Parent d’enfant transsexuel, quoi faire?

Parent d’enfant transsexuel, quoi faire?

Avant de parler de transsexualité, démêlons quelques notions…

L’identité de genre, aussi appelée identité sexuelle, et l’orientation sexuelle sont deux éléments distincts et indépendants. Transgenre est le terme utilisé lorsque l’anatomie d’une personne ne correspond pas à l’identité sexuelle qu’elle s’accorde. L’intersexualité fait référence aux personnes qui possèdent à la fois les caractéristiques physiques et génétiques des deux sexes. Puis, le qualificatif « queer » correspond à ceux et celles qui revendiquent la classification de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, des pratiques sexuelles en remettant en question ces catégories et les stéréotypes qui y sont reliés. Le genre est féminin, masculin ou non-binaire. Non-binaire fait référence aux individus qui n’ont ni l’impression d’être une femme, ni l’impression d’être un homme, ou à l’inverse qui considèrent être tout autant à la fois homme que femme.

 

La différence entre le genre et l’orientation sexuelle

 

Le genre se définit par la représentation intérieure qu’une personne se fait d’elle-même, par sa perception et son ressenti. Il n’est pas déterminé par la réalité biologique de la personne (le sexe de naissance), même s’il a l’habitude de concorder. L’orientation sexuelle dépend de l’attirance affective et physique qu’un humain a envers un autre. L’hétérosexualité, l’homosexualité, ou la bisexualité n’est pas déterminée par le sexe biologique de l’humain, mais plutôt par l’identité sexuelle, le genre, et rien de ceci n’est un choix! Par exemple, un homme trans, né avec les caractéristiques physiques et biologiques d’une femme, est hétérosexuel s’il est attiré par le ‘’sexe opposé’’. Maintenant que tout est clair, poursuivons!

 

Votre enfant est trans. Quoi faire?

 

Si ce n’est qu’un doute ou une préoccupation, qu’il n’en a jamais parlé, ne faites rien, ne dites rien. Votre intuition peut être exacte comme elle peut ne pas l’être. Soyez seulement disponibles et à l’écoute. L’identité sexuelle est parfois une sphère complexe à définir. S’il ne vous en a pas parlé, c’est qu’il n’est pas prêt. Vous pourriez brusquer votre enfant dans son processus.

 

Le coming out est fait, bravo!

 

Bravo, car c’est une preuve que vous avez réussi à bâtir une belle relation! Bravo également à son courage et à la capacité qu’il a à s’affirmer. Il est essentiel de lui souligner ses forces. Cela aidera à forger sa confiance en lui. Si votre enfant s’est ouvert à vous, c’est qu’il se sent en sécurité et à l’abri du jugement. Toutefois, faites attention de ne pas lui répondre : « Je le savais! », cela pourrait le blesser dans son estime.

 

Maintenant, vous avez mille et une questions en tête? Commencez d’abord par lui demander comment il se sent, et posez-lui vos questions s’il démontre une ouverture. Il sera heureux d’en parler et tous les deux ressentirez les effets bénéfiques. C’est lorsqu’il y a un manque dans la communication que des difficultés personnelles et relationnelles font surface. Pour éviter le refoulement émotionnel, offrez à votre jeune un espace où il peut s’exprimer librement. Un espace physique adapté à sa nouvelle identité est aussi bénéfique pour favoriser un sentiment de bien-être et d’acceptation. Comme par exemple, sa chambre.

 

La transition de votre enfant

 

De façon générale et sans surprise, l’habillement et la coiffure vont changer. Il voudra potentiellement choisir un nouveau prénom, et ce, même s’il en possède un mixte. Le prénom de naissance est associé à la mauvaise identité de genre. Des efforts seront à déployer et à maintenir pour communiquer adéquatement avec lui de la façon dont il va le désirer. Il vous faudra utiliser des pronoms différents qu’à l’habitude. Ce ne sera pas naturel au début, mais gardez en mémoire que cette action est une grande preuve de respect. Puis, encouragez l’entourage, la famille, les amis, l’école à respecter les besoins et les désirs de votre jeune.

