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Libérer, délivrer ses émotions

1 décembre 2025
 - 
par Janique Raymond-Migneault

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Certains d’entre vous cligneront peut-être des yeux en lisant ces lignes. Car oui, dans cette nouvelle revue, j’ai choisi de vous parler d’un sujet un peu surprenant… la Reine des neiges !

Si je vous avais devant moi, je demanderais : « Qui, à main levée, n’a jamais entendu parler de ce film culte auprès des enfants ? »  Pour ceux qui seraient incertains, voici un bref rappel. Elsa et Anna, deux princesses du royaume d’Arendelle, grandissent soudées, jusqu’au jour où un terrible secret change leur relation : Elsa possède des pouvoirs magiques qu’elle doit cacher, contrôler… contenir à tout prix, au risque de blesser ceux qu’elle aime.

Et c’est là que l’histoire devient intéressante. Car derrière la féérie, la musique et les paysages enneigés, la Reine des neiges nous offre une métaphore puissante sur nos émotions, leur répression… et leur libération.

Quand la rigidité brime les émotions

Très tôt, Elsa apprend à réprimer ce qui bouillonne en elle. « Cache ton pouvoir, surtout n’en parle pas », lui répète-t-on. En d’autres mots : Ne montre pas ce que tu ressens.

Combien d’entre nous ont grandi avec ce même message ? Dans nos familles, au travail, ou dans la société, l’idée qu’il faut être fort, se maîtriser, garder le contrôle est omniprésente. Pleurer est souvent perçu comme une faiblesse. Et l’expression de la colère, comme d’une perte de contrôle.

Mais à force de retenir ses émotions, on en vient à les enfermer… comme Elsa dans son palais de glace. Et cette rigidité finit souvent par brimer bien plus que l’émotion : elle atteint notre vitalité, notre spontanéité et nos relations.

Quand l’émotion finit par se faire entendre

Les émotions, pourtant, ne disparaissent pas parce qu’on les nie. Elles trouvent toujours un chemin pour se faire entendre. Dans le film, c’est l’explosion : une tempête glaciale qui plonge tout le royaume dans le froid.

Dans nos vies, l’explosion peut prendre diverses formes :

  • Une dispute qui dégénère parce que la colère a trop longtemps été contenue.

  • Un épuisement physique, des maux de tête, des insomnies qui traduisent une anxiété non écoutée.

  • Un sentiment de tristesse ou de découragement qui se transforme en isolement, voire en dépression.

Qu’est-ce qu’une émotion, au juste ?

Une émotion n’est ni bonne ni mauvaise. C’est un signal, une information transmise par notre corps et notre esprit. Elle sert de messager :

  • La peur dit : « J’ai besoin de sécurité ».

  • La colère dit : « Une injustice est survenue ».

  • La tristesse dit : « J’ai perdu quelque chose d’important ».

  • La joie dit : « Un besoin est comblé ».

L’émotion est un indicateur qui, lorsqu’on l’ignore, reviendra plus forte pour se faire entendre.

La première étape est donc d’apprendre à écouter ses émotions. Cela demande parfois une pause, un moment de silence, pour se demander : « Qu’est-ce que je ressens, là, maintenant ? »

On peut se pratiquer à se nommer ses états :

  • « Je suis fâché. »

  • « Je suis inquiet. »

  • « Je suis fier de moi. »

Ensuite vient la validation : accueillir sans juger. Plutôt que de se dire « Je ne devrais pas être triste », se rappeler que c’est normal. Qu’une émotion, même difficile, n’est pas un défaut : c’est une donnée précieuse.

Reconnaître et valider l’émotion de l’autre

Avec nos proches – enfants, adolescents, conjoint, parents – la validation est tout aussi essentielle. Trop souvent, nous voulons rassurer vite (« Ne t’inquiète pas, ça va aller ») ou corriger (« Tu exagères, ce n’est pas si grave »). Mais dans ces moments, l’autre n’a pas besoin de solution immédiate, il a besoin d’être entendu.

Valider, c’est dire :

  • « Je comprends que tu sois fâché. »

  • « Ça semble difficile pour toi. »

  • « Je vois que tu es inquiet, veux-tu m’en parler ? »

Valider l’émotion ne veut pas dire valider tous les comportements. On peut comprendre la colère de son ado, sans accepter qu’il claque les portes ou insulte. L’important est de distinguer l’émotion (toujours légitime) du comportement (parfois à recadrer).

L’apaisement par la reconnaissance

La magie de la validation est qu’elle diminue l’intensité. Quand une personne se sent entendue, reconnue, accueillie, son émotion perd de sa charge. Comme si elle n’avait plus besoin de hurler pour exister.

Et cela ouvre la porte à la communication, à la collaboration, au lien. Exactement comme dans le film : c’est quand Anna parvient à rejoindre Elsa dans son vécu qu’un chemin vers l’apaisement s’ouvre.

Oser « laisser aller » un peu

La scène la plus célèbre de la Reine des neiges est sans doute la chanson « Libérée, délivrée ». Et si ce refrain, qu’on a entendu mille fois dans nos salons, était en réalité une invitation ?

Laisser aller, ce n’est pas perdre le contrôle. C’est accepter que nos émotions fassent partie de nous. C’est se donner la permission d’être humain, imparfait, sensible. C’est reconnaître que la vulnérabilité n’est pas un défaut, mais une richesse qui nous rapproche des autres.

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