Prendre soin de soi

Prendre soin de soi

Prendre soin de soi ou apprendre à ne pas mettre sa vie en parenthèse? Prendre soin de soi alors que nous avons un proche malade à la maison? Facile à dire… mais pas facile à faire.

 

« Ce n’est pas moi qui est malade, ce n’est pas moi qui est important, c’est l’autre, c’est lui qui compte ». « Moi je n’en ai pas besoin d’aide ».

Mettre sa vie en parenthèse ?

En effet, pour certaines personnes prendre soin de soi ça veut rien dire du tout. Surtout si elles ont grandies avec l’idée qu’il faut surtout s’occuper de l’autre. C’est un comportement qu’on apprend depuis qu’on est tout petit, vous savez?  Lors de notre enfance, on nous enseigne à prendre soin de notre poupée, de nos toutous, de notre petit poisson rouge, de notre chien, de notre petit frère ou notre petite sœur. Plus on grandit avec cette idée de responsabilité de l’autre et plus on a tendance à en prendre. Dans la même séquence, vite on s’occupe de nos conjoints, de nos enfants, de nos parents, de nos petits enfants si on est encore en vie puis… puis nous l’en dedans? On se rend compte un peu trop tard malheureusement qu’on s’est mis en parenthèse au profit des autres.

 

Certaines personnes se plaisent avec cette image d’être responsables, quelques-uns voient cela comme un devoir, d’autres le voient comme une obligation ou même comme une mission.

 

Se sentir obliger d’aider l’autre

 

C’est vrai que c’est automatique de vouloir venir en aide à quelqu’un qui tombe par terre, qu’il soit malade ou pas. On lui tend la main et on l’aide à se relever dans la mesure de nos capacités. Il est évident que si la personne se trouve sur un terrain glissant ou sur de la glace vive, nous devons prendre certaines précautions. Nous devons nous assurer que nous sommes solides, sur nos deux pieds, bien ancrés au sol et que nous n’allons pas glisser avec la personne que nous voulons aider. Il ne faudrait pas qu’on tombe tous les deux. D’abord, nous sommes aussi obligés par la loi de porter secours à quelqu’un en détresse, mais non pas au péril de notre vie.

 

Quand aider veut dire nuire

Mais attendez un peu là, si vous vous mettez à forcer pour soulever la personne qui a tombée. Veut-elle vraiment se relever?  Sa chute lui permet-elle de se relever aussi vite qu’elle a tombée?  Êtes-vous sûre qu’en soulevant la personne vous n’allez pas compliquer les choses?  Il ne serait pas mieux de lui demander si elle a besoin d’aide? Pourquoi ne pas attendre pour savoir si elle est en mesure de se relever elle-même? Cela pourrait peut-être nous permettre de constater qu’elle s’est possiblement fracturée quelque part, non?

 

Aider en temps de crise

C’est vrai que dans le feu de l’action, on ne pense pas à ça! On oubli de demander l’aide d’un spécialiste : Est-ce qu’il y au un médecin dans la salle? Est-ce que je possède les outils nécessaires pour faire face à la situation?  Non? Peu importe, je vais tout faire pour le sauver!

 

Être un aidant naturel dans un contexte de santé mentale

Face au stress provoqué par la maladie grave d’un proche, on agit sur le coup de l’émotion et on fonce. Ce n’est pas le temps de niaiser avec le poc! Il faut faire de quoi! On ne peut pas le laisser souffrir comme ça! On cherche par tous les moyens à lui venir en aide avec courage et détermination. Coûte que coûte ! « C’est humain et très normal d’agir comme ça » oui, mais à quel prix ? Jusqu’où peut-on aller sans perdre de plumes ?

 

Quel est le danger de mettre sa vie en parenthèse lorsqu'on s'occupe d'un proche très malade ? Le danger c'est « L'épuisement ».Click to Tweet

 

Quand l’aidant naturel devient un danger pour le proche malade

Qu’est-ce qui se passe avec le chauffeur d’un camion-citerne qui ne dort pas suffisamment, qui ne prend pas le temps de bien manger et qui doit conduire sans arrêt pendant des jours, des semaines, des mois, des années et dont son camion est rempli d’essence à pleine capacité ? Moi, je n’aimerais pas me retrouver sur la même route que lui ! Il n’est pas seulement un danger pour lui-même, mais aussi pour les autres personnes sur la route.

 

Je ne me sentirais pas trop rassuré non plus si je devais subir une opération chirurgicale par un médecin qui est debout depuis 72 heures en ligne et qui n’a même pas pris le temps de manger ni dormir. Probablement que vous aussi vous ne seriez pas rassurés. Non ?

 

Sauver sa vie avant celle de son enfant ?

Mais l’histoire la plus à propos est celle concernant les consignes de sécurité lorsqu’on prend l’avion, juste avant le décollage, on vous explique que si jamais il y a une dépressurisation, des masques d’oxygène sont disponibles et qu’il faut s’assurer de mettre le masque sur soi avant même d’aider nos enfants. C’est-à-dire que c’est lorsque vous avez sauvé votre propre vie que vous êtes en meilleure position pour aider les autres à se sortir de l’impasse.

 

Rappelez-vous que les passagers qui suivent les consignes de sécurité ont de bien meilleures chances de s’en tirer lors des accidents.

 

« La tragédie de la vie n’est pas la mort, mais ce que nous laissons mourir en nous pendant que nous vivons. »

 

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