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Le silence autour du suicide se brise, une conversation à la fois

1 mars 2026
 - 
par Maïa Lefebvre

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Parler du suicide peut faire peur. Plusieurs parents craignent d’employer les mauvais termes, d’en dire trop, ou pire, de “donner des idées”. Pourtant, les données scientifiques sont claires, parler de suicide n’augmente pas le risque de passage à l’acte. Au contraire, en parler ouvertement permet de repérer la détresse plus tôt et d’ouvrir la porte à l’aide.

Briser le silence, c’est envoyer un message essentiel aux jeunes : “tu peux parler de ce qui te fait peur, tu n’es pas seul et des adultes peuvent t’aider’’.

Le silence, complice invisible

Les enfants et les adolescents sont beaucoup plus conscients qu’on ne le pense. Ils entendent les nouvelles, voient passer du contenu sur les réseaux sociaux, vivent des situations difficiles à l’école ou dans leur entourage. Lorsqu’un sujet comme le suicide reste tabou, ils se font leurs propres scénarios, qui sont souvent plus anxiogènes que la réalité.

Un jeune qui vit de la détresse ou qui a des idées suicidaires peut croire que ce qu’il ressent est inacceptable ou trop lourd à dire. Il reste donc seul avec ses pensées, ce qui augmente le sentiment d’isolement et de souffrance. À l’inverse, oser en parler permet de normaliser la discussion et de repérer les signaux de détresse avant qu’ils ne s’aggravent.

Adapter le discours selon l’âge

Parler de suicide ne veut pas dire la même chose à tous les âges. Avec les enfants, on peut commencer par parler de la mort en général, avec des mots simples et concrets. Par exemple, « la mort signifie que la personne ne revient pas et qu’elle ne peut plus jouer, parler ou ressentir ». Il est important d’éviter les expressions floues comme « il s’est endormi » ou « il est parti », qui peuvent créer de la confusion et des peurs.

Chez les adolescents, la discussion peut être plus directe. On peut nommer le suicide et expliquer qu’il s’agit d’un geste associé à une souffrance psychologique très intense, et non à un manque d’amour, de courage ou de volonté. Le message essentiel reste le même. Peu importe ce qu’ils vivent, des adultes sont là pour les écouter et de l’aide est disponible.

Ce qui peut faire la différence

Au-delà des mots, l’attitude bienveillante des adultes fait toute la différence. Il est crucial de favoriser un environnement où les questions sont les bienvenues, sans jugement. Lorsqu’un jeune se sent écouté, il est plus enclin à s’ouvrir. Valider ses émotions comme “je vois que tu es inquiet”, “ça a l’air lourd pour toi”, “merci de m’en parler”, envoie un message clair : ce que tu ressens a de l’importance. À l’inverse, minimiser avec « ce n’est pas si grave », « c’est juste une phase » peut refermer la porte au dialogue.

L’honnêteté fait partie d’une discussion saine. On choisit des mots vrais, tout en protégeant le jeune des détails graphiques. L’objectif est de comprendre la souffrance, pas le geste.

Comment amorcer la discussion

Souvent, les meilleures conversations partent d’un déclencheur naturel comme un reportage, une série télé, un décès dans l’entourage ou encore une publicité. On peut simplement demander « As-tu déjà entendu parler du suicide ? Qu’est-ce que ça veut dire pour toi ? ».

L’idée n’est pas de faire la morale, mais d’écouter ce que le jeune sait déjà et de partir de là. De corriger doucement les mythes et de répondre à ses vraies questions.

Avec les adolescents, si une inquiétude est présente, il est important d’oser la question directe comme « As-tu déjà pensé que tu serais mieux mort ou de vouloir te faire du mal ? ». Ce type de question n’implante pas l’idée, elles permettent plutôt de savoir si le jeune est en danger et d’agir.

Quand un jeune parle d’idées suicidaires

Tout propos suicidaire doit être pris au sérieux, même si ça semble dit sous le coup de la colère ou de l’émotion. Mieux vaut explorer que banaliser.

Comme parent, rester calme n’est pas facile, mais c’est aidant. On peut remercier le jeune de sa confiance et lui dire clairement “on va chercher de l’aide ensemble”. Il ne s’agit pas de garder un secret, mais de s’assurer que le jeune est en sécurité.

Selon la situation, cela peut passer par un médecin, un intervenant scolaire, une ligne d’écoute ou, en cas de danger immédiat, les services d’urgence. L’important est de ne pas rester seul.

Soutenir son enfant, sans s’oublier

Les parents n’ont pas à tout porter seuls. S’inquiéter pour son enfant, surtout quand il est en détresse, peut être profondément anxiogène. C’est normal d’avoir besoin de soutien soi aussi. Demander de l’aide n’est pas un échec, c’est une façon de mieux accompagner son jeune.

Des ressources comme 1-866-APPELLE sont là non seulement pour les personnes en détresse, mais aussi pour les parents. Elles peuvent aider à réfléchir à la meilleure façon d’aborder la situation, à poser les bonnes questions et à orienter son enfant vers les ressources appropriées.

La prévention commence par la conversation

Ce qu’il faut retenir c’est que parler du suicide avec les enfants et les adolescents, c’est leur offrir un espace de confiance pour nommer ce qui fait peur, déconstruire les mythes et, au besoin, demander de l’aide à temps. La prévention du suicide ne repose pas uniquement sur les professionnels, elle commence aussi dans les conversations du quotidien, et ce, pas seulement avec les enfants.

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