrez que ces sujets plus délicats peuvent être discutés et que vous êtes un pilier sécuritaire pour lui. Ça accroît le sentiment d’appartenance dans votre famille et vous permetde vous appuyer l’un sur l’autre. Vous pouvez travailler à trouver des solutions et des trucs pour mieux vivre en famille.

Points importants

C’est primordial de ne pas traiter votre enfant comme un thérapeute ou confident, même s’il est adolescent. Le truc est de ne pas dévoiler des détails trop personnels qui ne le concernent pas. Mettez-vous dans leur peau; comment perçoit-il vos comportements? Comment réagit-il à vos symptômes? Qu’est-ce qu’il voit plus souvent?

C’est déjà difficile d’être un parent. Un trouble de santé mentale ajoute un autre obstacle à surmonter et plus de pression quotidienne. Faites confiance à votre enfant et soyez bienveillants envers vous-même.

 

Voici quelques ressources qui peuvent vous aider :

Livres : Je te tiens par la Barbichette de Émilie Plank (dépression), Sens dessus-dessous de Audrey-Anne Frénette, les ouvrages d’Ariane Hébert

Formations : Famille +, Anna et la Mer, CommunicAdo

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