 

Les prochaines étapes

 

Les grandes questions qui vous viendront ensuite sont: Mais que ce passera-t-il par la suite? Quelles seront les prochaines démarches? Malheureusement, personne ne le sait, à l’exception peut-être de la personne concernée. Sachez que les personnes trans n’ont pas tous recours aux interventions médicales. Certains trouvent équilibre et bien-être sans elles. Si vous ne parvenez pas à tolérer vos inquiétudes reliées à l’inconnu qu’apporte cette période transitoire, ce qui est tout à fait normal, posez-lui vos questions. Certaines réponses seront mal définies, d’autres pas encore réfléchies.

 

Votre enfant méconnaît peut-être les possibilités qui s’offrent à lui. Peut-être qu’au contraire, il a déjà tracé un plan précis des démarches qu’il fera pour atteindre ses objectifs. Ce qui importe, c’est de suivre le rythme et les désirs de l’enfant. Faites-lui confiance. Nul ne connaît mieux que lui ses propres besoins. Informez-le des ressources disponibles pour atteindre ses buts et encouragez-le à entrer en contact avec d’autres personnes trans.

 

Votre adaptation

 

Les chances sont élevées que vous viviez une période d’adaptation inconfortable, voire même difficile. C’est important que vous le reconnaissiez. Vous avez un deuil à vivre, qui lui ne passera que par l’expression de ses sentiments. Ces émotions ne seront pas roses, mais elles ne changeront en rien l’amour que vous ressentez pour votre enfant trans. Dites-lui je t’aime aussi souvent que possible. Votre enfant ressentira probablement vos difficultés, alors inutile de lui cacher. Permettez-vous de lui exprimer brièvement ce que vous vivez. Nommez votre intention à travailler sur vos difficultés, afin de cheminer positivement avec lui dans cette transition. Il doit être rassuré et ne pas perdre confiance en son parent.

 

Évidement, c’est anxiogène pour vous de penser à son avenir, et nul ne peut prédire un cheminent si unique. Efforcez-vous à rester dans le présent en vous centrant sur les forces de votre enfant : sa résilience, sa persévérance, sa capacité à s’affirmer, à prendre des décisions, etc. Laisser place à l’anxiété entacherait vos moments de qualité, nuirait à la dynamique familiale, de même qu’à vos états de santé. N’hésitez pas à aller chercher l’aide nécessaire au besoin.

 

Ressources disponibles :

Soutien psychosocial (disponible aussi à l’entourage): Le centre jeunesse LGBTQ, Aide au trans du Québec , À deux mains (Montréal, Terrebonne et Sherbrooke), Action Santé Travesti(e)s et Transsexuel(le)s du Québec , Le Néo (Montréal et Terrebonne), Projet Caméléon (I.R.I.S Estrie) (Sherbrooke)

Ligne d’écoute:

Projet 10 : http://p10.qc.ca/
Gai Écoute : http://www.gaiecoute.org/

Consultation psychologique :

CLSC de votre territoire pour une consultation sans frais.
L’Ordre des psychologues du Québec pour une consultation en pratique privée.

Enfants trans:

Hôpital pour enfants de Montréal (sur référence d’un médecin seulement)

Site internet pour ressources complémentaires:
http://enfantstransgenres.ca/
Chirurgie de réassignation sexuelle: http://www.grsmontreal.com/francais.html
Information juridique : https://www.facebook.com/CJtransLC
Manuel pour les professionnels travaillant avec des personnes trans: santetranshealth.org

Références :

http://www.astteq.org/fr/ressources.html
http://www.atq1980.org/references/organismes/ http://www.cestcommeca.net/document-10-conseils-pour-les-parents-d-adoslbt.php
http://www.cheo.on.ca/fr/identitedegenre
http://theparentsproject.com/8-ways-toreact-when-your-child-comes-out-as-trans/

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